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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 15:18

Ce sont des lieux où les toxicomanes viennent s'injecter leur drogue sous l'œil d'une équipe médicalisée. Destinés aux drogués les plus précarisés, ces "centres d'injection supervisée" ou "salles de shoot" existent dans plus de quarante-cinq villes de huit pays, dont l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Espagne, la Norvège et la Suisse. Pas en France. Dans l'Hexagone, elles suscitent le débat. Certains veulent les expérimenter; d'autre pas. Fin août Matignon avait tranché, François Fillon estimant que ces lieux n'étaient "ni utiles, ni souhaitables".



Dans un rapport remis vendredi, des élus locaux de droite, de gauche et centristes demandent que l'Etat adopte les mesures juridiques permettant l'ouverture, "au moins à titre expérimental". Un pro et un anti "salles de shoot" défendent leur position pour TF1 News.

POUR : "Livrés à eux-mêmes, ils ne peuvent pas s'en sortir"

"Elles sont 'utiles et souhaitables' à plusieurs niveaux. D'abord, elles permettent de réduire les pratiques à risques chez les toxicomanes : overdoses, transmission du VIH, des hépatites et autres infections qu'on peut attraper quand on se fait des shoots dans la rue. Les usagers concernés par ces salles ne sont pas ceux qui ont un chez-soi ; ce sont les autres. Ceux qui consomment dans des caves, des parkings, des cages d'escalier se prennent la violence de plein fouet. Très précarisés, ils sont exclus de tout dispositif de santé.
 
Les salles de consommation, c'est une main qu'on leur tend pour avoir accès au système de soins. Ces salles leur permettraient de consommer de manière digne et hygiénique. C'est une première marche car en les amenant directement au sevrage, c'est la rechute garantie. Attention, ce ne sont pas des lieux qui poussent à la consommation de drogue comme on peut l'entendre, c'est prouvé.
 
Il y a effectivement une salle où l'usage peut aller consommer sous la supervision d'un professionnel mais ce n'est qu'une petite partie de ce qu'offrent ces centres. Tous là pour aider le toxicomane à s'en sortir notamment via le biais de rencontre avec des professionnels, psychiatres, psychologues, assistante sociale, infirmier... C'est parce qu'on va entourer la consommation de chaleur humaine, de professionnalisme et de dignité, qu'on va les aider petit à petit à relever la tête de l'eau. Livrés à eux-mêmes, dans la rue et sa violence, ils ne peuvent pas s'en sortir.
 
Ces lieux ne sont pas des no man's land de la drogue comme on voudrait le faire croire. Effectivement, les toxicomanes ont le droit de consommer à l'intérieur de la salle mais le deal est fortement réprimé à l'extérieur comme à l'intérieur. Actuellement à Paris, il y a des quartiers qui sont envahis par la consommation de drogue.
 
Pourquoi est-ce si difficile à installer en France alors que ces salles ont montré leur efficacité à l'étranger ? Je pense qu'il y a dans notre pays des politiques, très conservateurs sur le sujet, qui restent sur une position idéologique qui passe avant la position pragmatique et humaniste. On est bien sûr tous d'accord qu'il ne faut absolument pas banaliser l'usage de la drogue et ces salles ne le font pas. Mais la question est de savoir comment on lutte efficacement et humainement contre lesdrogues. Les opposants oublient cela."

 

 

"Nous obtenons déjà de bons résultats"

"Ces salles ne sont 'ni utiles ni souhaitables' parce qu'en France, il existe déjà un dispositif assez complet de prise en charge des toxicos-dépendants : 200 structures de soin dédiées aux usagers dedrogues, des centres d'accompagnement, de prévention à l'addictologie, dont un centre à Paris entièrement dédié au crack... Mis en place par les gouvernements de gauche comme de droite depuis une vingtaine d'années, ce dispositif connait des résultats très probants. Le nombre de toxicomanescontaminés par le virus du sida a été divisé par 4 en 15 ans ; le nombre d'overdoses mortelles divisé par 5 ; c'est le taux le plus bas d'Europe. La seule différence avec les "salles de shoot" : lestoxicomanes ne peuvent pas y apporter leur héroïne. Je souligne par ailleurs qu'il y a moins de 80 "centres d'injection supervisée" dans le monde. Si c'était la solution miracle, tous les pays y auraient évidemment recours. 
 
En France, notre politique est fondée sur l'interdiction, le sevrage et la réduction des risques, comme le recommande d'ailleurs les Nations unies. Nous obtenons ces bons résultats sans pour autant briser le tabou de l'interdit de la drogue. Ces salles, c'est une brèche ouverte dans la politique française d'interdiction de sevrage et de réduction des risques. On peut par ailleurs considérer qu'en rendant l'usage de la drogue plus confortable, on aboutit à retarder l'accès au traitement de la dépendance, et même encourager la consommation, voire initier de nouveaux usagers... 
 
Autoriser des salles d'injection dans notre pays, c'est changer de système ! Comment l'Etat peut-il en même temps interdire l'usage de stupéfiant et permettre aux toxicomanes de se droguer sous son contrôle, même médical ? Il y a là une incohérence totale ! Pour la surmonter, il faudrait dépénaliser les drogues, comme le préconisent ceux qui soutiennent l'ouverture de ces salles d'injection ; mais aussi pourquoi ne pas fournir l'héroïne dans les salles de shoot pour que celle-ci soit de qualité supérieure et soit moins risquée, etc... C'est inconcevable ! Le message que nous devons diffuser, c'est celui de l'interdit, c'est celui du sevrage. Notre vocation en tant de pouvoir public est de sortir les jeunes de la drogue et non pas les aider à se droguer proprement. C'est fondamentalement différent.
 
Les villes qui ont ouvert des salles d'injection avaient des endroits qui étaient des scènes ouvertes de la drogue. Des centaines de toxicos se droguaient dans des jardins ou places publics sous les yeux de tout le monde. Les édiles ont fait en sorte que ces toxicomanes se shootent cachés. Nous n'avons pas de tels endroits en France. Autre argument : des salles de shoot nécessitent un consensus des forces politiques mais aussi chez les différentes institutions comme la police et la justice. Le procureur de la République de Paris a rappelé que l'ouverture de tels centres pourrait être assimilée à de la complicité pour usage de stupéfiants. Les médecins sont également divisés sur le sujet."

 

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Published by conscience politique - dans Malaise social
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