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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:42

Un biologiste japonais réputé, Akira Iritani, s’apprête à utiliser les techniques du clonage pour faire naître un mammouth. « Les préparatifs sont terminés » a-t-il expliqué à la presse.

Il lui manquait un mammouth. Il l’a trouvé. Alors il le fait. Akira Iritani, professeur à l’université de Kyoto, veut cloner un de ces pachydermes éteints depuis quelques milliers d’années et confier l’embryon à une éléphante. Le scénario n’est pas loin de celui de Jurassic Park… En 2002, ce biologiste japonais avait cherché à obtenir un cadavre de mammouth congelé dans le pergélisol pour tenter l’expérience mais était rentré bredouille de Sibérie.

Akira Iritani, 83 ans, n’a rien d’un farfelu. Ce généticien, pionnier des fécondations in vitro dans les années 1970, est connu pour avoir, en 2004, inséré des gènes d’épinards dans des cellules de porc, une expérience restée dans les mémoires comme la première hybridation entre un animal et une plante.

Aujourd’hui, enfin, un laboratoire russe a donné son accord pour confier un mammouth laineux retrouvé congelé et maintenu en l’état. Iritani s’est associé à un spécialiste russe des mammouths, à deux biologistes des États-Unis, spécialistes, eux, des éléphants, ainsi qu’à Minoru Miyashita, de l’université de Kinki (Japon).

Le chercheur japonais veut s’appuyer sur un précédent spectaculaire : l’obtention de souris vivantes à partir de cellules congelées. En 2008, l'équipe de Teruhiko Wakayama, du Centre de biologie du développement Riken (Kobe) a en effet réussi l’exploit de cloner des cellules prélevées sur des souris mortes et congelées, seize ans auparavant pour les plus anciennes.

Un biologiste du Mammoth Genome Project en plein séquençage d'ADN de mammouth.
Un biologiste du Mammoth Genome Project en plein séquençage d'ADN de mammouth. © S.C. Schuster & Colleagues/Mammoth Genome Project

Un ADN, oui, mais dans quel état ?

Bien sûr, ces cellules étaient en parfait état, ce qui est loin d’être le cas de celles de ce mammouth mort il y a des milliers d’années (l’âge du fossile n’est pas indiqué). Les chercheurs n’auront à se mettre sous le scalpel que des tissus très dégradés, dans lequel l’ADN risque d’être très mal conservé. On peut mesurer la difficulté en se souvenant des travaux réalisés sur le génome de l’Homme de Neandertal, en 2006 par Catherine Hänni du laboratoire Paléogénétique et évolution moléculaire (CNRS, école normale supérieure de Lyon), et en 2009 par Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck (Leipzig, Allemagne). Quant au mammouth laineux, le meilleur score actuel est un séquençage de 75 % du génome, réalisé par deux généticiens du Mammoth Genome Project.

Mais Akira Iritani y croit, comme il vient de l’expliquer à un journal japonais, Yomiuri Shimbun et au britannique Telegraph. Le biologiste va donc tenter, une fois l’ADN extrait, de l’injecter dans des ovocytes d’éléphantes, préalablement énucléés. Minoru Miyashita a fait le tour des zoos japonais pour obtenir ces cellules prélevées sur des éléphantes venant juste de mourir.

Ces ovocytes seront mis en culture pour se développer en embryons. L’un d’entre eux au moins sera implanté dans l’utérus d’une éléphante, qui aura 22 mois pour mener à bien une gestation et accoucher, peut-être, d’un bébé mammouth, premier de son espèce à ouvrir les yeux depuis des millénaires. « Dans cinq ou six ans », a expliqué Akira Iritani au Yomiuri Shimbun, ou bien peut-être « dans quatre ans », comme il l’a dit au Telegraph.

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Published by conscience politique - dans Catastrophes
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