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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 21:51

Violents affrontements en Egypte : Le pro-Moubarak sont des policiers

image Soldat égyptien au dessus d'un véhicule militaire sur la Place Tahrir, au Caire.

 

Des partisans du président égyptien ont chargé les manifestants anti-Moubarak dans le centre du Caire, avant d'être encerclés par la foule.

Un vent de colère souffle sur l'Égypte. Malgré des affrontements avec des partisans du raïs, les manifestants anti-Moubarak ont déclaré qu'ils ne quitteraient pas la place Tahrir du Caire tant que le président Hosni Moubarak ne serait pas parti.

 

La situation s’est brusquement envenimée mercredi au Caire, quand des militants pro-Moubarak ont violemment chargé des manifestants réclamant le départ du raïs sur la place Tahrir. On dénombre plusieurs blessés.

Au neuvième jour des manifestations sans précédent que connaît l’Égypte, de violents heurts ont éclaté en début d’après-midi sur la place Tahrir (Libération), au Caire, entre des centaines de partisans du président Hosni Moubarak et des milliers de manifestants réclamant son départ. Même si certains militaires appelaient au calme debout sur leur char gardant l’entrée de la place, l'armée n’est pas intervenue pour séparer les manifestants qui se battaient à mains nues ou à coups de bâtons et de jets de pierres, voire « d’objets métalliques ».

Des pro-Moubarak ont chargé les opposants à dos de cheval et de chameau, avant d'être désarçonnés et battus. Les affrontements ont fait au moins 10 blessés. « Des pro-Moubarak et la police secrète habillée en civil ont envahi la place pour faire cesser la révolte », a accusé un manifestant, Mohammed Zomorj, tandis que les opposants criaient « Moubarak est devenu fou ».

Moubarak ne convainc pas plus que Ben Ali

Ces événements surgissent après une matinée tendue, au cours de laquelle les manifestants ont accusé des policiers en civil d'être entrés en force sur la place. Peu auparavant, l'armée égyptienne avait appelé les manifestants à rentrer chez eux, dans un communiqué lu à la télévision d'État. La veille au soir, Moubarak avait prononcé un discours solennel annonçant qu'il ne se représenterait pas à la présidentielle prévue en septembre.

Mais Moubarak n’a vraisemblablement pas convaincu, pas plus que ben Ali, le 13 janvier au soir, la veille de sa chute. Les contestataires ont décidé de poursuivre leur mouvement, et ont confirmé un appel à de nouveaux rassemblements massifs vendredi, journée baptisée « vendredi du départ » par le porte-parole de l’opposition, Mohamed el-Baradei.

Le régime égyptien semblait pourtant avoir lâché du lest mercredi, après avoir annoncé que le Parlement égyptien avait suspendu ses séances jusqu'à la révision des résultats des dernières législatives, marquées par de nombreuses fraudes et violences. L'accès à internet avait également été partiellement rétabli en milieu de journée. Le couvre-feu en vigueur depuis vendredi dans la capitale égyptienne ainsi qu'à Alexandrie (nord) et à Suez (est), sera en outre allégé à partir de mercredi, commençant à 17h00 (15h00 GMT) au lieu de 15h00 actuellement et se terminant à 07h00 (05h00 GMT) contre 08h00 jusqu'ici, a indiqué la télévision publique dans un bandeau.

 

L'armée égyptienne demande la fin des manifestations

L'armée égyptienne a demandé mercredi aux manifestants de mettre fin à leurs actions, affirmant que leur message avait été entendu et qu'il fallait désormais faciliter le retour au calme.

Au lendemain de l'allocution télévisée du président Hosni Moubarak, 82 ans, qui a décidé de ne pas briguer un septième mandat à l'élection présidentielle de septembre mais veut garder jusque-là les rênes du pouvoir pour assurer la transition, au moins 1.500 personnes se sont de nouveau rassemblées place Tahrir, dans le centre du Caire, pour réclamer le départ du "raïs".

"Le peuple exige la chute du régime", lisait-on sur une banderole de 20 mètres de long déployée sur la grande place, point de ralliement de la contestation depuis le 25 janvier.

Le couvre-feu a été allégé et court désormais de cinq heures du soir à sept heures du matin, au lieu de 15h00 à huit heures du matin, et internet a commencé à être rétabli au Caire et dans d'autres villes comme Alexandrie.

Malgré ces mesures d'apaisement, l'opposition continue à exiger le départ de Hosni Moubarak et a redit qu'elle ne voulait dialoguer qu'avec le vice-président Omar Souleimane. Elle a appelé à la poursuite des manifestations place Tahrir et a décidé le maintien de son grand rassemblement de vendredi.

Mardi, des manifestations ont rassemblé plus d'un million de personnes à travers le pays. Cette journée de mobilisation, après une semaine de manifestations qui ont fait 300 morts et plus de 3.000 blessés selon l'Onu, a confirmé l'ampleur d'un mouvement qui ne cesse de se renforcer.

"Les forces armées vous lancent un appel (...) Vous êtes descendus dans la rue pour faire entendre vos exigences et vous seuls êtes en mesure de permettre le retour à la vie normale", a déclaré mercredi à la télévision un porte-parole de l'armée, ajoutant que les demandes des manifestants avaient été entendues.

APPELS INTERNATIONAUX À UNE TRANSITION IMMÉDIATE

L'armée avait d'ores et déjà jugé "légitimes" lundi les revendications de la population et fait savoir qu'elle ne tirerait pas sur la foule.

A quelques heures d'intervalle, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de trente ans, et Barack Obama ont reconnu mardi que les changements politiques étaient inéluctables en Egypte.

Depuis le début de cette crise politique, les Etats-Unis se montrent prudents à l'égard de leur allié égyptien, pièce essentielle dans le jeu diplomatique au Proche-Orient. L'Egypte joue le rôle d'un contrepoids à l'influence de l'Iran et est un des deux Etats arabes à avoir signé une paix avec Israël.

Face à la contestation croissante, Barack Obama est intervenu directement dans la crise mardi soir, estimant que le changement politique devait débuter immédiatement en Egypte.

Le président américain a fait une brève allocution à la Maison blanche, après un entretien téléphonique d'une demi-heure avec Hosni Moubarak.

"Ce qui est clair et ce que j'ai indiqué au président Moubarak est que mon sentiment est que la transition politique doit être profonde, qu'elle doit être pacifique et qu'elle doit commencer maintenant", a dit Barack Obama, qui a demandé à l'armée égyptienne de garder son attitude de neutralité.

Le président français Nicolas Sarkozy a lui aussi exhorté Hosni Moubarak à engager "sans tarder" un processus de transition "concret" et sans violence. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a tenu le même langage.

Interrogé par la BBC, le ministre égyptien des Finances, Samir Radouane, a affirmé que le nouveau gouvernement était disposé à dialoguer avec tout le monde, y compris avec les Frères musulmans.

Pour sa part, le président du parlement égyptien a jugé que les réformes constitutionnelles promises par le "raïs" devaient être réalisées dans les deux mois et demi.

Lors de son allocution mardi soir, Hosni Moubarak a exclu de quitter un jour son pays, comme l'a fait le président tunisien Zine ben Ali le mois dernier.

L'opposant Mohamed ElBaradeï, rentré la semaine dernière d'Autriche pour prendre part aux manifestations, a dénoncé une ruse après le discours du président, dont il réclame toujours la démission immédiate.

(Avec Afp, Reuters)

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Published by conscience politique - dans Egypte
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