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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:04
Des milliers d'Egyptiens euphoriques place Tahrir, au 1er jour sans Moubarak

Sur le pont menant à l'une des entrées de la place Tahrir, symbole de la contestation populaire qui a chassé M. Moubarak après près de 30 ans de règne, un groupe de jeunes dansaient, arborant des drapeaux égyptiens et arrêtant les voitures pour féliciter les conducteurs.

"Ô matin de la victoire", s'écriait l'un d'eux avec un grand sourire.

Sur la place, certains dormaient encore au petit matin mais beaucoup d'entre eux avaient passé toute la nuit éveillés à célébrer.

Certains avaient la voix enrouée tellement ils avaient crié de joie après l'annonce que M. Moubarak démissionnait et remettait les pouvoirs à l'armée.

Des tanks étaient toujours postés à certaines entrées de la place, comme durant les plus de deux semaines du soulèvement.

Plusieurs groupes de jeunes se réchauffaient auprès d'un feu improvisé, tandis que d'autres applaudissaient des militants sur une tribune appelant à la poursuite du "combat" en vue d'une Egypte "démocratique".

"C'est la fête, nous sommes nés de nouveau", s'écriait Oussama Toufic Saadallah, un ingénieur agricole de 40 ans.

"C'est la fin de l'injustice! Nous étions en retard par rapport à d'autres pays, maintenant, nous avons une valeur aux yeux de l'étranger, du monde arabe", déclarait-il à l'AFP, les yeux brillant d'émotion.

"Nous voulons que tous les prisonniers politiques soient libérés", ajoutait cet homme, qui dit avoir été détenu la semaine dernière pendant quatre jours par la police militaire.

L'annonce de la démission de M. Moubarak, 82 ans, est intervenue au 18e jour de révolte populaire, alors que plus d'un million de personnes manifestaient contre lui à travers l'Egypte.

(Amr Dalsh / Reuters) – Cliquez pour voir la photo suivante

La puissante armée égyptienne, désormais maître du jeu dans le pays le plus peuplé du monde arabe, a assuré qu'elle ne souhaitait pas se substituer à "la légitimité voulue par le peuple".

Mohamed Rida, 26 ans, espère la formation rapide d'un "gouvernement civil". "Nous attendons un nouveau communiqué de l'armée. Nous ne voulons pas être gouvernés par des militaires. Nous aspirons à un gouvernement de coalition avec des gens expérimentés", a-t-il dit.

 

Après le départ de Moubarak, l’armée est aux avant-postes pour stabiliser le pays.

L'armée égyptienne, à qui le président Hosni Moubarak a confié les affaires du pays avant de démissionner, a désormais un double défi à relever : restaurer la stabilité dans le pays tout en répondant aux aspirations de changement démocratique du peuple égyptien.

Vers une levée de l'état d'urgence ?

Elle entend jouer son rôle dans les semaines à venir mais se défend de vouloir prendre le pouvoir. L'armée "assure qu'elle ne sera pas une alternative à la légitimité voulue par le peuple", indique dans un communiqué le conseil suprême des forces armées.

Se déclarant garante du bon déroulement d'élections "libres et transparentes", l’armée s'est aussi dite prête à lever l'état d'urgence, en vigueur depuis 30 ans, "aussitôt que les circonstances actuelles" le permettront", répondant ainsi à une demande des manifestants antigouvernementaux.

En donnant des garanties aux manifestants, les militaires espèrent un retour au calme dans le pays. Le Conseil suprême des forces armées a appelé les manifestants à quitter les rues et à mettre un terme aux rassemblements qui durent depuis le 25 janvier.

L'armée a fait preuve d'attentisme

Mais tout au long de la crise égyptienne, le rôle de l'armée égyptienne est resté flou. Faisant preuve d'un certain attentisme, elle a assuré ne pas vouloir user de la force contre les manifestants, mais ne s'est pas opposée aux attaques contre eux. Loyale à un régime dont elle constitue l'épine dorsale, elle est aussi respectée par la population. Cet héritage qui tient à une tradition de non-intervention face aux émeutes populaires et au souvenir des guerres israélo-arabes.

L'armée est par ailleurs consciente de son importance : elle a donné au pays tous ses présidents -Mohamed Naguib, Gamal Abdel Nasser, Anouar al-Sadate et Hosni Moubarak- depuis le renversement de la monarchie en 1952. De son attitude dans les jours qui viennent pourraient donc dépendre l’avenir de l’Egypte.

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Published by conscience politique - dans Egypte
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