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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 14:26

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Le fonctionnement du système médiatique français a ceci de particulier qu'il n'autorise plus le traitement d'une information à entrées multiples. C'est le cas avec le débat qui a lieu autour de Manuel Valls et des 35 heures depuis quarante-huit heures.

Des 45 minutes de blabla de Valls à Europe 1, le système n'a retenu que la sortie vallsienne relative au 35 heures qu'il faut "déverrouiller". Chacun ayant compris la manip' ("je dis du mal de mon parti pour faire causer de ma personne"), tentons d'aller plus loin.

Car il est un autre aspect de l'intervention de Manuel Valls que le "système" passe sous silence. Le député-maire d'Evry n'a pas seulement tapé sur Aubry et Royal, qu'il juge complètement "has been", il a également louangé le rapport que Dominique Strauss-Kahn entretient avec les Français par sondages interposés. (à écouter sur la bande son en lien ICI à partir de la 41.45')

Citation : "Si DSK est aujourdhui en haut des sondages, c'est parce qu'il incarne aux yeux des Français, une gauche responsable, moderne, social-démocrate si vous voulez, parce que les Français savent que les grandes questions de notre pays se traitent au niveau international et européen. Tout ça est très loin d'un certain populisme qui existe à gauche."

A partir de là, extrapolons un peu.

A ce jour, qui peut croire, au cas notamment où Dominique Strauss-Kahn serait candidat, que Manuel Valls soit politiquement en mesure d'aller au bout de sa candidature aux Primaires ? Les échos qui me parviennent du PS profond lui sont plus que défavorables, voire hostiles. Et les sondages montrent qu'en dépit de ses sorties, l'idée qu'il puisse être un candidat crédible à la présidence de la République est une lubie.

A ce jour, qui ne serait pas tenté de croire que Manuel Valls, discrètement et habilement, tente de camoufler les préparatifs d'un éventuel ralliement à DSK, le seul des grands prétendants à l'investiture qui ne sera pas tenté de le ranger dans un beau placard en cas de victoire en 2012, en le couvrant de louanges pour le moment inaudibles car masquées par le tohu-nohu qu'il organise autour de ses provocations ?

On imagine déjà la déclaration en juin prochain. "Je renonce à la candidature car Dominique est aujourd'hui le mieux placé pour permettre à la gauche de l'emporter. J'ai toujours dit que cette candidature était celle que souhaitaient les Français et j'ai toujours reconnu les grandes compétences de Dominique Strauss-Kahn. Il est aussi, comme je l'ai dit dès janvier dernier, celui qui, fort de son expérience internationale, est le mieux à même de réprésenter les orientations que j'ai défendues tout au long de ma précampagne. Ces idées ont progressé dans le pays. Je serai heureux de les porter au service de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, candidature de la modernité et de la responsabilité. "

Et voilà comment il est possible de transformer une candidature bulle de savon en phénomène médiatique, le tout en orchestrant un ralliement politiquement inutile en événement médiatiquement majeur. Car n'en doutez pas : si le scénario envisagé ici est le bon, une bonne partie de l'appareil des journalistes politiques français tombera dans le panneau et célébrera "ce grand renfort de poids" en faveur de DSK.

Evidemment, une question ne peut manquer de se poser : Valls roule-t-il déjà pour DSK et tout cela est-il concerté ?

D'un certain point de vue, peu importe la réponse. La vraie question, qui se posera bientôt, c'est de savoir si, au cas où il serait candidat, DSK ne se verra pas obligé de traîner aux yeux d'une bonne partie de l'électorat socialiste un boulet nommé Manuel Valls. Un boulet du genre qui ferait gagner des voix à Mélenchon et qui pousserait dans l'absention de précieuses voix qui n'ont pas envie, comme l'a dit fort justement Benoît Hamon, que des socialistes leur vendent un retour à la situation sociale de la fin du septennat Giscard comme incarnation de l'idée du progrès social au début du 21e siècle.

Pour le moment, Valls ne fait pas gagner une seule voix au PS, pas plus qu'il n'en ferait gagner à un DSK candidat (ou Aubry, ou Royal, ou Hollande). En revanche, il en fait déjà perdre beaucoup, et il peut encore faire mieux.

PS : en prime, une de ces blagues qui fleurissent en ce moment au PS sur le cas Valls : "Si la gauche gagne en 2012, Valls fera-t-il partie des ministres d'ouverture ?"

En prime bonus , la prestation de Valls ce matin, sur RTL, lisant ses fiches pour tenter d'expliquer qu'il faut travailler plus parce que cela augmentera les salaires. Valls ne fait pas que du sarkozysme économique, il sait aussi faire du sarkozysme médiatique. Combien de semaines de storytelling sont ainsi prévues autour de l'histoire "Manuel déverrouille les 35 heures" ?

link 

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Le-grand-rendez-vous/Sons/Le-grand-rendez-vous-avec-Manuel-Valls-02-01-11-357647/

 

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Published by conscience politique - dans Parti Politique Calais
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