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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:01

 

 

La poussée de violences dans le monde arabe et particulièrement en Libye a fait trembler les Bourses mondiales, en net recul mardi, et flamber les cours de brut, sur fond de craintes d'approvisionnement en gaz et pétrole.

Tokyo (-1,78%) et Hong Kong (-2,11%) ont chuté en clôture, et Paris (-1,22%), Londres (-0,64%) et Francfort (-0,15%) reculaient également peu avant 15H00 GMT. Fermée la veille, la Bourse de New York a ouvert en baisse, le Dow Jones perdant 0,33% et le Nasdaq 1,35%.

La Bourse de Milan, qui avait chuté lundi de 3,59%, a cédé 1,80% à la reprise de la séance mardi après-midi, retardée en raison d'un "problème technique".

Première source de préoccupation: le pétrole, qui a atteint des niveaux inédits depuis 2008, en raison principalement de l'escalade meurtrière en Libye, l'un des principaux producteurs d'or noir en Afrique, qui fait peser une menace directe sur l'approvisionnement.

Les prix du pétrole s'envolaient de près de 8% à l'ouverture à New York, le baril s'échangeant à 92,92 dollars. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord avait atteint un pic à 108,57 dollars dans la matinée, un prix inédit depuis septembre 2008.

"Si les troubles en Libye s'étendent au reste de la région, les prix du pétrole pourraient grimper à des niveaux record", a prévenu Torbjorn Kjus, analyste chez DnB NOR.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s'est dit prête à réagir "si cela s'avérait nécessaire", alors que les Etats-Unis ont appelé mardi à Ryad l'ensemble des pays producteurs de pétrole à accroître leur production en réponse à l'envolée des cours du brut.

La situation dans le monde arabe a créé une réaction en chaîne au sein du monde économique. Outre la paralysie des économies des pays concernés -tourisme en berne, Bourses ou banques fermées-, elle touche de plein fouet les entreprises qui y sont implantées.

L'insurrection qui frappe la Libye a déjà commencé à freiner la production d'hydrocarbures du pays: les livraisons de gaz libyen par le groupe pétrolier italien ENI ont ralenti, et le groupe pétrolier espagnol Repsol a suspendu ses activités en Libye.

Mais la crise en Libye frappe également les sociétés dans les secteurs du tourisme ou celles ayant de gros besoins pétroliers, à commencer par les compagnies aériennes.

A la Bourse de Paris, le titre du groupe Air France-KLM chutait fortement (-3,29%), directement pénalisé par l'envolée des cours du pétrole. Même chose à Francfort pour Lufthansa.

"Si les tensions se maintiennent il faudra que la compagnie (Air France-KLM) fasse payer au voyageur le surcoût lié à l'envolée de l'or noir", a averti un analyste parisien.

L'euro a reculé dans la matinée, avant de se stabiliser à 1,3676 dollar.

"Le marché est entièrement focalisé sur la situation au Moyen Orient et en Libye, où la situation est totalement incertaine", a déclaré Teppei Ino, analyste de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ.

"Les investisseurs fuient les actifs risqués en raison des tensions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et de la baisse des Bourses asiatiques", a-t-il ajouté.

A l'inverse, les traditionnelles valeurs-refuge, comme l'or ou le franc suisse, ont connu une réelle ascension. Le marché obligataire s'est également légèrement détendu, profitant du recul des marchés actions.

Outre l'approvisionnement en pétrole, l'inquiétude qui pèse sur les économies mondiales est de voir les troubles au Moyen-Orient plomber la timide reprise, la hausse du brut entraînant une augmentation des prix des carburants, puis des prix en général, dans des pays à peine remis de la grave crise de 2008/2009.



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Published by conscience politique - dans Economie
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