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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 09:31

 

 

On attendait une passe d'arme entre la gauche et Michèle Alliot-Marie, mardi 8 février, lors des questions au gouvernement. Et c'est le premier ministre, François Fillon, qui s'est retrouvé sous le feu des critiques.

 

 

Alors qu'une partie de la gauche demande sa démission, la ministre des affaires étrangères a vertement répliqué à Bruno Le Roux, député socialiste : "La polémique, ça suffit. J'ai répondu avec franchise et honnêteté à tout. Je ne répondrai plus à rien", avant de lancer : "Si M. Ben Ali était infréquentable, pourquoi avez-vous attendu son départ et même trois jours après pour l'exclure de l'Internationale socialiste ?"

Après avoir été interpellé sur la grève des magistrats et les suites de l'affaireLaëticia Perrais par Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, le premier ministre s'est éclipsé, laissant le ministre de la justice, Michel Mercier, répondre aux autres questions sur ce thème.

"C'EST UNE DÉFAITE SUPPLÉMENTAIRE POUR LA RÉPUBLIQUE"

Quelques minutes après son départ, un communiqué de Matignon donnait le détail du voyage en Egypte de François Fillon, entre le 26 décembre et le 2 janvier. Depuis le début de l'après-midi, la rumeur montait sur les informations à paraître dans Le Canard enchaîné sur le déplacement du premier ministre. François Fillon a ainsi devancé la publication de l'hebdomadaire satirique, en donnant le détail de son voyage. Dans un communiqué, il précise notamment avoir été logé "par les autorités égyptiennes" et avoir "emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne".

Dans les couloirs de l'Assemblée, députés et journalistes découvrent en même temps le texte du communiqué. Bruno Le Roux (PS) lit le texte sur le téléphone d'une journaliste. "C'est une défaite supplémentaire pour la République. Michèle Alliot-Marie et François Fillon sont dans la confusion la plus totale sur la manière dont ils utilisent les moyens de l'Etat." D'autres députés de gauche embrayent, sans toutefois demander, pour l'instant, la démission de François Fillon. Le député socialiste André Vallini tance : "Quand on est en vacances privées, on paye de sa poche. Ça s'appelle l'éthique."

Martine Aubry, à Dakar, a dénoncé "une affaire très grave".

Martine Aubry, à Dakar, a dénoncé "une affaire très grave".AFP/SEYLLOU

 

 

 

"C'est une faute politique, on se dirige vers une affaire d'Etat", lance Noël Mamère(Verts), qui ironise : "Je comprends mieux pourquoi François Fillon ne voulait pas lâcher Michèle Alliot-Marie..." De Dakar, où elle est en déplacement, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a dénoncé "une affaire très grave"."Décidément, on voit jour après jour combien le gouvernement a perdu le sens de l'esprit public. Il y a manifestement un grave problème d'éthique collective et personnelle du gouvernement", a déclaré Martine Aubry à l'AFP. Le NPA a demandé la démission du premier ministre, alors que le patron de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que M. Fillon doit "expliquer en quoi c'était opportun, pour un premier ministre en général, de pouvoir partir en vacances auprès d'un régime très contesté dans la rue quelques jours après".

 

"MITTERRAND AVAIT SES HABITUDES EN ÉGYPTE"

Mardi matin, en réunion du groupe UMP à l'Assemblée, le premier ministre a réaffirmé son soutien et celui de Nicolas Sarkozy à la ministre des affaires étrangères. Lors des questions au gouvernement, le groupe UMP a fait bloc derrière Michèle Alliot-Marie. Et il a fait de même après la diffusion du communiqué par les services du premier ministre.

Les députés UMP n'avaient visiblement pas connaissance de l'affaire. Jérôme Chartier, député UMP proche de François Fillon, est l'un des rares à vouloir réagir"à chaud". "Le 30 décembre [date de la rencontre entre MM. Fillon et Moubarak],Hosni Moubarak était un élément de stabilité au Proche Orient", assure-t-il. Tout en rappelant que "lorsque François Fillon voyage à titre privé, il est toujours premier ministre". Une manière de se démarquer des déclarations de Michèle Alliot-Marie, qui avait déclaré "quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des affaires étrangères", avant de rectifier, assurant qu'elle était ministre "vingt-quatre heures sur vingt-quatre et trois cent soixante-cinq jours par an". "Tout ça augure bien de la campagne présidentielle", a tout de même concédé le député UMP Lionnel Luca.

 

"Si vous repreniez la liste complète de tous ceux qui ont été reçus par le roi du Maroc – pas l'actuel, mais son prédécesseur – pour combien de temps, et dans quelles conditions, vous verriez passer toute la galaxie, ou à peu près, de la vie politique française", a rappelé l'ancien garde des sceaux (PS) Robert Badinter.

"Si vous repreniez la liste complète de tous ceux qui ont été reçus par le roi du Maroc – pas l'actuel, mais son prédécesseur – pour combien de temps, et dans quelles conditions, vous verriez passer toute la galaxie, ou à peu près, de la vie politique française", a rappelé l'ancien garde des sceaux (PS) Robert Badinter.AFP/ERIC PIERMONT

 

Par la suite, plusieurs poids lourds de la majorité ont défendu M. Fillon, balayant toute polémique. "Le premier ministre, dans un souci de transparence, a clairement indiqué que tous les frais personnels engagés pendant ses vacances ont été réglés de sa poche. Il n'y a donc pas lieu un instant de polémiquer à ce sujet", a soutenu le patron de l'UMP, Jean-François Copé. La ministre des sports, Chantal Jouanno, qui accompagnait M. Fillon à Annecy dans le cadre d'une visite du Comité international olympique (CIO) en vue des JO d'hiver de 2018, a quant à elle dénoncé la "politique de caniveau".

Quant à l'ancien garde des sceaux, Robert Badinter, il a parlé "d'un choix politique"qui ne "l'émeuvait pas". Car, a-t-il rappelé, "si vous repreniez la liste complète de tous ceux qui ont été reçus par le roi du Maroc – pas l'actuel, mais son prédécesseur – pour combien de temps, et dans quelles conditions, vous verriez passer toute la galaxie, ou à peu près, de la vie politique française". Il a précisé n'avoir pas fait partie de ces "privilégiés".

Nabil Wakim

 

 

 

 

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Published by conscience politique - dans Scandales politique
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