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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:54
31.01.11 - 08:22

Amine Aït Chaalal est le directeur du centre d'études des crises et conflits internationaux de l'UCL. Pour cet universitaire, les peuples arabes veulent se réapproprier leur destin politique. L'invité de Matin Première évoque une véritable "intifada démocratique".

Révolution de jasmin. Révolution des pyramides. Printemps arabe. La presse, partout dans le monde, affuble les derniers évènements ayant eu lieu dans le nord de l'Afrique de divers surnoms. Pour notre invité de ce lundi, après un week-end très agité sur les deux rives du Nil, les évènements de ce mois de janvier, de Tunis à Alexandrie, sont "historiques à l'échelle arabe". C'est une véritable "intifada démocratique" (du nom de ces manifestations palestiniennes contre les forces israéliennes à la fin des années 80, "intifada" signifiant "soulèvement"). Pour Amine Aït Chaalal, les peuples veulent redevenir acteurs de leur destin politique, comme au temps des décolonisations, et voir l'instauration "d'une vie politique ouverte, dense, dynamique, telle qu'elle a déjà existé".

Double trinité

Certaines dimensions entre les révoltes tunisiennes et égyptiennes sont similaires. Au niveau économique et social, ces velléités de changements sont "sous-tendues" par des revendications politiques. "Les populations n'ont plus peur, protestent et réclament du changement" dans ces trois domaines. Car les peuples s'indignent et ont trois fortes demandes : justice, dignité et respect.

Pourquoi maintenant ?

Pour le professeur de relations internationales, plusieurs dimensions expliquent cette contagion de Tunis vers Le Caire. Comme en Tunisie, il s'agit d'un dirigeant au long cours : "30 ans de pouvoir, cette année, c'est un chiffre rond. (...) Par ailleurs, après les dernières élections législatives, toute forme d'opposition a quasiment été éliminée du Parlement. Les voix d'expression alternatives ont été supprimées par des pouvoirs qui se sont progressivement recroquevillés sur eux-mêmes", analyse notre invité. "Lorsque vous avez une cocotte minute sans soupape de sécurité, il y a un moment ou un autre où ça explose. Et quand ça explose, ça fait très mal". Pour Amine Aït Chaalal, "la dimension tunisienne a incité un certain nombre de personnes à se dire que la dynamique était lancée et qu'il ne fallait pas la stopper."

Une place centrale

Notre invité estime que Hosni Moubarak "n'est plus tout à fait soutenu, mais il n'est pas, pas soutenu". L'Égypte a une place centrale, au niveau politique et géopolitique. "C'est le premier pays arabe à avoir établi des relations avec Israël. (...) Au niveau officiel, depuis 1979, il y a une grande collaboration entre les Etats-Unis, Israël et l'Egpyte, ce qui est mal vu par de larges parties de la population égyptienne.. On ne peut pas exclure qu'un nouveau régime mette en œuvre une politique plus mesurée, différente. Si il y a des aspirations du peuple, c'est aux autorités légales d'Égypte de prendre leur décisions. (...) Je ne pense pas que de nouvelles autorités soient demandeurs d'un nouveau chaos régional. Ce n'est dans l'intérêt de personne. Mais à tant à Washington qu'à Tel Aviv, on sent une grande nervosité et une grande inquiétude" explique Amine Aït Chaalal. Pour lui, "on voit bien que les Etats-Unis et l'Union européenne essaient d'élaborer des processus tels que le régime évolue vite pour éviter un scénario catastrophe."

Prospective

Et maintenant ? L'universitaire de l'UCL cite Sherlock Holmes : "Lorsqu'on avait exclu l'impossible, il fallait tout envisager, y compris l'improbable". Pour Amine Aït Chaalal, plusieurs sorties de crises sont possibles. Il en cite deux : une sortie par le haut, avec un départ de Moubarak, l'arrivée d'un Premier ministre de consensus et la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale. "Ce serait le scénario de la transition, de façon ordonnée". Un homme comme Mohamed ElBaradei, ancien prix Nobel de la paix, pourrait jouer un rôle important dans cette sortie de crise.

Mais la possibilité d'une sortie "par le bas" est aussi envisageable : le région s'effondre. L'armée met de côté le président. Pour notre invité, "le chaos peut venir de partout".

Le professeur de l'UCL rappelle que dans le Parlement précédent, les Frères musulmans, principal parti islamiste égyptien, étaient présents de façon significative. Il y a également le Wafd, un parti historique. "La démocratie est un chemin long, complexe et difficile. On ne passe pas de régime autoritaire à la démocratie sans transition. La démocratie, c'est aussi un risque et il faut avoir le courage de le prendre", conclut notre invité.

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Published by conscience politique - dans Egypte
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