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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 10:29

 

Les nouveaux esclaves de la route 

 

Des conducteurs calaisiens sont inquiets pour l'emploi

Des chauffeurs de l'Est pour Dentressangle

jeudi 10.02.2011, 06:00
Le chauffeur calaisien Cédric Bauduin reste en contact avec les collègues grâce à la page Facebook de l'AFRC, l'association française des routiers en colère.Le chauffeur calaisien Cédric Bauduin reste en contact avec les collègues grâce à la page Facebook de l'AFRC, l'association française des routiers en colère.

 

Des chauffeurs en grève
qui craignent des vagues 
de licenciements économiques : ils affirment que le groupe Norbert-Dentressangle se sépare de chauffeurs pour faire travailler des conducteurs venus des pays de l'Est.


Le comité d'entreprise débattait hier de cette question.


La mobilisation est en train de faire tache d'huile dans les agences de Norbert-Dentressangle. Les mouvements de grève et autres blocages se mettent en place au niveau national et Calais ne devrait pas échapper à ce mouvement. Des chauffeurs calaisiens employés par le bureau de Valenciennes-Thiant du groupe, montent déjà au créneau, inquiets pour leur avenir.



80 licenciements à Calais ?



« Il se trouve tout simplement que le groupe pour lequel nous travaillons se sépare de ses chauffeurs français pour faire conduire à leur place des chauffeurs originaires des pays de l'Est sur l'international », résume Cédric Bauduin, Calaisien et chauffeur pour Norbert-Dentressangle depuis 2007. En toile de fond, l'enjeu serait économique, selon lui. Là où un chauffeur français est payé 2  600 euros par mois, un Polonais ne percevrait comme salaire que 1 300 euros. « Et un Roumain encore moins, c'est-à-dire 900 euros , éructe Cédric Bauduin. Nous, quand nous travaillons le week-end, nous sommes payés. Eux ne le seraient pas. » De fait, le groupe a embauché des chauffeurs polonais via sa filiale dans ce pays. Idem en Roumanie. Et malgré le développement de ces filiales, il n'a pas procédé pour l'instant à des licenciements.

A Valenciennes-Thiant, sur une trentaine de chauffeurs, 23 seraient licenciés. A Calais, les chiffres évoqués par ces grévistes sont plus impressionnants  : environ 120 chauffeurs employés actuellement mais 80 emplois menacés. Il n'y a eu aucune confirmation officielle de ces chiffres.



37 ans d'ancienneté

et 1 300 euros pour partir 


« Lorsque je suis rentré à Norbert-Dentressangle il y a quatre ans - et j'ai dix ans de métier derrière moi, complète Cédric Bauduin, le groupe était une bonne maison avec bonne ambiance et bons salaires. Tout a bien changé... » Avant les fêtes de fin d'année, les chauffeurs ont reçu un courrier de leur direction les informant que l'agence ferme et qu'ils seront rattachés à Arras. Avec des licenciements à la clé. A ce jour, les noms des personnes concernées ne sont pas connus, les lettres de licenciement devraient partir sous quinzaine. La direction évoque une perte d'activité très importante en guise de justification.

« Le motif, c'est le licenciement économique, constate, amer, le chauffeur calaisien. Mais comment prétendre à des pertes de marché alors que les bénéfices pour notre agence sont de près de deux millions d'euros ? » Pour se séparer de ses chauffeurs, le groupe a mis en place un plan social. Très insuffisant selon les chauffeurs. « On nous propose une somme forfaitaire de 1 300 euros en prime de départ. Alors que des collègues ont plus de 30 ans d'ancienneté ! Et on a proposé à certains chauffeurs français de travailler pour la Roumanie avec moins de 900 euros par mois ! » Le volet "reclassement" les laisse tout autant sceptiques : des propositions sont faites pour pourvoir des postes dans le Sud de la France, «  là où les agences licencient aussi avec le même procédé ! » Malgré leur détermination à durcir le mouvement, les chauffeurs sont déjà conscients qu'ils sont engagés dans un combat difficile. « Hormis le courrier, on ne sait rien mais on entend dire beaucoup de choses. Que les chauffeurs de l'Est attendent déjà nos camions. Le problème, pour nous, c'est l'inégalité. D'accord pour que tout le monde travaille mais aux mêmes conditions. » Le CE pourra sans doute apporter des réponses, la réunion pourrait encore se poursuivre ce matin.

Malgré tout, Cédric Bauduin parle toujours de son métier avec la même passion. L'avenir lui apparaît néanmoins très morose. « Et nos enfants, que vont-ils devenir ? » La question reste pour l'instant en suspens.

Laurent GEUMETZ

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Published by conscience politique - dans calais emploi
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