Des manifestants égyptiens empêchent l'armée de quitter la place Tahrir, le 5 février 2011.

Sur la matériel de guerre, la décision, qui dépend de Matignon, "a été prise lors d'une réunion ad hoc le 27 janvier et signifiée le 28 aux services concernés", a expliqué à l'AFP l'entourage du Premier ministre François Fillon, confirmant une information du Monde.fr.

Concernant les matériels de maintien de l'ordre, "les autorisations d'exportation de produits explosifs (AEPE), dont les grenades lacrymogènes, sont de la responsabilité des douanes. Celles-ci les ont suspendues le 25 janvier", a précisé cette même source.

L'Egypte connaît depuis le 25 janvier un mouvement de contestation sans précédent contre le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.

Cette révolte, qui a donné lieu à de violents affrontements entre pro et anti Moubarak, a fait au moins 300 morts, selon un bilan de l'ONU non confirmé par d'autres sources. Le ministère de la Santé a fait état de 5.000 blessés depuis le 28 janvier.

Le gouvernement français a récemment été interpellé par l'opposition socialiste sur la poursuite d'exportation de produits explosifs en Tunisie après le début de la "Révolution du Jasmin" en Tunisie, fin 2010-début 2011.

Répondant à un courrier du chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault, François Fillon avait reconnu que la France avait bien autorisé l'exportation de produits explosifs en Tunisie en novembre 2010 et janvier 2011, juste avant le départ du président Ben Ali sous la pression de la rue, mais que ces exportations n'avaient pas eu lieu.

En décembre et janvier, il n'y a eu "aucune livraison de matériel de guerre" aux autorités tunisiennes, avait noté M. Fillon, rappelant que l'exportation de tels matériels était soumise au feu vert d'une commission sous l'autorité de Matignon.

Concernant les exportations de produits explosifs, "deux autorisations" ont été délivrées le 8 novembre 2010 et "deux autres" le 12 janvier 2011" après avis des ministères concernés (Intérieur, Défense, Affaires étrangères), avait enchaîné le Premier ministre.

"Mais aucune de ces autorisations n'a donné lieu à une exportation", avait-il relevé. Il avait confirmé que les douanes avaient bloqué l'exportation vers la Tunisie de grenades lacrymogènes" à l'aéroport de Roissy-CDG le 14 janvier, soit le jour même de la fuite du président tunisien.