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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:38

Internet: la censure totale, le rêve impossible des dictatures

 Par Raphaële Karayan - 

Facebook, Twitter et l'internet tout entier sont un danger pour les Etats autoritaires, pour lesquels la censure est une solution. Mais une solution limitée. Comment l'Egypte déjoue la censure, et pourquoi la coupure totale est inimaginable.

Des manifestants sur un char de l'armée, au Caire (29/01/11)
REUTERS/Goran Tomasevic

Stopper les réseaux sociaux. Bâillonner le web, vite ! Internet est un énorme problème pour les états autoritaires, et les exemples tunisien et égyptien ne prouveront pas le contraire. Première réaction : mettre internet en quarantaine, pour stopper l'infection démocratique. C'est ce qu'a fait l'Egypte en coupant purement et simplement les réseaux ADSL et la téléphonie mobile. La Chine bloque depuis peu les mots-clés relatifs à l'Egypte sur les équivalents locaux de Twitter. Quant à la Syrie, elle censure désormais Facebook, ainsi que des applications permettant de se connecter au chat sur mobile.

Les réseaux sociaux, nouvelle arme de la révolution

Les réseaux sociaux ont été l'une des armes de la révolution en Tunisie. Ils ont même joué "un rôle fondamental", selon l'historienne franco-tunisienne Leyla Dakhli, qui témoigne dans La Croix : pour coordonner les actions, témoigner et ainsi mobiliser les compatriotes, la diaspora, les journalistes et les opinions publiques à l'étranger. Les manifestants ont pris des photos avec leur portable, twitté en direct, ce qui a permis de faire circuler rapidement l'information (comment se protéger des gaz lacrymo, où se passe le prochain rassemblement...).

Comment les Egyptiens déjouent la censure

L'internet a été bloqué à 88% depuis le 28 janvier, les quatre principaux FAI du pays (Link Egypt, Vodafone Egypt, Telecom Egypt, Etisalat Misr) ayant accepté de couper leurs réseaux. Mais il se pourrait que le pouvoir ait agi directement à la source, en fermant les tuyaux d'alimentation principaux (backbone). Certaines liaisons louées ont continué à fonctionner, car elles alimentaient des réseaux privés de grandes entreprises. Dimanche soir, le seul opérateur qui continuait à être opérationnel, Noor (8% de part de marché selon ComputerWorld), coupait lui aussi son réseau. A l'heure actuelle, de rares connexions sont encore actives, dont celle de la Bourse du Caire.Un blackout de cette ampleur est une première dans l'histoire d'internet. De plus, l'Egypte a également éteint les réseaux mobiles (voix, SMS, internet mobile), partiellement rétablis le 29 janvier.

Néanmoins, une partie des Egyptiens ont continué à communiquer par internet et le mobile. Il existe en effet des solutions alternatives, même dans une situation si extrême. Tant que les connexions fonctionnaient, une partie des internautes a pu passer par des proxy pour contourner le filtrage des sites, comme l'explique France 24. Un certain nombre a eu recours àTor, qui permet d'anonymiser les connexions.

Depuis que le haut débit est coupé, des fournisseurs d'accès (dont le français FDN) et des activistes étrangers ont mis à disposition des réseaux bas débit (qui utilisent les lignes téléphoniques standards). Concrètement, il suffit de composer depuis l'Egypte un numéro de téléphone en France et d'entrer des codes d'accès pour surfer sur le web. "Ce sont en fait des infrastructures que l'on garde pour que nos adhérents puissent se connecter lorsque leur ligne ADSL est en panne", indique à l'AFP Benjamin Bayart, président de FDN. "C'est une infrastructure qui permet de gérer sur du bas débit quelque 7000 abonnés, même si en simultané elle ne peut supporter qu'une trentaine de connexions. Mais comme cela coûte une fortune (le prix d'une communication internationale à la minute, ndlr), les gens ne gardent pas la connexion longtemps", souligne-t-il. D'autres opérateurs, comme le suédois Telecomix, ont mis en place une solution identique. Dernière possibilité, réservée aux plus riches, la connexion satellite, via un ordinateur ou un téléphone mobile compatible.

Pour contourner la censure des réseaux mobiles, il est encore possible d'échanger des informations en WiFi, ou d'utiliser une carte SIM d'un opérateur étranger.

Pourquoi la censure à 100% est impossible

Les tentatives de museler les moyens modernes de communication en Egypte - aussi radicales soient-elles - et les parades trouvées par la population, sont la preuve que le black-out total est aujourd'hui une hypothèse purement théorique. "Il n'y a guère qu'en Corée du Nord qu'on pourrait l'imaginer", dit Lucie Morillon, responsable du bureau nouveaux médias au sein de Reporters sans Frontières.

La censure par filtrage ? Elle se contourne. La coupure du réseau ADSL ? Il faut aussi couper le réseau 3G sinon le web reste disponible sur les appareils mobiles. Et cette technique montre ses limites. Car on ne peut pas priver longtemps toute une économie de connexion internet. Du reste, l'Egypte a conservé la liaison de la Bourse ! "Le fait qu'internet soit intégré complètement dans l'économie mondiale, c'est la meilleure protection", confirme RSF. "Même le Turkmenistan a dû s'ouvrir un peu à internet sous la pression des entreprises", indique Lucie Morillon.

La méthode égyptienne lui apparaît à la fois comme une "mesure désespérée", celle de la dernière chance, et comme un aveu de faiblesse technique. "Avant, en Egypte, il n'y avait aucun filtrage, contrairement à la Tunisie. L'Egypte intimidait les blogueurs, les mettait en prison, mais ne censurait pas", explique-t-elle. Une fois confrontée à la menace que représentaient les réseaux sociaux, elle n'a pu appliquer qu'un remède de cheval, à l'efficacité bien limitée.

Egypte un compte d'accès RTC POUR SE CONNECTER à internet

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Published by conscience politique - dans Egypte
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