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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 15:22

International - Janvier 2011.
Pluies d'oiseaux : la piste électromagnétique à étudier ?

Ce début d'année 2011 a été marqué par un étrange phénomène qui a été largement relayé par les journaux : des "pluies" de centaines voire de milliers d'oiseaux ont été observées aux États-Unis, en Nouvelle Zélande et en Suède (notamment).
Les hypothèses avancées, comme celle de feux d'artifice du Nouvel An dont les explosions auraient effrayées et fait paniquer les oiseaux jusqu'à causer leur mort, sont peu satisfaisantes, notamment parce que ces feux sont organisés chaque année sans que de tels phénomènes ne soient relatés, que les cadavres seraient sûrement concentrés à proximité des lieux où les oiseaux se rassemblent ou près de bâtiments ou d'arbres (d'où un risque de collision plus élevé) et non pas sur des routes en terrain dégagé, et parce que les oiseaux parviennent généralement à voler et à migrer de nuit sans heurter les nombreux obstacles (naturels ou artificiels) qui se dressent sur leur route.
Des sources lumineuses puissantes, comme des phares ou des immeubles, peuvent entraîner des collisions (lire La pollution lumineuse et les oiseaux), mais cela ne semble pas être le cas dans les endroits où ces "pluies" ont été notées.
Une origine virale ou bactérienne est aussi parfois avancée, mais le caractère soudain, simultané et extrêmement localisé du phénomène semble exclure de telles causes.
L'hypothèse de courants ascentionnels ou de tornades en altitude est à creuser.
Mais la piste de perturbations électromagnétiques d'origine naturelle (orages ? ) ou artificielle (radars, antennes ?) est peut-être à explorer.
Nous avons déjà abordé dans plusieurs articles sur Ornithomedia.com le rôle du champ magnétique terrestre dans l'orientation des oiseaux. En particulier, nous avions cité les résultats d'une expérience menée en 2004 par Cordula Mora et d'autres chercheurs de l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande démontrant que les pigeons voyageurs pouvaient détecter des anomalies du champ magnétique dans la mandibule supérieure de leur bec (lire Le rôle de l'odorat dans l'orientation de certains oiseaux).
Les conclusions d'une étude menée par des chercheurs allemands publiées en 2010 confirment l'existence dans la mandibule supérieure de tous les oiseaux (et pas seulement des migrateurs) de dendrites (prolongements du corps cellulaire des neurones) possédant des structures riches en fer qui serviraient de magnétomètres. Les données récoltées par ces récepteurs seraient transmises au cerveau qui élaborerait ensuite une carte magnétique (lire Un magnétomètre dans la mandibule supérieure des oiseaux).

Au niveau des failles terrestres (entre les plaques tectoniques), on constate des anomalies du champ magnétique qui pourraient perturber localement les oiseaux en fonction de leur intensité : sont-elles à l'origine des "pluies d'oiseaux" observées près du village de Jatinga en Inde ?
Schéma : Ornithomedia.com

En Inde, dans le petit village de Jatinga, entre septembre et novembre, pendant la migration post-nuptiale, des "suicides collectifs" de centaines d'oiseaux sont parfois notés (lire Les mystérieux "suicides collectifs" d'oiseaux de Jatinga). La raison de ces morts collectives est encore méconnue. Les sources lumineuses artificielles peuvent être écartées, car ce phénomène avait déjà été noté au XIXème siècle, à un moment où la pollution lumineuse était inexistante.
Certains spécialistes pensent que les perturbations locales du champ électromagnétique causées par des lignes de failles géologiques actives dans cette zone où se rencontrent les plaques indienne et eurasienne pourraient avoir un effet (lire Le rôle du géomagnétisme dans l'orientation des oiseaux), mais aucune preuve n'a été collectée jusqu'à présent.
L'Arkansas et la Suède, où des "pluies" d'oiseaux ont été notées en ce début d'année, ne constituent pas à priori des zones à forte activité électromagnétique d'origine géologique. Par contre, les éclairs provoquent des perturbations électromagnétiques plus ou moins perceptibles suivant leur proximité. De tels phénomènes météorologiques violents ont-ils été notés dans tous les endroits où les pluies d'oiseaux ont été observées ?
Des activités humaines pourraient-elles alors avoir causé des perturbations suffisamment violentes pour avoir entraîné une désorientation fatale de milliers d'oiseaux ?
Des études ont montré que les sonars des sous-marins seraient à l'origine d'échouages de cétacés : c'est ce qui a été avancé par exemple pour expliquer les morts de Baleines à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris) en Grande-Bretagne en avril 2008 (lire l'article Navy sonar blamed for death of beaked whales found washed up in the Hebrides).
Barry Nicholls et Paul A. Racey, de l'Université d'Aberdeen en Écosse, ont aussi démontré que l'activité des chauves-souris pouvait être perturbée par les signaux électromagnétiques des radars de contrôle aérien et de surveillance météorologique. Un signal électromagnétique émis par un petit radar équipé d'une antenne fixe suffisait pour réduire l'activité des chauves-souris dans un rayon de 30 m.
Deux chercheurs belges, Joris Everaert et Dirk Bauwens, ont aussi noté un possible effet d'une exposition prolongée aux radiations émises par les antennes-relais pour téléphones mobiles sur le comportement et l'abondance de Moineaux domestiques (Passer domesticus).
D'autres études ont décrit que le rayonnement électromagnétique pouvait influencer le développement, la reproduction et la physiologie des insectes, des mammifères et des oiseaux.
Mais comment expliquer la violence et le caractère soudain du phénomène ? La source de la perturbation électromagnétique devrait être particulièrement puissante. La piste de radars utilisés pour éloigner les oiseaux des aéroports, comme ceux développés par la société LRAD-RX (www.lradx.com), a été avancée, sans preuve. D'autres sources évoquent un mystérieux système d'armement appelé HAARP, mais là également sans éléments concrets ...
Des questions subsistent : comment expliquer la concentration dans le temps de ces pluies d'oiseaux ? Pourquoi ne sont-elles pas notées plus fréquemment dans le monde et à d'autres périodes de l'année ?

Esssaim d'Etourneaux sansonnets
Les Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) font partie des espèces touchées par le phéomène des "pluies" d'oiseaux. Or ils sont connus pour leur comportement hautement sociable et pour leurs superbes arabesques coordonnées notées en hiver
Image extraite d'une vidéo de Ghislain Bottein

Il est intéressant de noter que les espèces touchées, des Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) et des Carouges à épaulettes (Agelaius phoeniceus), sont des espèces apparentées au comportement hautement sociable, connues pour leurs véritables ballets aériens visibles en hiver à proximité des dortoirs (lire Mouvements aériens coordonnés : le cas des étourneaux). Ils volent de façon coordonnée comme s'ils ne formaient qu'un seul être, réagissant tous ensemble de façon quasi-instantanée. Des chercheurs italiens ont suggéré que ces groupes se comportaient comme des "systèmes critiques" (lire Les vols d'étourneaux fonctionnnent comme des systèmes critiques). Les très fortes intéractions entre les inidvidus des vols d'étourneaux et de carouges peuvent-elles contribuer à expliquer ces morts collectives, presque "coordonnées" ?
Une autre espèce très sociable, le Choucas des tours (Corvus monedula), a été frappée par ce phénomène.
Sources :
- Nicholls B, Racey PA (2009). The Aversive Effect of Electromagnetic Radiation on Foraging Bats—A Possible Means of Discouraging Bats from Approaching Wind Turbines. PLoS ONE 4(7). www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0006246
- Joris Everaert et Dirk Bauwens (2007). A Possible Effect of Electromagnetic Radiation from Mobile Phone Base Stations on the Number of Breeding House Sparrows (Passer domesticus). Electromagnetic Biology and Medicine.Volume 26. Pages 63–72. http://iddd.de/umtsno/lebewesen/EveraerBauwenssparrows.pdf

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Published by conscience politique
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