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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 08:48

Flavien Mille, lycéen, s'est gravement blessé lors de son stage au magasin Meubl'House

Une négligence de la part de l'employeur ?

Gravement blessé à la jambe droite, Flavien Mille en a pour un an et demi de rééducation.Gravement blessé à la jambe droite, Flavien Mille en a pour un an et demi de rééducation.

 

Alors qu'il effectuait un stage de comptabilité à Meubl'House, Flavien Mille s'est fracturé la jambe en transportant un canapé qui lui est accidentellement tombé dessus, le blessant gravement.


Le jeune homme met en cause la direction du magasin.


Pour Flavien Mille, élève de 18 ans au lycée professionnel Coubertin, ce ne devait être qu'un simple stage de comptabilité : s'occuper des aspects administratifs du magasin Meubl'House, boulevard de l'Égalité, comme les fiches de paie, les comptes, les commandes... Ce stage avait commencé le 24  janvier dernier. Il devait s'achever le 19 février. Devait, car il s'est terminé le 2 février, à 18 h 30, de manière très douloureuse pour le jeune lycéen.

Nous sommes en fin de journée, à quelques minutes de la fermeture du magasin. Un des employés de Meubl'house (NLDR : qui a tenu à garder l'anonymat) lui demande de décharger du camion un canapé deux places. Flavien s'exécute et monte dans le camion pour porter le meuble. Il est en seconde position. En voulant baisser le canapé, son pied se bloque dans une des marches de l'échelle du camion.

Le jeune homme tombe à la renverse sur le sol, le pied étant toujours sur la marche. Le canapé s'écrase lourdement sur sa jambe droite, la fracturant net à trois endroits : « J'ai vu mon pied retourné, confie Flavien. Je ne sais pas comment j'ai fait, je l'ai aussitôt retourné ».

Le lycéen regrette que l'employé qu'il aidait n'ait pas appelé les secours tout de suite : « Ils m'ont emmené directement à l'hôpital, sans savoir vraiment ce que j'avais ».



Une triple fracture 

Le diagnostic des médecins des urgences est terrible : triple fracture de la jambe droite (tibia, péroné, malléole de la cheville). L'équipe chirurgicale lui installe une plaque et sept vis à la jambe et une botte en plâtre. En une fraction de seconde, Flavien se rend compte qu'il a tout perdu  : sa jambe, son stage de formation et son année.

Du moins le pense-t-il car son établissement, par le biais de son proviseur, Henri Waroczyk, a certifié qu'il ne perdrait justement pas son année à cause de cet accident : « C'est un très bon élève. Il fait des efforts et ne mérite pas ça. Et je regrette de n'avoir eu aucun contact avec le gérant du magasin suite à cet accident », affirme le chef d'établissement.

Il n'empêche que le lycéen ne peut plus se rendre en cours. Après deux opérations, dont la dernière s'est déroulée le 18 février dernier, Flavien devrait recevoir ses cours par Internet début mars grâce à deux professeurs qui lui enverront le programme par mail : « Ça n'est pas pareil qu'en classe car je suis tout seul, sans mes camarades de classe, regrette le jeune homme. Mais je vais pouvoir continuer à étudier et c'est le plus important ».



Une famille en colère 

Depuis cet accident, la famille de Flavien - dont la mère qui, elle aussi, s'est fait une fracture peu de temps après son fils - ne décolère pas. « Dans mon contrat de travail, il était écrit que je ne devais faire que du travail administratif mais je passais plus mon temps à ranger ou à transporter des meubles, souligne Flavien. Or, ce jour-là, il n'y avait pas grand-chose à faire. On m'avait demandé de ranger le magasin, monter des meubles. J'ai été trop gentil. Je n'aurais jamais dû accepter de transporter un meuble aussi lourd  ».



La famille a déposé plainte 

Flavien doit passer devant le chirurgien le 15 mars : « Il me dira si je garde ou non ma botte en plâtre. Si je ne la garde plus, je pourrai commencer ma rééducation. J'en ai au moins pour un an et demi avant de pouvoir marcher normalement à nouveau ».

La famille Mille ne compte pas en rester là. Elle a déposé plainte ce jeudi contre Meubl'House afin que celle-ci rembourse les frais de soins assez importants de Flavien. Un long parcours commence pour le jeune lycéen de Coubertin. Le lycée, quant à lui, a décidé de ne plus envoyer de stagiaires à Meubl'House.
 
 

 

 

Les stagiaires, une "main d’oeuvre

 gratuite et consentante" ?

 
Au cours de la séance des questions orales qui s'est tenue ce mardi 11 janvier au Sénat, Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) a interpellé le gouvernement sur le recours abusif aux stagiaires dans le monde de l'entreprise. « Certaines entreprises continuent à proposer des stages correspondant à des postes occupés par des salariés à temps plein. Est-ce légal ? Existe-t-il des recours à la disposition des salariés et des stagiaires ? L'entreprise peut-elle être sanctionnée ? Qu'entend faire le Gouvernement contre ces pratiques qui nuisent à l'emploi, notamment des jeunes ?»

Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé, pendant la séance des questions orales - Crédits : Photographes Sénat

Transformer en mission de stage un emploi exercé par un salarié à temps plein, en CDI ou en CDD, est en effet interdit par le code du travail, comme l'a rappelé Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail et de l'emploi. « Les abus en ce domaine, manifestes, ont conduit le législateur à intervenir. L'article 9 de la loi du 31 mars 2006 et son décret d'application interdisent de conclure des conventions de stage pour remplacer un salarié absent ou licencié, pour occuper un emploi saisonnier, pour faire face à un surcroît d'activité. »

« Il est difficile de saisir le juge »

L'emploi de faux stagiaires représenterait aujourd'hui 4 % des infractions au droit du travail, selon Nora Berra.

Si le juge peut intervenir pour constater un travail dissimulé, Catherine Procaccia estime qu'il est difficile pour les stagiaires d'entamer une telle procédure et propose« que le ministère du travail ouvre une boîte à lettres informatique à laquelle pourraient s'adresser les stagiaires remplaçant des salariés. ».

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Published by conscience politique - dans France
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