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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:14

Michèle Alliot-Marie

 

 

Vingt minutes de vol entre Tunis et Tabarka auront suffi à faire voler en éclats le masque de sérieux et de probité dont se pare le gouvernement depuis le remaniement ministériel du 14 novembre 2010. C'est la raison pour laquelle Michèle Alliot-Marie apparaît si seule dans sa défense.

 

 

 

Le premier ministre n'a pas prononcé un mot, le 2 février, à l'Assemblée nationale pour soutenir la ministre des affaires étrangères, en mauvaise posture depuis les informations du Canard enchaîné sur ses vacances tunisiennes : elle et son compagnon, Patrick Ollier, également ministre de la République, gracieusement transportés entre Noël et le Jour de l'an dans le jet de l'homme d'affaires Aziz Miled, tandis qu'avait déjà commencé le mouvement populaire qui allait faire chuter Ben Ali.

Quelle faute ! C'était un vol court assure aujourd'hui la transportée, mais qui pèse lourd dans ce qu'il traduit d'inconscience de la part d'un ministre qui plaide "qu'elle n'a jamais pensé à mal". Nicolas Sarkozy est resté coi, laissant la numéro trois du gouvernement assurer seule sa défense : M. Miled était une victime et non un allié du clan Ben Ali, ce qui prête à discussion. Il était aussi l'ami des deux ministres français, ce qui expliquerait leur présence dans l'avion qui relevait d'une "invitation" et non "d'une mise à disposition".

Comme elle est ténue la frontière entre vie publique et intérêts privés ! Nul ne sait jusqu'où ira l'affaire, mais sur un point déjà le mal est fait: les vacances tunisiennes du chef de la diplomatie française contredisent en tout point le message délivré aux Français, dans la dernière ligne droite du quinquennat : une équipe de ministres aguerris et moralement irréprochables s'occupe à plein-temps de leurs problèmes.

Le propos était assené avec d'autant plus de force que le passif était lourd. Il fallait solder d'un coup les errements des débuts : l'amateurisme de certains ministres, mais aussi les liaisons dangereuses avec les milieux d'affaires, les soupçons de conflits d'intérêts qui entachent le quinquennat et nourrissent le sentiment d'injustice.

Le vernis n'a pas tenu longtemps. Mme Alliot-Marie, qui n'a pourtant rien d'une amatrice et collectionne depuis des années les fonctions régaliennes, s'est précipitée tête baissée dans le piège tunisien. Sans voir qu'il y avait problème. Et c'est bien là le problème : plus de conscience de la ligne rouge, plus de radars pour la sentir.

Une perte de boussole qui a aussi affleuré lorsqu'on a vu le président de la République, à deux jours d'intervalle, réclamer une loi sur les conflits d'intérêts et discourir devant le Premier Cercle des donateurs de l'UMP. Tout devait changer et pourtant rien ne change.

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Published by conscience politique - dans Economie
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