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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 10:49

Hosni Moubarak le 8 janvier 2011 au Caire.

 

L’ex-président égyptien Hosni Moubarak et ses deux fils Alaa et Gamal ont été placés en détention pour 15 jours par la justice, deux mois après la chute du raïs face à une révolte populaire, alors que la pression monte pour qu’il soient jugés.

Les événements se sont précipités mardi en fin de journée et dans la nuit, avec les annonces de l’hospitalisation du président déchu, 82 ans, son interrogatoire pour une enquête sur les violences contre les manifestants qui ont provoqué son départ, et les mises en arrestation des trois hommes.

«Le procureur général Abdel Maguid Mahmoud a ordonné la mise en détention préventive pour 15 jours de l’ancien président Hosni Moubarak et ses deux fils dans le cadre de l’enquête» sur l’usage de la violence contre les manifestants pendant le soulèvement de janvier et février, a indiqué un porte-parole du parquet.

Il a par ailleurs indiqué que l’interrogatoire de l’ancien président et de ses fils n’avait pu être mené au Caire «pour des raisons de sécurité».

La justice a ajouté que «des raisons de santé» avaient nécessité le transport de M. Moubarak à l’hôpital de Charm el-Cheikh, une station balnéaire de la péninsule du Sinaï (est), où il est assigné en résidence depuis sa chute le 11 février dernier.

Alaa et Gamal dans une prison du Caire

Son interrogatoire se poursuivra dans cet établissement, où il est placé en état d’arrestation. Une source des services de sécurité a indiqué que ses fils étaient arrivés dans la matinée à la prison de Tora, dans le sud du Caire.

Avant la révolte, Gamal Moubarak, l’un des principaux cadres dirigeants du parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), était considéré comme le successeur désigné de son père. Son frère aîné Alaa, beaucoup moins présent sur la scène politique et médiatique, a fait carrière dans les affaires.

L’ex-président a commencé à être interrogé mardi et a été victime d’une crise cardiaque durant l’interrogatoire, ce qui a nécessité son hospitalisation. Il a dû être été placé en soins intensifs, selon l’agence officielle égyptienne Mena.

Tous trois sont interrogés dans le cadre de l’enquête sur l’usage de la violence contre les manifestants pendant le soulèvement de janvier et février, qui a fait quelque 800 morts.

Ils doivent aussi être interrogés sur des accusations concernant «l’utilisation de l’argent public» dans le cadre d’opérations anti-corruption en cours visant l’ancien régime, avait indiqué la justice.

Ils risquaient tous trois d’être arrêtés s’ils ne coopéraient pas, avait prévenu le ministre de l’Intérieur Mansour al-Issaoui.

«Campagne de diffamation»

Le ministre de la Justice, Abdel Aziz al-Guindi, a toutefois expliqué que l’interrogatoire d’Alaa et Gamal Moubarak concernait les violences et que les questions sur les malversations financières dépendaient d’un autre département.

Dimanche, le président déchu était sorti de son silence pour la première fois en deux mois pour défendre son «intégrité» et récuser les accusations de malversations, se disant victime d’une «campagne de diffamation», dans une allocution sonore diffusé par la chaîne Al-Arabiya. Son interrogatoire ne préjuge pas d’un procès, mais constitue un premier pas qui pourrait y conduire.

Le procès de M. Moubarak, qui a régné sans partage sur l’Egypte pendant trois décennies, est réclamé avec de plus en plus d’insistance par les mouvements qui ont mené la révolte anti-régime au début de l’année, sur fond de soupçons contre l’armée, qui dirige le pays depuis sa chute, de chercher à ménager l’ancien chef d’Etat issu de ses rangs.

Une manifestation réclamant sa traduction en justice a rassemblé vendredi plusieurs dizaines de milliers de personnes au Caire sur la place Tahrir, épicentre des rassemblements qui ont fait chuter M. Moubarak.

 

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Published by conscience politique - dans Maghreb et Moyen-Orient
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