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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 09:23


Baptisé Marly, un groupe de diplomates, de tous horizons et de toutes sensibilités politiques, a choisi de publier une tribune incendiaire dans le quotidien Le Monde pour dénoncer la façon dont le corps diplomatique est traité par Nicolas Sarkozy et son entourage.

Copyright Reuters
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Dans une tribune publiée mardi par Le Monde plusieurs diplomates signent une tribune dans laquelle ils expriment un profond malaise de la diplomatie française, plus étendu encore que ce que le "printemps arabe" en a révélé. Sous le pseudonyme collectif de Marly, ces diplomates de diverses origines, générations et sensibilités politiques, en activité ou à la retraite, s'en prennent directement à la politique du président Nicolas Sarkozy. 

Tout y passe : l'impuissance de la France face aux crises africaines et arabes ou à l'émergence de la Chine, l'échec de l'Union pour la Méditerranée, l'indifférence américaine malgré le retour dans le giron de l'Otan, les fiascos à répétition dans la vente des Rafale et de l'industrie nucléaire française à l'exportation, la faiblesse politique de l'Europe, etc... "Il se passe avec les diplomates ce qui se passe avec d'autres grands corps de l'Etat, une exaspération croissante en raison de la façon dont le président traite ses serviteurs", a expliqué un de ces diplomates à l'agence Reuters.

"Cela grondait depuis quelque temps", au Quai d'Orsay, a-t-il souligné. Mais ce qui a conduit le groupe "Marly" à publier ce premier texte, c'est une "manipulation" à laquelle la présidence de la république s'est, selon lui, livrée sur la Tunisie. Les membres du groupe accusent l'Elysée de n'avoir fait "fuiter" que la partie d'un télégramme dans laquelle l'ancien ambassadeur de France en Tunisie, Pierre Ménat, estimait que le président tunisien Zine ben Ali semblait avoir repris la main, quelques heures avant sa fuite le 14 janvier.

MAM est épargnée

Ils estiment que l'Elysée, faute d'avoir vu venir la chute de Zine ben Ali, a ainsi cherché à se dédouaner. Or le télégramme, tel qu'il a fuité, a été tronqué de sa dernière partie, dans laquelle Pierre Ménat présentait d'autres scénarios, dont celle d'une fuite précipitée du président tunisien, précise le membre du groupe interrogé par Reuters. Pierre Ménat a été rappelé à Paris et remplacé par un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Boris Boillon, aussitôt contesté par les Tunisiens après une rencontre houleuse avec la presse locale où il a fustigé des questions "débiles".

Le groupe Marly épargne la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, au coeur d'une polémique sur ses vacances tunisiennes deux semaines avant la chute de Zine ben Ali. "La politique suivie à l'égard de la Tunisie ou de l'Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades", peut-on lire dans sa tribune. "C'est elle (la présidence) qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme 'piliers sud' de la Méditerranée."

Où est passée la voix de la France ?

Mais le groupe Marly, du nom du café du musée du Louvre où il s'est réuni la première fois, ne se limite pas à l'actualité arabe dans sa charge : "L'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore", résument ses membres. "La voix de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires", ajoutent-ils - une charge contre la politique atlantiste de Nicolas Sarkozy, qui a rompu avec la tradition gaulliste d'autonomie à l'égard des Etats-Unis.

Ils dénoncent des erreurs "imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme", comme le fait d'avoir confié au ministère de l'Ecologie la préparation de la conférence de Copenhague sur le climat, qui s'est soldé fin 2009 par un échec cuisant pour l'Europe. "Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives qui s'expliquent souvent par des considérations de politique intérieure." Ils imputent les tensions entre Paris et Mexico à la médiatisation du cas Florence Cassez, condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour complicité d'enlèvement. 

A leurs yeux, la politique française au Moyen-Orient est devenue "illisible" et "s'enferre dans des impasses", et accusent le gouvernement et l'Elysée de négliger l'Afrique francophone. Ils souhaitent que la diplomatie française s'appuie sur les valeurs de solidarité, de démocratie et de respect des cultures "souvent délaissées au profit d'un coup par coup sans vision".

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Published by conscience politique - dans France
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