Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 19:14

 

 

Sauveteur  Un géophysicien français, Jean-Claude Sibuet était à Tokyo le jour du séisme qui a ravagé le Japon. Il a envoyé depuis l'aéroport de Tokyo ce témoignage à son épouse, Myriam Sibuet (voir ici une note sur le recensement de la faune marine mondial à laquelle elle a contribué). Elle me l'a fait parvenir. Le voici sans commentaire de ma part.

«Les 10 et 11 mars 2011, j’ai participé à un séminaire scientifique qui avait pour but de comprendre les mécanismes en jeux expliquant les séismes tsunamogéniques (responsables de tsunamis). L’objectif majeur était d’établir l’état d’avancement des travaux relatifs à la compréhension des mécanismes à l’origine du tremblement de terre du 24 décembre 2004 qui a affecté le nord de l’île de Sumatra et le tsunami associé qui fît plus de 220 000 morts.

Parmi la trentaine de spécialistes réunis à l’Université de Tokyo et venus du Japon, des Etats-Unis, d’Indonésie, d’Allemagne et de France figuraient des sismologues, des géodynamiciens, des géophysiciens et des géologues marins, impliqués non seulement dans cette étude mais aussi dans l’étude des séismes des zones de subduction du Japon et de Nankai, zones d’études déclarées prioritaires par le gouvernement japonais à cause du risque élevé de séismes de magnitude supérieure à 8 et potentiellement tsunamogéniques.

Le 9 mars, jour précédent ce séminaire scientifique, les organisateurs du séminaire m’ont Carte séisme IPGP demandé de donner une conférence au JAMSTEC (équivalent japonais de l’Ifremer) situé dans la baie de Yokosuka, au sud de Tokyo, que j’ai intitulée « Un séisme destructeur avec tsunami associé pourrait se produire dans un proche futur près de l’île d’Ishigaki (située entre l’île d’Okinawa et Taiwan) ». En effet, suite aux études géophysiques marines récentes que j’ai menées dans cette partie de la zone de subduction des Ryukyus en collaboration avec des scientifiques de Taiwan, je tenais à sensibiliser les japonais au risque potentiel majeur d’un prochain séisme tsunamogénique identique à ceux qui se sont produits autrefois, comme celui de 1771 dont la vague de tsunami haute de 30 m fit 12000 morts sur l’île d’Ishigaki et les îles avoisinantes. Je ne pensais pas subir les effets d’un séisme comparable dans sa nature et ses conséquences dès le surlendemain.(graphique à droite, le séisme cartographié par l'IPGP).

Le 11 mars vers 14H50 heure de Tokyo, nos travaux ont été interrompus par les premières arrivées (ondes P, mouvements verticaux) d’un gros séisme. Nous étions dans un bâtiment de l’Université de Tokyo construit en 2010 selon les normes parasismiques en vigueur, donc très sûr. L’arrivée brutale des ondes secondaires de cisaillement (ondes S), m’a vite convaincu qu’il fallait sortir rapidement du bâtiment. J’ai dû me tenir à la rampe pour ne pas chuter dans les escaliers. Malgré un genou défectueux, j’étais le premier dehors. Des centaines de personnes sortaient rapidement des bâtiments, dans le plus grand calme, et se regroupaient sur la pelouse, attendant patiemment les instructions des personnes en charge de la sécurité. Quelques minutes plus tard, alors que nous étions toujours dans la séquence d’oscillations des ondes longues de ce séisme, une première réplique de forte intensité se fît sentir. Je reconnaissais les forts mouvements verticaux des ondes P qui s’additionnaient à ceux du séisme précédent, puis les ondes S de cisaillement, très violentes. L’ampleur de cette première réplique me surprit.

Les sismologues japonais faisaient déjà parvenir par internet, la localisation de l’épicentre du séisme à 130 km au large de la ville de Sendaï qui est à 350 km au nord de Tokyo. Ils précisaient par une première série d’estimations que la magnitude devait être de 7,8, ce qui m’a semblé sous estimé d’après mon expérience de Sumatra, que la profondeur du séisme devait se situer à une vingtaine de km, et qu’un tsunami de l’ordre de 3 m était prévisible, hauteur que je considérais d’emblée elle aussi sous-estimée. Dix minutes plus tard, les premières images du tsunami touchant la terre arrivaient sur les portables, suggérant déjà une ampleur du tsunami beaucoup plus importante que celle initialement estimée.

Une heure plus tard, les secousses devenant plus faibles, nous avons été autorisés à rentrer dans 1-Point-triple-Japon les bâtiments, pour récupérer nos affaires et partir. Le meeting était ajourné. Les trains étant tous arrêtés, je me rendis à pied à l’hôtel situé à 30 minutes de marche. Après avoir envoyé quelques messages rassurants à ma famille, j’ai regardé le site de l’USGS (US Geological Survey) qui donnait une magnitude de 8,9 au lieu de 7,8, ce qui correspond à une énergie libérée plus de 30 fois supérieure à celle initialement estimée. La distribution géographique des répliques montrait que la rupture initiale s’étendait sur 450 km, parallèlement à la zone de subduction et à la côte est du Japon, et qu’elle s’était propagée de part et d’autre de Sendaï, et au sud presque jusqu’à la latitude de Tokyo. Une lecture attentive des caractéristiques de ces répliques, qui arrivaient avec une période moyenne de l’ordre de 10 minutes, me suggérait que ce que j’avais attribué à une très forte première réplique était en fait un séisme relativement proche de Tokyo et ayant probablement contribué à une partie de la rupture initiale.

Au cours de la matinée du 9 mars, 1orsque j’étais au JAMSTEC, un séisme de magnitude 7,2 a eu lieu à une quarantaine de km de celui de Sendai (aussi appelé séisme de Tohoku par les japonais). La terre tremblait, les rideaux des fenêtres oscillaient, mais rien à voir avec les mouvements déclenchés par le séisme de Tohoku du 11 mars. Les sismologues japonais se sont tout de suite posé la question de savoir si ce séisme n’était pas en fait un prémonitoire du séisme de Tohoku, autrement dit si ce séisme n’avait pas été à l’origine du déclenchement du séisme de Tohoku. De même, les sismologues japonais se posent aujourd’hui la question de savoir si le séisme de Tohoku ne va pas déclencher dans les mois à venir le séisme tsunamogénique qu’ils redoutent tant, au large de la péninsule de Boso donc de Tokyo. En effet, comme dans le cas du séisme de Nias (25 mars 2005) dont la zone de rupture est immédiatement adjacente au sud de celle du grand séisme de Sumatra (24 décembre 2004), et aurait été déclenché par ce dernier, le séisme de Tohoku, ne va-t’il pas lui aussi déclencher une rupture majeure, dans la prolongation de celle du séisme de Tohoku ?

 

Au lendemain du séisme, l’estimation du nombre des victimes de l’ordre du millier de personnes est probablement très sous-estimée. Je rends hommage au comportement adulte, discipliné et exemplaire de tous les japonais, afin de minimiser les effets dévastateurs de ce séisme sur leur vie quotidienne et celle de leurs hôtes. Même à l’aéroport de Tokyo-Narita partiellement fermé suite aux dégâts du séisme, ce comportement exemplaire, associé à une anticipation raisonnée de telles situations, a permis une reprise progressive de l’activité aérienne et ce, malgré l’arrivée continue de répliques. Ni panique, ni bousculade, ni foule dense agacée par l’impréparation des autorités aéroportuaires comme celle que nous avons vécue fin 2010 à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, suite à des intempéries ma foi bien prévisibles, elles.

Aéroport de Tokyo, 12 mars 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nucléaire

Selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN), la piscine de stockage du combustible usé du réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi au Japon constitue la principale préoccupation. Si l'incendie qui s'est déclaré le 15 mars a été éteint, l'ossature du bâtiment est fortement endommagée et l'état du combustible stocké n'a pas pu être déterminé. Le niveau d'eau dans les piscines continue de diminuer ce qui pousse les autorités japonaises à rechercher des moyens de les remplir.

Sur le réacteur n°2, la fusion partielle du coeur est confirmée, précise l'ASN. L'exploitant poursuit l'opération de refroidissement du cœur par injection d'eau de mer autant que possible mais la perte d'intégrité de l'enceinte de confinement serait à l'origine de l'augmentation significative des rejets radioactifs détectés de manière ponctuelle en limite du site.

Pour les réacteurs n°1 et 3, la fusion partielle du coeur est confirmée. Le refroidissement par injection d'eau de mer se poursuit mais l'enceinte de confinement du réacteur n°3 pourrait avoir été endommagée, selon le gouvernement japonais.

Enfin, dans les réacteurs n°5 et 6, à l'arrêt pour maintenance lors du séisme, le refroidissement des réacteurs est assuré par la circulation d'eau mais une augmentation de la température de l'eau des piscines stockant le combustible est observée.

L'évacuation des populations se termine

Le 15 mars, les mesures d'évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale ont été pratiquement achevées et les autorités japonaises ont demandé la mise à l'abri de la population dans un rayon de 30 km. Le survol de cette zone est désormais interdit.

La radioprotection des travailleurs sur le site est très préoccupante notamment en ce qui concerne le niveau de rayonnement en salles de commande. Une élévation provisoire du niveau de radioactivité pendant environ une heure a conduit à une évacuation provisoire de la centrale.

 

 

 

 

 

 

 

Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement

Une semaine après les catastrophes qui ont touché le Japon, les autorités locales continuent leur course effrénée au refroidissement des centrales nucléaires. À l'international, les premières simulations de nuage radioactif font leur apparition.

Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement (© Google Maps) La centrale de Fukushima Daini avant le séisme

Le refroidissement de la centrale de Fukushima I (Daiichi) touchée par le séisme et le tsunami qui ont ravagés le Nord est du Japon la semaine dernière, mobilise plus que jamais l'exploitant TEPCO et les autorités locales. Selon le dernier bilan de l'IRSN et de l'ASN publié le 17 mars au matin, les efforts se portent sur les piscines contenant les combustibles usés. Au total, dans les piscines des réacteurs 1 à 4, respectivement 292, 587, 514 et 1.500 assemblages de combustibles sont actuellement entreposés.

Si dans les réacteurs 1 et 2, il semble qu'il n'y ait pas d'ébullition, la piscine du réacteur 3 bout. Des largages d'eau par hélicoptères ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 mars (heure de Paris). "Environ 7,5 tonnes d'eau ont été lâchées à chaque passage mais une part importante de l'eau n'a probablement pas atteint sa cible", explique l'IRSN. "L'absence de panache de vapeur au-dessus du bâtiment laisse penser que l'opération a été efficace. Cependant, cela ne permet que de retarder très légèrement la dégradation de la situation", ajoute toutefois l'institut. L'IRSN suspecte une perte d'étanchéité du fond de la piscine.

La piscine du réacteur 4 est également entrée en ébullition. Selon les autorités japonaises, le survol par hélicoptère a permis de constater qu'il y restait de l'eau mais des informations contradictoires sont parvenues des autorités américaines. Selon l'IRSN, "ces informations sont sujettes à caution". Une intervention par camion citerne est envisagée pour assurer l'appoint en eau de ces piscines.

Dans les piscines des réacteurs 5 et 6, la température de l'eau augmente lentement mais le niveau d'eau est contrôlé. En revanche, l'IRSN s'interroge sur l'état de la piscine de stockage commune qui contiendrait 6.200 assemblages qui doivent également être refroidis même si la puissance d'énergie dégagée est plus faible que pour les autres combustibles usés.

Situation des réacteurs

Au niveau des réacteurs, la situation reste critique. Si sur le site de Fukushima II (Daini) les quatre réacteurs ont atteint les conditions d'arrêt normales sans dégradation du combustible, à Fukushima I (Daiichi) le réacteur 1 a été endommagé à hauteur de 70% selon l'exploitant. L'enceinte de confinement est restée intacte mais l'injection d'eau reste nécessaire pour limiter la hausse de température. La dépressurisation régulière de l'enceinte se poursuit et chaque ouverture entraîne de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l'environnement. La situation est similaire pour le réacteur 3 même si le combustible a été peu endommagé. La perte d'étanchéité de l'enceinte de confinement n'a pas été confirmée.

Le combustible du réacteur 2 a quant a lui fusionné à hauteur de 33% mais il est maintenant sous l'eau. L'enceinte de confinement est endommagée mais l'IRSN estime que finalement "il ne semble pas que l'étanchéité soit remise en cause", du fait d'une pression fluctuante à l'intérieur du bâtiment. Des dépressurisations de l'enceinte de confinement sont d'ailleurs prévues et rejèteront elle aussi des produits radioactifs.

Pour le réacteur 4 dont la partie supérieure du bâtiment a explosé, l'IRSN précise seulement que la salle de commande est très irradiante ce qui limite le temps de présence des intervenants. Enfin pour les réacteurs 5 et 6 à l'arrêt pour maintenance lors du séisme, le refroidissement des réacteurs est assuré mais l'IRSN n'a pas d'information sur la présence de combustible dans le coeur du réacteur.

Le rétablissement de l'électricité à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, qui permettrait de relancer le refroidissement des réacteurs, sera possible vendredi au plus tôt, annonce jeudi Tokyo Electric Power (Tecpo). L'opérateur de la centrale nucléaire espère rétablir l'électricité sur le site via une ligne de haute tension et relancer ainsi les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs et les barres de combustible usé.

Premières simulations de nuage radioactif

Pendant que les japonais se démènent sur leurs centrales nucléaire, les premières simulation du déplacement de la radioactivité au départ du Japon font leur apparition. La Nuclear Regulatory Commission (NRC) américaine prévoit que les particules radioactives qui s'échappent du réacteur nucléaire japonais Fukushima seront emportées par le vent vers l'Amérique du Nord très haut dans l'atmosphère et devraient atteindre la Californie vendredi mais elle estime que ces particules ne représentent pas un réel danger pour la santé.

Du côté français, des pastilles d'iode pourraient être envoyées aux populations de Saint-Pierre Miquelon.

 

 

 

Le Japon luttait jeudi par tous les moyens pour tenter de refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima, mais le pessimisme ne cessait de se renforcer dans le monde, provoquant une fuite en nombre des étrangers de Tokyo.
Six jours après le séisme le plus fort jamais enregistré au Japon et l'énorme tsunami qui l'a suivi, le nombre de morts confirmés a dépassé 5.000. Les recherches se poursuivaient, dans la neige et le froid, pour retrouver des milliers de disparus.
Les autorités devaient également faire face à l'impatience grandissante des 500.000 personnes sinistrées, confrontées à des pénuries d'eau potable et de vivres malgré la mobilisation sans précédent de 80.000 soldats, policiers et secouristes dans le nord-est dévasté.
Mais c'est la crise nucléaire, la plus grave dans le monde depuis Tchernobyl en 1986, qui suscite l'inquiétude.
Pour la première fois, quatre hélicoptères de l'armée japonaise ont déversé jeudi matin plusieurs tonnes d'eau de mer sur les réacteurs les plus endommagés, principalement le 3. Cinq camions citernes spéciaux de l'armée sont également entrés en action en fin de journée.
L'objectif était notamment de remplir d'eau la piscine de stockage du combustible usagé qui a été endommagée par une explosion et des incendies.
Les autorités n'étaient pas en mesure dans la soirée de déterminer si l'opération avait permis de remplir la piscine, faute de pouvoir l'observer de visu. "Nous étudions avec attention les relevés", a simplement indiqué le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano.
Des experts étrangers s'inquiètent aussi pour la piscine de désactivation du réacteur 4, qui serait quasiment asséchée, ce qui a pour effet de provoquer des niveaux "extrêmement élevés" de radiations, selon le président de l'Autorité américaine de régulation nucléaire (NRC), Gregory Jaczko.
La fusion de ce combustible pourrait entraîner des rejets de radioactivité de même ampleur que la catastrophe de Tchernobyl, estiment les experts.
La firme Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite Fukushima 1, espérait rétablir rapidement l'alimentation en électricité de la centrale, ce qui "permettrait de remettre en route les pompes refroidissant les réacteurs et de remplir les piscines".
Les équipes de Tepco ont oeuvré dans ce but une bonne partie de la journée, mais l'opération n'a pu être achevée jeudi et elle se poursuivra vendredi, selon l'Agence de sûreté nucléaire japonaise, citée par l'agence de presse Kyodo.
La Russie a annoncé qu'elle était prête à apporter tout type d'aide au Japon, y compris pour combattre les incendies à Fukushima 1.
Les Etats-Unis ont envoyé une équipe de militaires spécialistes des risques nucléaires pour "évaluer" la situation provoquée par les émanations radioactives de Fukushima 1 et ont fourni au gouvernement japonais des combinaisons de protection.
La France a proposé des pompes, des engins robotisés et une aide à la radioprotection.
Devant la menace d'un accident nucléaire majeur, la plupart des ambassades ont recommandé à leurs ressortissants de s'éloigner de la zone pour se replier vers le sud, dans la région d'Osaka, ou bien de quitter le Japon.
La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Australie ont également conseillé à leurs ressortissants de quitter le nord et la région de Tokyo. La France, comme la Belgique et la Russie, va envoyer des avions supplémentaires afin d'évacuer les familles souhaitant quitter le pays.
La Chine a demandé au Japon de fournir des informations "opportunes et précises" afin de calmer une opinion publique inquiète de l'arrivée dans le pays d'éventuels rejets radioactifs.
L'ambassade des Etats-Unis a fixé la zone de risque à 80 km autour de la centrale.
Les autorités nippones n'ont pour l'instant établi un périmètre de sécurité que de 30 km, et le gouvernement a affirmé mercredi que les radiations au-delà de la zone d'exclusion des 20 km "ne posent pas de danger immédiat pour la santé".
Par précaution, 10.000 personnes de la préfecture de Fukushima seront soumises à des tests de radioactivité dans 26 centres d'examen.
Alors qu'un vent de panique souffle de l'étranger, la population japonaise, notamment à Tokyo, reste étonnamment calme et disciplinée, dans l'attente de nouvelles instructions du gouvernement.
Les vents devraient rester favorables jeudi et repousser vers l'océan Pacifique les rejets radioactifs de la centrale.
En revanche, un froid intense et d'importantes chutes de neige ont encore dégradé les conditions de vie et de travail pour les sinistrés et les secouristes. "Beaucoup d'entre eux n'ont pas de vêtements adaptés et le chauffage est insuffisant. Le temps froid devrait durer jusqu'à la fin de la semaine", a indiqué l'ONU, en qualifiant la situation d'"extrêmement difficile".
"Le froid aggrave la santé des patients âgés. Je vais tenter de les garder en vie jusqu'à ce qu'ils puissent être transférés", a témoigné Morisada Moriwaki, directeur d'un hôpital de la ville de Kesennuma.
De plus, des coupures d'électricité pourraient affecter l'est du pays si la consommation n'était pas réduite, a averti le ministre de l'Industrie.
Le bilan officiel du séisme et du tsunami du 11 mars s'établissait jeudi soir à 5.457 morts et 9.508 disparus. Mais dans la seule ville d'Ishinomaki, le nombre de disparus s'élèverait à 10.000, selon un responsable local.
Le yen a atteint un nouveau record depuis la Seconde guerre mondiale face au dollar, des investisseurs spéculant sur l'éventuel rapatriement massif de fonds par les compagnies d'assurance japonaise.
Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que le Japon avait les moyens de faire face aux défis de la reconstruction, malgré l'immensité des dévastations subies.
"L'économie du Japon est robuste, la société japonaise est riche, et le gouvernement dispose de toutes les ressources financières pour faire face à ces besoins", a déclaré Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI.

 

Par conscience politique - Publié dans : Catastrophes
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Commentaire n°1 posté par Clovis Simard le 09/06/2012 à 13h58

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