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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 16:19

QUI EST STRAUSS-KAHN ?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’actualité abonde de sujets. Les acteurs politiques et les évènements défilent. Un clou chasse l’autre, comme dit le proverbe. On oublie vite. Et les médias en tous genres en font chaque jour l’illustration. Or, depuis quelques temps, ces médias nous abreuvent d’articles et de sondages de nature à nous convaincre que Dominique Strauss-Kahn, s’il est candidat aux présidentielles, a toutes les chances de battre Sarkozy. Sans jamais nous rappeler ce qu’il a fait quand il était ministre de Jospin et ce qu’il fait à la tête du FMI. Bien entendu.

Qui sont ces médias ? Pour l’essentiel, les grands hebdomadaires de droite (L’Express, Le Point, Paris-Match, le Journal du Dimanche) et de la gauche libérale (Le Nouvel Observateur) et des quotidiens de droite comme Le Figaro ou La Tribune. Les sondages qui nous désignent déjà le prochain président sont commandés par des journaux de droite.

Il semble que les patrons de ces organes de presse (Lagardère, Dassault, ’), déçus par l’actuel occupant de l’Elysée, préfèrent quelqu’un qui leur épargnera, espèrent-ils, grèves et manifestations. D’où la nécessité de nous présenter un candidat de la gauche dite moderne, dite réaliste, dite responsable.

Il me semble donc important de rappeler qui est celui qu’on invite avec tant d’insistance à soutenir, avant même que le PS ait choisi son candidat. Sans doute pour que ce choix soit celui du patronat. Pour ce faire, cinq sources utiles : le numéro du 24 avril 2010 de l’hebdomadaire Marianne avec un dossier intitulé « DSK mis à nu », l’article de Jean-Jacques Chavigné consacré au FMI de DSK dans le numéro 176 de juin-juillet-août du mensuel Démocratie et Socialisme, l’organe du courant du même nom au sein du PS, le livre de Vincent Giret et Véronique Le Billon, Les Vices cachés de DSK (Seuil, 2000), quelques chroniques que j’ai publiées en son temps dans un hebdomadaire belge ou sur ce blogue et, enfin et surtout, l’excellent dossier de François Ruffin paru dans le numéro 47 (automne 2010) de Fakir (encore en vente actuellement ’ contact@fakirpresse.info).

Il me paraît indispensable de rappeler les choix qui furent ceux de Strauss-Kahn quand il était ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie de Jospin :

- la privatisation des banques publiques : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Epargne. Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public. les autres privatisations. Sous l’impulsion de Strauss-Kahn, le gouvernement Jospin a davantage privatisé que les gouvernements de droite présidés par Balladur et Juppé : Airbus, France Télécom, Thomson-CSF, Thomson Multimedia, Air France,

- la libéralisation du secteur de l’énergie : Strauss-Kahn, qui défend les négociations de l’OMC, soutient l’adhésion du gouvernement Jospin aux propositions européennes (Barcelone) qui vont permettre ensuite à la droite de privatiser EDF-GDF.

- c’est lui qui met en place le régime des stocks options avec plusieurs mesures favorables à cette manière de rémunérer les hauts-dirigeants d’entreprises

- c’est lui qui lance l’idée de fonds de pension « à la française »

- c’est lui qui pousse Jospin à renier les engagements pris par le PS devant les électeurs, en 1997 : défendre et renforcer les services publics, défendre Renault-Vilvoorde, poser quatre conditions pour le passage à l’euro.

C’est Strauss-Kahn qui, en 1999, a proposé Pascal Lamy pour que celui-ci devienne le Commissaire européen au commerce international (avant de devenir, ensuite, directeur général de l’OMC).

En 2003, Strauss-Kahn déclare à Tribune Juive qu’il se lève chaque matin « en se demandant comment il pourra être utile à Israël. » En 1991, il avait déclaré : ’Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël.’ (Passage)

En 2005, Strauss-Kahn fait campagne pour le « oui » au TCE.

Le directeur général du FMI est fidèle à l’ancien ministre de Jospin. Sous son impulsion, le FMI instrumentalise la dette publique des pays du Nord comme du Sud.

Sous la pression du monde des affaires et de la finance, les gouvernements ont décidé de ne plus permettre aux pouvoirs publics d’emprunter auprès d’organes publics de crédit, à des taux nettement avantageux. En Europe, c’est devenu la règle depuis le traité de Maastricht. Les Etats sont tenus d’emprunter auprès des banques privées. C’est la principale cause de leur endettement, vu les taux pratiqués.

La seconde cause d’endettement, c’est le renflouement des banquiers et des spéculaterurs suite à la crise de 2008.

Pour combattre la dette, on ne pose pas de questions sur les causes de celle-ci. On affirme que le seul remède, ce sont des réformes dites « structurelles ». Le FMI de Strauss-Kahn poursuit ainsi 4 objectifs :

diminuer les salaires des fonctionnaires, remplacer les retraites par répartition par un recours aux assurances privées, réduire les investissements dans la santé, l’éducation, la culture vendre les services publics aux firmes transnationales flexibiliser le marché du travail en démantelant le droit du travail, en favorisant les délocalisations et en rendant les licenciements plus faciles augmenter les profits des firmes privées en multipliant les exonérations de cotisations sociales ou d’impôts et en gelant ou en réduisant les salaires.

Ce sont ces politiques que le FMI de Strauss-Kahn impose aux pays du Sud. Avec la complicité de la Commission européenne, il fait de même avec les Etats de l’Union européenne.

Nul ne s’étonnera dès lors qu’il ait très officiellement exprimé son soutien aux « réformes » entamées par Sarkozy.

« On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans , » déclarait Strauss-Kahn au journal Le Figaro, le 20 mai 2010.

Quelle différence entre Sarkozy et Strauss-Kahn ? Celle qu’on peut trouver entre un Sarkobrun et un Sarkorose. C’est toujours du Sarko.

Il me semble urgent que, dès à présent, les partis à la gauche du PS fassent savoir qu’en tout état de cause, il leur sera impossible de soutenir Strauss-Kahn en 2012. Il ne suffit pas de changer une personne. Il faut changer de politique. Cela va sans dire, me dira-t-on. Mais cela va encore mieux en le disant.

 

 

Source Raoul Marc JENNAR
 
 
 
 
Qui est Pascal Lamy ?Le pote a DSK
 

Qui est Pascal Lamy? le pote a DSK

 

On ne risque guère de se tromper en observant que l’actuel commissaire européen en charge du commerce international est probablement une des plus brillantes machines intellectuelles de l’institution. Une remarquable puissance de travail et une maîtrise parfaite des dossiers en font un négociateur redoutable. Mais c’est aussi un homme qui possède un aplomb peu commun pour dire, avec un cynisme absolu, la chose qui n’est pas. La social-démocratie française a trouvé en lui le parfait Janus pour faire triompher le libéralisme intégral. D’où vient ce personnage aussi puissant que méconnu ?

 

Il est né en 1947, dans la banlieue parisienne, à Levallois-Perret, de parents pharmaciens et catholiques. Il milite pendant dix ans à la Jeunesse étudiante chrétienne lorsqu’il fréquente le lycée Carnot, à Paris1. Il fait des études aux Hautes Études commerciales, à l’Institut d’études politiques et à l’École nationale d’administration. Il entame sa vie professionnelle à l’Inspection générale des finances et passe ensuite à la Direction du trésor (1975-1981).

 

Lors de l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981, il devient directeur adjoint du cabinet de Jacques Delors, ministre de l’Économie et des Finances, qui rassemble autour de lui des catholiques ayant adhéré au PS. En 1983, lorsque Delors réussit à convaincre les socialistes de pratiquer les traditionnelles recettes libérales de gestion de l’économie, Pascal Lamy est envoyé au cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy pour piloter ce « tournant de la rigueur » et veiller à ce que ce ralliement des socialistes aux thèses libérales ne connaisse aucune altération.

 

1985 : Jacques Delors devient président de la Commission européenne ; il choisit Pascal Lamy comme directeur de cabinet et comme « sherpa » (chargé de préparer les réunions du G7). Il le restera pendant les trois mandats de Delors. Durant toute cette période, Lamy siège au comité directeur du PS. Privilégiant, comme son patron, l’Europe économique et monétaire, il va appuyer les démarches de ce dernier afin de réduire les initiatives de la Commission européenne en matière d’environnement, sujet d’irritation grandissante pour le patronat européen.

 

Lorsque Delors quitte la présidence de la Commission européenne, en 1994, Lamy entre au comité de direction du Crédit lyonnais. Il en devient cinq ans plus tard le directeur général et prépare la privatisation de la banque et les licenciements massifs qui l’accompagnent. Désigné par le syndicat CGT comme « celui qui a organisé la casse sociale », on le surnomme «le para », « la brute » ou encore « l’Exocet »2.

 

C’est pendant cette période qu’il préside la commission « prospective » du CNPF, le futur MEDEF. Ce qu’on sait trop peu, c’est qu’il fait partie des conseillers de la branche européenne de la Rand Corporation, le principal think tank (réservoir à penser) du complexe militaro-industriel américain. Il est également membre du conseil d’administration d’un autre think tank basé à Washington : l’Overseas Development Council. Enfin, il est membre du bureau et trésorier de la branche française de Transparency International, une association qui, officiellement, oeuvre en faveur de la transparence des institutions publiques et qui en fait véhicule les thèses de l’État minimum. Elle sert très souvent de paravent à des opérations des services de renseignement américains. On voit où se situent les sympathies de cette personnalité du PS français.

 

En 1999, il est proposé par Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie et des Finances, et Lionel Jospin, Premier ministre, pour siéger au sein de la Commission européenne où il succède à Leon Brittan à la tête du commerce international. Défini par son maître Jacques Delors comme un «moine soldat», le commissaire européen Pascal Lamy met son savoir et son intelligence, en bon social-libéral, au service d’une vision marchande de la société qui, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, contribue à la destruction du modèle européen3.

 

Il inaugure son mandat de manière spectaculaire en proposant de lever l’interdiction d’importer en Europe des semences génétiquement modifiées en provenance des États-Unis. Peu après son entrée en fonction, il déclare devant l’assemblée du Trans Atlantic Business Dialogue (TABD), un des plus puissants lobbies d’affaires (voir ci-après) :

 

« La nouvelle Commission soutiendra [les propositions du TABD] de la même manière que la précédente. Nous ferons ce que nous avons à faire d’autant plus facilement que, de votre côté, vous nous indiquerez vos priorités […]. Je crois que le monde des affaires doit aussi parler franchement et convaincre que la libéralisation du commerce et en général la globalisation sont de bonnes choses pour nos peuples4… »

 

Le 8 juin 2000, à New York, il déclare à l’US Council for International Business : « Nous avons besoin du soutien du monde des affaires au système de l’OMC pour davantage de libéralisation. »

 

Comment faire confiance à un homme qui ose répéter, aujourd’hui, que l’éducation, la santé, la culture ne sont pas menacées par l’AGCS, cet accord de l’OMC qui entend libéraliser tous les secteurs de tous les services ? À Strasbourg, le 6 octobre 1999, il déclarait :

 

« L’OMC doit élargir ses attributions pour englober des questions de société telles que l’environnement, la culture, la santé et la nourriture, qui, à l’instar de la concurrence et de l’investissement, ne peuvent plus être tenues à l’écart du commerce . »

 

Et quand il se trouve à la table des négociations, celui qui en principe est porteur du message proclamé d’humanisme, de solidarité et de générosité de l’Europe se comporte comme le plus implacable, le plus agressif et le plus arrogant des négociateurs. Quand on entend les témoignages de délégations de pays du Sud à ces réunions, on n’a plus le moindre doute sur la réalité de son double langage et sur son adhésion au libéralisme le plus dogmatique5.

 

En 2002 il publie un livre, intitulé L’Europe en première ligne, dans lequel il s’efforce de montrer que, face à la globalisation, l’Europe n’est pas une partie du problème, mais bien une partie de la solution6. Et qu’elle s’emploie à maîtriser cette mondialisation néolibérale. Ce qu’on appelle, dans la préface, «un florilège d’histoires vraies » est, au contraire, une succession d’affirmations purement idéologiques et de demi-vérités, quand il ne s’agit pas tout simplement de contre-vérités. Le livre de Pascal Lamy est un instrument de propagande en faveur de cette Union européenne « qui ne fait pas ce qu’elle dit ».

 

Après la conférence ministérielle de Cancún, à Londres, dans The Guardian, George Monbiot, très célèbre journaliste d’investigation qui est aussi professeur invité à l’université d’Oxford, et qui ne partage pas la complaisance de ses confrères français, écrivait : « S’il y avait un prix Nobel de l’hypocrisie, cette année il serait décerné à Pascal Lamy7. »

 

II. Informations complémentaires

 

Extraites de Geoffrey Geuens Tous pouvoirs confondus. Etat, Capital et Médias à l’ère de la mondialisation,  EPO, 2003, Anvers.

 

p.28-29

On trouve le nom de Pascal Lamy au milieu de la liste des participants (patrons, ministres, propriétaires de journaux, hauts-fonctionnaires du monde entier) à la Conférence annuelle du Groupe de Bilderberg en 2000. Geoffroy Geuens précise que “ les derniers secrétaires généraux de l’OTAN ont tous, sans exception, été présidents ou membres de Bildberg. Et il en va quasiment de même pour les directeurs de puissantes organisations économiques internationales ” comme le GATT, le FMI, l’OCDE, l’OMC et la Banque Mondiale.

 

p.57-58

Du 11 au 12 octobre 2001, Pascal Lamy a participé au sommet du Transatlantic Business Dialogue (“lobby né à l’initiative de la Table Ronde des Industriels européens, du département américain du Commerce et de la Commission européenne ”).

 

p.112

Alors qu’il était encore commissaire européen au Commerce, le passé de Pascal Lamy est résumé ainsi par G. Geuens : “ ancien directeur général du Crédit Lyonnais, ancien membre du comité directeur du Parti Socialiste français, ancien président de la Commission prospective du Medef (patronat français), ancien membre du comité consultatif de RAND Corporation Europe.”

 

Qu’est-ce que la RAND Corporation ? C’est un Think Tank très puissant créé par le Pentagone en 1945 pour que se rencontrent les milieux des affaires, de l’armée et de la politique afin d’élaborer et de recommander la mise en œuvre de politiques (aux USA et partout dans le monde). Politiques, bien entendu, d’inspiration libérale et militariste.

Son financement est privé et public (en 2000, elle a reçu 140 million de $ de subventions publiques).

Elle a compté parmi ses responsables Donald Rumsfeld (ancien président de cette « association ») et Condoleeza Rice (ancienne administratrice). Et aussi le sinistre Franck Carlucci : ancien chef de la CIA, ancien secrétaire d’Etat de Reagan (1987-88), désormais chef de Carlyle Group, énorme fond de pensions qui traite avec les industries d’armement et qui entretient des relations très privilégiées avec la famille royale d’Arabie Saoudite (Georges Bush Sr est conseiller de Carlyle).

 

p.122

Pascal Lamy a siégé dans la section « Le marché élargi dans une économie globalisé » lors du Congrès de 2002 de l’UNICE. L’UNICE est, au niveau européen, le MEDEF de toutes les organisations patronales des Etats européens. Le baron Ernest-Antoinne Seillière en est devenu récememnt le chef en abandonnant la présidence du MEDEF français à Laurence Parisot.

 

p.212

Pascal Lamy collabore au Think Tank “Europartenaires”, qui se propose d’apporter l’appui de la social-démocratie au pouvoir économique national. On y trouve des patrons « progressites » comme Jean Peyrelevade (Crédit Lyonnais, AGF, Bouygues, Club Med, Suez, etc.) ou Antoine Guichard (Casino)

 

 

III. Un détail parmi cent autres

 

Relevé dans Le Figaro et publié [sur site Transnationale.org->http://news.transnationale.org/fr/2005/10/lenqute-moulinex-rebondit-en-italie.html]:

 

« 10 octobre 2005 - L'enquête Moulinex rebondit en Italie. Quatre ans après cette faillite retentissante qui a laissé 1 milliard d'euros de passif et sinistré la Normandie en envoyant 3 000 salariés au chômage, le magistrat boucle ses investigations. Il a déjà mis en examen neuf figures du capitalisme hexagonal, dont Pierre Blayau, patron du club de foot PSG et PDG du logisticien Geodis, pour banqueroute. La justice a appelé en comblement de passif des administrateurs célèbres, tels Pascal Lamy (l'actuel directeur général de l'OMC, ancien dirigeant du Crédit lyonnais), le consultant Alain Minc, Jean-Charles Naouri (PDG de Casino), le banquier Jérôme Calvet et Pierre Dauzier (ancien patron de Havas). »

 

 

 

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Published by conscience politique - dans DSK
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