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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 15:06

ALGÉRIE - La police empêche une manifestation pour la démocratie

Des heurts entre forces de l'ordre et manifestants ont fait plusieurs blessés.

ALGÉRIE - La police empêche une manifestation pour la démocratie

Une manifestation à Alger aurait fait plusieurs blessés, à la suite de heurts avec la police. © Ryad Kramdi / Sipa

SOURCE AFP

Plusieurs personnes ont été blessées, dont un député et un dirigeant régional de l'opposition, et d'autres arrêtées dans des heurts avec la police, samedi, à Alger lors d'une tentative de manifestation pour la démocratie interdite par les autorités, selon différentes sources. Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui avait appelé à la manifestation, a indiqué par téléphone qu'"il y avait eu plusieurs blessés et, parmi eux, le chef du groupe parlementaire du RCD Othmane Amazouz, et de nombreuses arrestations" devant le siège de son parti où ses partisans avaient rendez-vous avant la marche prévue sur le Parlement.

Certains manifestants brandissant des drapeaux algériens, mais aussi parfois les couleurs de la Tunisie criaient "Algérie démocratique" ou "le pouvoir, y'en a marre !" Peu après, un journaliste de l'AFP a également vu le chef régional du RCD à Bejaia (260 kilomètres à l'est d'Alger), Reda Boudraa, la tête couverte de sang après avoir reçu un coup de bâton. Il a été évacué dans une ambulance avec un autre manifestant blessé.

Interpellations

Le député et porte-parole du RCD Mohsen Belabbes a fait état à la mi-journée de six blessés. L'AFP a été témoin de plusieurs arrestations musclées, surtout des jeunes. L'un d'eux a été traîné par cinq hommes en civil dans la rue vers l'entrée d'un immeuble où ils lui ont passé les menottes. Arezki Aïter, le député RCD de Tizi Ouzou, principale ville de Kabylie, a été interpellé, puis relâché une heure plus tard, selon son parti.

Dès le début de la matinée, quelque 300 personnes s'étaient retrouvées bloquées par des centaines de membres des forces de l'ordre casqués et équipés de matraques, boucliers et gaz lacrymogène, devant le siège du RCD sur l'avenue historique de Didouche Mourad, les Champs-Élysées algériens. Les manifestants devaient en partir pour la place de la Concorde, dans le centre, et marcher vers 11 heures (heure de Paris) en direction de l'Assemblée nationale populaire, le Parlement.

"Je suis prisonnier dans le siège du parti, a déclaré Saïd Sadi par haut-parleur depuis le premier étage de l'immeuble. Je ne peux pas partir d'ici", a-t-il affirmé aux manifestants et dizaines de journalistes présents. "On ne peut pas mener de lutte pacifique quand on est assiégé", a-t-il clamé. Dans la rue, ses partisans brandissant des drapeaux algériens et au moins deux autres de la Tunisie voisine où la population a renversé il y a une semaine 23 années de dictature, criaient : "État assassin", "Jazaïr Hourra, Jazaïr Democratiya" ("Algérie libre, Algérie démocratique"). Entre les chants patriotiques, on pouvait aussi entendre en français "Le pouvoir, y'en a marre" et lire une pancarte appelant à "la dissolution des instances élues".

Barrages

Dès vendredi soir, les autorités avaient pris des dispositions pour quadriller la capitale après que le RCD eut confirmé son intention de manifester malgré l'interdiction décrétée par la wilaya (préfecture) d'Alger. En milieu de nuit, des dizaines de véhicules blindés étaient déjà en position dans le vieux centre historique. Des barrages ont aussi été érigés à l'entrée est de la ville et au moins trois bus transportant des manifestants de Kabylie ont été bloqués dès vendredi soir, selon des témoins cités par le quotidien El-Watan, mais déterminés "à continuer à pied". 

Sur la place de la Concorde, dans le centre, des dizaines de véhicules blindés étaient stationnés et des centaines de membres de la protection civile et de la police étaient postés dans la matinée. Devant le palais présidentiel, sur les hauteurs d'Alger, une douzaine de véhicules blindés armés de canons à eau veillaient également. Dans le ciel, un hélicoptère surveillait la situation.

L'Algérie a vécu au début du mois de janvier cinq jours d'émeutes contre la vie chère qui ont fait cinq morts et plus de huit cents blessés. Le mouvement s'est arrêté après l'annonce par le gouvernement de mesures baissant les prix des produits de première nécessité.

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Published by conscience politique - dans International
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