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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 05:35

Les sept cauchemars de DSK

 

1. Une campagne 
violente à droite 

C'était encore le pronostic de Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines : "Strauss-Kahn ne viendra pas. Il sait trop bien tout ce qui l'attend." Tout ce qui l'attend... Des rumeurs sur sa vie privée, sur son rapport avec l'argent, sur sa légèreté supposée, sur sa désertion du FMI en pleine crise, sur sa judéité. François Rebsamen avait prévenu DSK il y a un an : "La campagne sera très dure. Il faudra résister familialement." DSK lui avait répondu : " Je sais." Les limiers de la droite seraient en chasse depuis quelque temps, au cas où. " Mes contacts dans la magistrature m'ont confié que les magistrats proches de l'UMP cherchaient des éléments susceptibles de gêner Dominique ", assure un député ami de DSK L'ancien ministre UMP Antoine Rufenacht le prévoit : " La campagne sera dégueulasse. Sans compter que l'on ne se gênera pas pour lui demander ce qu'il fera sur les retraites, la réforme portuaire, la rigueur budgétaire... Les flèches contre son genre de vie ajoutées à celles sur le fond devraient le décourager de se présenter." Les strauss-kahniens savent à quoi s'expose leur héros. Michel Destot prédit "une campagne épouvantable". A tel point qu'Anne Sinclair et la fille aînée de DSK se disaient, à Noël, hostiles à la candidature de leur mari et père, craignant la violence des attaques. Et que Nicolas Sarkozy fanfaronne en expliquant que c'est DSK qui serait le candidat le plus facile à battre par rapport à François Hollande ou Martine Aubry.

2. Les critiques 
venant de la gauche

DSK craint Mélenchon et ses formules à l'emporte-pièce, qui traite le patron du FMI d'"affameur des peuples ". Huchon a beau minimiser en lui disant : "Mélenchon, ce n'est pas grand-chose, ne t'en fais pas", DSK sait qu'il restera toujours quelque chose de ces attaques en piqué. Les "hollandais" prévoient sans déplaisir que le rival de leur champion subira les conséquences de ses failles : "Il sera attaqué, dit Stéphane Le Foll, sur son riad de Marrakech et son appartement de la place des Vosges." Autant de critiques que balaient les amis de DSK : "Souvenez-vous de la vaisselle dorée de Léon Blum ou de la grande bourgeoisie de François Mitterrand, rappelle Jean-Marie Le Guen. Ils ont été élus malgré ces railleries." Mais des proches d'Aubry ajoutent : "Dominique ne pourra pas faire l'unanimité à gauche." Tout cela, DSK le sait. Même si le désir de gagner de son camp sera important en fin de course, la rentrée dans l'atmosphère sera rude.

3. La baisse dans 
les sondages

Quelle déperdition subira-t-il à la minute où il déclarera sa candidature ? C'est la grande question à laquelle les politologues répondent avec hésitation. Brice Teinturier, d'Ipsos, est certain que DSK perdra des plumes, mais il est incapable de mesurer l'ampleur des pertes. Déjà, l'attente fait s'effriter la cote de l'homme providentiel. Dans un sondage CSA, Aubry emporterait la primaire contre DSK. Le " hollandais " Bruno Le Roux estimait qu'il aurait déjà dû baisser il y a deux mois : "Cela arrive enfin. C'est logique. Lorsque les gens se demandent si DSK est le mieux placé pour à la fois gagner, gouverner, tenir la campagne contre Sarko et rassembler la gauche, ils ont un doute sur les deux derniers points." François Hollande a dit lors d'un récent déjeuner de fidèles : "Dès que Dominique entrera dans l'arène, il baissera." DSK tente d'évaluer les risques. Il n'aura, malheureusement pour lui, la réponse qu'après avoir tenté sa chance. Le souvenir du sort fait à de grands favoris comme Edouard Balladur et Lionel Jospin est bien présent à son esprit.

4. La hantise 
des primaires

DSK a un problème avec le peuple de gauche. Lorsqu'il a fallu le désigner en Haute-Savoie pour les législatives de 1986, les militants locaux l'ont rejeté. Paris a dû l'imposer. Il n'est pas resté longtemps. Deux ans plus tard, il s'est fait élire à Sarcelles, dans le Val-d'Oise. Mais son souvenir le plus cuisant, ce sont les primaires qui l'opposèrent à Ségolène Royal et Laurent Fabius en vue de la présidentielle de 2007. Quelle déconvenue ! Se faire battre par celle qu'il avait toujours méprisée ! Insupportable. Il ne veut pas recommencer l'expérience. Il voudrait dégager le terrain avant son atterrissage. Il a vu Royal sans obtenir de certitude sur son attitude. Elle ne se ralliera à lui, si nécessaire, qu'à grand-peine. "Ségolène considère Dominique comme un immonde macho, un homme à femmes, tout ce qu'elle déteste", observe un ami de l'ex-candidate du PS. Les strauss-kahniens ont aussi demandé à Hollande s'il se retirerait en cas de candidature de DSK. La réponse fut claire et nette : non. "Le débat commencera quand DSK arrivera", disent-ils. Hollande précisant : " Je serai candidat jusqu'au bout." En pleine ascension, Hollande ne lâchera pas le morceau facilement. Surtout si DSK devait se dégonfler comme une baudruche, ce qui est son espoir secret. Et puis il y a Martine Aubry. Elle a beau dire qu'elle ne se présentera pas "contre Dominique", elle reprend du poil de la bête. Aucun pacte ne les lie, a-t-elle affirmé fin janvier à la télévision. Certains de ses proches n'excluent pas qu'elle puisse affronter DSK aux primaires. Quelques strausskahniens craignent de leur côté que la première secrétaire ne tente de lui couper l'herbe sous le pied en se déclarant sans le prévenir. "Je pense à ce scénario depuis longtemps. Et dans ce cas Dominique aura moins de légitimité pour revenir", observe François Pupponi, maire de Sarcelles. Tout dépendra du contexte. Ces éléments sont rapportés à DSK, qui n'a pu que constater son incapacité à imposer son calendrier des primaires. Il voulait attendre septembre pour devoir se déclarer. Jean-Christophe Cambadélis et Christophe Borgel, ses lieutenants au sein du PS, ont tenté de peser en ce sens. "Ce n'est pas ce qui était convenu", a remarqué Camba en bureau national, mi-janvier. Aubry a tenu bon. Elle a imposé la mi-juillet.

5. Un projet trop à gauche

De deux choses l'une : soit DSK adopte le projet du PS, qui ne lui va pas comme un gant, et perd beaucoup de ses soutiens au centre ; soit il rompt avec la doxa, et c'est à gauche qu'il reculera. Même amendé, le projet du PS comportera beaucoup de mesures peu réalistes, comme le retour de la retraite à 60 ans. Benoît Hamon veille au grain. Pas question de laisser trop d'espace à Mélenchon et autres gauchistes. Martine Aubry a beau revendiquer son héritage paternel, elle est d'une facture de gauche plus classique que DSK. Elle ne peut laisser dériver le projet sans compromettre ses propres chances. L'épreuve de force ne fait que commencer entre les réformistes et la direction du PS. "Dominique veut bien se battre contre la droite, mais pas contre la gauche en plus !" résume le député Jean-Marie Le Guen. Gilles Finchelstein, proche d'entre les proches de l'homme de Washington, tempère : " Un candidat socialiste à la présidentielle ne s'est jamais senti lié par tout le projet du parti..."

6. Des marges de manoeuvre quasi inexistantes au pouvoir

Tous les gens sérieux font le même diagnostic : les caisses sont vides et, si on les remplit, ce sera prioritairement pour -désendetter le pays. Olivier Ferrand, président du think tank Terra Nova et proche de DSK, fait un tableau très clair de la situation : à moins de toucher à certaines politiques publiques comme la baisse des charges sur les bas salaires (pour réorienter les marges vers les emplois qualifiés) ou remettre en question l'égalitarisme de la Sécu (en faisant payer davantage les plus aisés et en rognant sur leurs retraites et indemnités de chômage), on ne dégagera pas un fifrelin. Mais allez faire campagne sur ces thèmes ! DSK ne cesse de s'interroger sur ce qu'il pourrait faire une fois à l'Elysée. Gilles Finchelstein lui fournit de plus en plus de notes sur le sujet. Mais ce cerveau agile n'a pas de baguette magique. DSK s'interroge tout haut : "Y a-t-il une sortie économique et sociale dans ce pays ?" Il n'a toujours pas la réponse. -Angoissant.

7. Lâcher la proie 
pour l'ombre

Quitter le FMI volontairement avant la fin de son mandat alors qu'il aurait de bonnes chances d'y être reconduit est un sacré pari. Même s'il commence parfois à s'ennuyer - il a fait le tour du job - et si les voyages incessants en avion et les négociations sans fin l'ont "usé", dit un ami, le patron du FMI joue pourtant un rôle passionnant par ces temps de crise. Non seulement on pourrait le traiter de déserteur, surtout si la crise s'aggrave, mais il y a toujours le risque de perdre la présidentielle. Il n'y a pas d'assurance tout risque. Nicolas Sarkozy est loin d'avoir dit son dernier mot. C'est un redoutable lutteur. DSK aime bien les défis, mais seulement ceux que l'on peut relever. La présidentielle de 2012 en fait-elle partie ? Il s'interroge encore. Et puis la France est un petit pays par rapport au vaste monde qu'il traverse, côtoyant les plus grands. Est-il si intéressant de diriger une puissance moyenne "en faillite ", comme dirait Fillon ? Le doute existe.

 

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Published by conscience politique - dans DSK
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