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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 07:10

  

Saif al-Islam Kadhafi a-t-il demandé l'asile à la Suisse ? La question est sur toutes les lèvres à Tripoli, où ce fils du colonel Kadhafi n'a plus laissé apparaître son crâne rasé depuis son départ pour le Forum de Davos, à la fin janvier.

Plusieurs sources libyennes affirment que celui qui est le président de la Fondation caritative Kadhafi, aussi celui qui veut moderniser et réformer le pays, a choisi de rester à l'étranger.

L'intéressé confirme d'ailleurs cette information dans une interview donnée au quotidien Asharq al-Awsat : il ne veut plus rentrer en Libye. Il précise qu'actuellement, il se trouve en Europe, sans préciser dans quel pays.

   

La raison de cet exil, qu'il affirme volontaire ? Officiellement, le fils du dictateur veut se retirer des affaires publiques et créer un centre de recherches sur la démocratie en Europe, et le faire si possible en Suisse.

Guerre des clans

Officieusement, Saif al-Islam (en arabe : le « glaive de l'Islam ») est victime de la guerre des clans en Libye. Dans l'interview au journal saoudien édité à Londres, il reconnaît d'ailleurs qu'un de ses proches collaborateurs, Juma Ataiga, a été arrêté le 2 février à Tripoli sur ordre de la justice.

« Les charges contre lui ont été fabriquées de toutes pièces pour le faire taire », souligne Saif al-Islam Kadhafi. Un autre de ses proches collaborateurs, Abdallah Othman, a également disparu.

Saif al-Islam ajoute qu'il a informé son père de sa décision de ne pas retourner à Tripoli au début de février. « J'ai senti que j'étais devenu un obstacle pour réformer le pays et pour le doter d'une Constitution », avoue le fils du colonel. Et d'ajouter que son père
« n'a eu aucun commentaire ».

Berne ne commente pas

Du côté de la Confédération helvétique, c'est motus et bouche cousue. « Nous ne commentons pas cette information », indique Lars Knuchel, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Avant de préciser que toute personne détenant des documents de voyage valables en Suisse, peut rentrer ou quitter le pays quand bon lui semble.

Le DFAE ne veut pas s'exprimer non plus sur l'évolution des négociations entre la Suisse et la Libye. « Elles sont au point mort », indique pour sa part Saif al-Islam Kadhafi dans les colonnes d'Asharq al-Awsat : « Il n'y a eu aucun développement dans la résolution du problème. »

Preuve que l'opération de bons offices menée par le fils Kadhafi à Davos a échoué et qu'elle a précipité sa mise à l'écart du clan, ainsi que les malheurs de ses collaborateurs à Tripoli.

Il est allé trop loin

« Ses frères et sœurs, ainsi que son père, n'ont pas apprécié qu'il se mêle d'un dossier en main du gouvernement et dont le dernier mot revient à Kadhafi père », souligne une source diplomatique à Berne :

« Alors que le dictateur fête cette année ses 40 ans de règne, le patron ne supporte aucune critique. Et sa vieille garde fait tout pour écarter Saif al-Islam et ses idées progressistes. »

Dernièrement, ce dernier a en effet osé parler en public « d'une insuffisance dans le mécanisme d'application du pouvoir du peuple et de la démocratie, et des questions liées aux libertés et à la presse ». Un crime de lèse-majesté alors que son père se présente
comme le « roi des rois » en Afrique, en prenant récemment la présidence de l'Union africaine.

En disgrâce à Tripoli

Ahmed Ibrahim, un des fondateurs des comités révolutionnaires, colonne vertébrale du régime, a ainsi jugé les sorties médiatiques de Saif al-Islam Kadhafi très dangereuses. Mouammar Kadhafi a également conseillé à son fils de se calmer.

Quant à son frère Moutassim, un des prétendants à la succession du colonel Kadhafi, il a été aussi très virulent. Il a estimé que « l'Etat des masses » n'a aucune leçon à recevoir de personne.

Sa fondation à Genève ?

Selon nos informations, Saif al-Islam Kadhafi a fait savoir aux autorités suisses qu'il souhaite installer à Genève sa nouvelle fondation sur la démocratie. « Il désire profiter des réseaux de l'ONU et des ONG présents dans cette ville », indique une source diplomatique helvétique :

« Pour lui, c'est une manière de s'éloigner de Tripoli et de la situation tendue qui y règne. Il ne sera pas là pour faire de la propagande pour le régime libyen. Il veut jouer le rôle d'un Henry Dunant moderne, capable de mener des actions de bons offices. »

Mis au parfum à Davos, Berne n'y trouve rien à redire. La Confédération est bien consciente qu'elle pourra jouer cette carte pour trouver une issue à la crise qui l'oppose à la Libye.



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Published by conscience politique - dans Maghreb et Moyen-Orient
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