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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 16:04

Jean-Marie Le Pen, sa dernière flamme

Très ému, le fondateur du FN est revenu samedi sur ses 55 ans de vie politique tout en s'alarmant de la "décadence" de la France.

Jean-Marie Le Pen, sa dernière flamme

 

 

"Je ne vous cache pas que l'émotion m'étreint." C'est la voix nouée que Jean-Marie Le Pen a fait ses adieux samedi après-midi aux quelque 2.000 adhérents du Front national réunis en congrès à Tours. Au terme de cinquante-cinq ans de vie politique, Jean-Marie Le Pen, 82 ans, a ôté sa pelisse de vieux chef avant de passer le flambeau à sa fille Marine. Le temps d'un discours de plus d'une heure, le patriarche regarde dans le rétroviseur et évoque pêle-mêle ses souvenirs de guerre, le prêtre de sa paroisse, son instituteur, son grand-père, ses compagnons de route et son rôle dans la vie politique française. "Orphelin de guerre, pupille adoptée par la nation, j'ai toujours eu le sentiment que j'étais plus français, et que cette parenté supplémentaire me créait des liens plus forts avec la France", confie Jean-Marie Le Pen, debout sur la tribune et engoncé dans sa veste croisée. Il a aussi un mot attentionné pour tous les cadres et militants qui l'appellent respectueusement "Président" depuis la création du parti en 1976. "Sans doute certains d'entre vous m'ont-ils trouvé trop sévère, trop dur. Mais le chef n'a pas le droit d'avoir les mains molles, même si son coeur peut l'incliner parfois à l'indulgence ou à la tendresse", affirme-t-il doucement. Le Pen assume ses dérapages Dans ce discours fleuve, il n'y a pas l'ombre d'un regret ni d'un remords. Il se dit serein et apaisé. "Les brûlures de l'hostilité, les injustices, les diffamations, les condamnations, les déceptions, les trahisons s'estompent dans le flou des souvenirs", égrène-t-il. Car Jean-Marie Le Pen assume tout, y compris ses dérapages. "Durafour crématoire, détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, inégalité des races... Tous mes propos ont été détournés de leur sens réel afin de me juger en sorcellerie, parce que je refusais de me soumettre à la dictature de la police de la pensée", lance-t-il, provoquant alors une standing ovation de l'assemblée. Le vieux chef en profite d'ailleurs pour reprendre à son compte les propos de sa fille Marine qui a comparé mi-décembre les "prières de rues" des musulmans à une "occupation". "Ceux qui prétendent nous gouverner sont choqués que l'on appelle un chat un chat, et une occupation une occupation, celle de nos rues, de nos espaces publics pas des islamistes prosélytes", lance-t-il sous les acclamations. "Islamisation de la France, immigration, insécurité, corruption, ruine de notre modèle économique et budgétaire"... Jean-Marie Le Pen dresse sans concession le "portrait de la décadence et de la déchéance" de la France. Les militants apprécient le discours, acclament le tribun et scandent des "Jean-Marie" à plusieurs reprises. Au premier rang, sa femme Jany Le Pen, sa fille Marine, Bruno Gollnisch et de nombreux cadres du parti ne cachent pas leur émotion. "J'ai essayé de me contrôler, je me suis retournée mais tout le monde pleurait ! Cela ne m'a pas aidée à tenir", confie Marine Le Pen qui doit succéder à son père dimanche, après la proclamation officielle des résultats du scrutin. Bruno Gollnisch, son rival dans la course à la présidence, renchérit : "Ce discours était extrêmement émouvant. Jean-Marie Le Pen restera une autorité écoutée." Présidence d'honneur De fait, tout a été prévu pour que Jean-Marie Le Pen conserve une place de choix au sein du parti. Dans la matinée, une assemblée générale extraordinaire a modifié les statuts du parti pour créer une nouvelle fonction taillée à sa mesure : celle de président d'honneur. Le fondateur du FN entend aussi garder les cordons de la bourse en restant président de son micro-parti Cotelec qui récolte les prêts et les dons octroyés par les sympathisants. Bref, Le Pen n'est pas près de se mettre à la "retraite", un mot que, d'ailleurs, il exècre. Réélu député européen en 2009 et conseiller régional de Provence-Côte-d'Azur en mars 2010, ses deux mandats courent jusqu'en 2014. Jean-Marie Le Pen entend toutefois lever le pied et se consacrer à l'écriture de ses mémoires, en s'inspirant du Cheval d'orgueil de l'auteur breton Pierre Jakez Hélias. Mais en matière d'emploi du temps, sa femme Jany a aussi sa petite idée. "On va pouvoir se reposer, voyager, aller à la campagne, s'occuper de nos chiens et de nos fleurs", se réjouit-elle par avance.

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Published by conscience politique - dans Front national
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