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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 01:41

Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est dit prêt vendredi à remettre le pouvoir entre "des mains sûres" pour éviter un bain de sang.

 

 

Au pouvoir depuis 32 ans, Saleh est confronté depuis des semaines à un mouvement de contestation. Des dizaines de milliers d'opposants ont à nouveau manifesté vendredi à Sanaa à l'occasion d'une "Journée du départ".

De sources politiques yéménites, on indique que deux canaux de négociations ont été ouverts pour tenter de parvenir à une transition pacifique dans cet Etat de la péninsule arabique, dont le territoire sert de refuge à des combattants d'Al Qaïda.

"Nous ne voulons pas du pouvoir, mais nous devons le transférer entre des mains sûres, pas entre des mains malades, pleines de ressentiment ou corrompues", a lancé Ali Abdallah Saleh à plusieurs milliers de ses partisans rassemblés dans la capitale lors d'un discours retransmis à la télévision d'Etat.

"Nous sommes prêts à quitter le pouvoir", a-t-il insisté.

Un "Vendredi de la tolérance", concurrent de la "Journée du départ", a rassemblé des partisans de Saleh, qui ont brandi des portraits du chef de l'Etat et déployé des banderoles proclamant "Non au chaos, oui à la sécurité et à la stabilité". Certains étaient armés de pistolets et de poignards, d'autres agitaient des drapeaux et chantaient des hymnes patriotiques.

Dans un autre quartier de Sanaa, des dizaines de milliers d'opposants ont participé à une nouvelle journée de mobilisation. Ils ont notamment brandi des cartons rouges pour exiger du président qu'il "dégage".

Des coups de feu ont retenti lorsque les troupes d'un général yéménite déterminé à assurer la protection des manifestants ont tiré en l'air pour empêcher une foule de partisans de Saleh de s'approcher du rassemblement des opposants, ont rapporté des témoins.

Un soldat membre du dispositif de protection des manifestants a été blessé par des tireurs postés dans un bâtiment, ont ajouté des témoins.

Ces incidents ont toutefois été d'une ampleur nettement moindre que ceux de vendredi dernier, lorsqu'une journée de protestation similaire avait causé la mort de 52 personnes dans la capitale.

En réaction, des généraux, des diplomates et des chefs de tribu se sont désolidarisés du président et ont apporté leur soutien aux opposants.

Les médias officiels ont cependant rapporté vendredi, sans plus de détails, que des "éléments" de l'opposition avaient abattu une personne et en avaient blessé quatre autres dans la province de Maarib, à l'est de la capitale.

En butte à des manifestants qui campent devant l'université de Sanaa depuis six semaines pour réclamer son départ, Saleh a offert mercredi une nouvelle concession à des détracteurs, en promettant d'organiser l'élection présidentielle en janvier 2012.

Toutes ses propositions ont été rejetées par ses opposants, qui exigent son départ immédiat.

Dans les milieux politiques, on déclare que des négociations sont en cours pour tenter de trouver une issue à la crise, avec l'aide de médiateurs occidentaux, et qu'un entretien a notamment été organisé entre Ali Abdallah Saleh et le général Ali Mohsen pour évoquer l'avenir des deux hommes.

Parallèlement, des pourparlers politiques plus larges ont été lancés pour tenter de définir un processus de transition.

Général influent, considéré comme le deuxième personnage du régime, Ali Mohsen a basculé du côté des opposants après les morts de vendredi dernier.

Dans son entourage, on déclare qu'il pourrait accepter de quitter le pays avec ses proches si Ali Abdallah Saleh en faisait de même.

Un porte-parole du président a démenti les informations en ce sens rapportées dans un premier temps par le Wall Street Journal, tout en reconnaissant que les deux hommes s'étaient rencontrés au cours des 48 heures précédentes.

D'après le Wall Street Journal, Ali Abdallah Saleh et Ali Mohsen auraient évoqué les modalités de leurs démissions afin de parvenir à un gouvernement civil de transition.

Pendant de nombreuses années, Saleh, arrivé au pouvoir en 1978 au Nord-Yémen avant de devenir en 1990 le président du pays réunifié, a été soutenu par les Occidentaux et les pays arabes, qui voyaient en lui l'homme idoine pour fédérer les nombreuses tribus qui composent le Yémen.

Les pays occidentaux, dont le Yémen est un allié dans la lutte contre Al Qaïda, et l'Arabie saoudite s'inquiètent désormais du vide de pouvoir à Sanaa en cas de départ de Saleh.

Dans ce pays de 23 millions d'habitants, l'opposition dénonce la corruption et la montée du chômage. Quarante pour cent de la population du Yémen vit avec moins de deux dollars par jour et un tiers souffre de malnutrition. Le chômage touche 35% de la population et 50% chez les jeunes.

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Published by conscience politique - dans Maghreb et Moyen-Orient
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