Catastrophes

Lundi 4 avril 1 04 /04 /Avr 07:55

Du plutonium dans le sol (Photo livrée par Tepco d'ouvriers à l'extérieur de la centrale de Fukushima Daiichi / Reuters)

 

Mardi 29 mars, 10h

Le premier ministre japonais, face à des parlementaires furieux de sa gestion de la crise, assurait que le gouvernement était "en état d'alerte maximum". Naoto Kan concédait une nouvelle fois que la situation restait "imprévisible".

Les risques de catastrophe écologique et de pollution de la chaîne alimentaire étaient renforcés après la découverte de traces de plutonium dans 5 prélèvements de terre sur le site de la centrale nucléaire endommagée. Pour le porte-parole du gouvernement japonais "le plutonium vient probablement des barres de combustible".

Tokyo Electric Power (Tepco), l'opérateur du site, essayait de rassurer en soulignant que les taux mesurés ne représentaient aucun danger pour la santé.

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Vendredi 1 avril 5 01 /04 /Avr 10:45

600 millions d'euros manquent pour le nouveau sarcophage de Tchernobyl

Le sarcophage existant sur le réacteur 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, le 24 février 2011 © AFP/Archives Sergei Supinsky

31/03/2011 5:46 pm

TCHERNOBYL (Ukraine) (AFP) - Il manque environ 600 millions d'euros sur un total de plus d'un milliard et demi pour financer les travaux en vue de la construction du nouveau sarcophage à la centrale nucléaire accidentée de Tchernobyl, ont déclaré jeudi les autorités ukrainiennes.

"Le programme complet de travaux est actuellement évalué à 1 milliard 540 millions d'euros, dont 990 millions d'euros pour le seul sarcophage", a souligné Volodymyr Kholocha, le directeur de la zone d'exclusion, au cours d'une visite organisée pour la presse.

Il a souligné que les dépenses annexes concernaient les travaux de préparation, de décontamination du site, et l'installation de systèmes de sécurité nucléaire.

"Des dons d'environ 940 millions d'euros ont déjà été annoncés et rassemblés dans le fonds de Tchernobyl; le manque s'élève donc à environ 600 millions d'euros", a ajouté M. Kholocha.

Selon lui, 600 millions d'euros ont déjà été dépensés pour les travaux.

Le sarcophage actuel, construit dans l'urgence après la catastrophe de 1986, provoque "un peu de rejets, mais leur quantité est insignifiante", a-t-il affirmé.

Ce sarcophage "peut tenir encore 15 ans" après les travaux de consolidation qui ont été réalisés, a dit M. Kholocha, qualifiant la situation écologique dans la zone de "stable" et affirmant qu'elle ne suscite "pas de craintes".

La centrale ukrainienne, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, fut le théâtre de la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire lorsque son quatrième réacteur explosa en avril 1986, contaminant une bonne partie de l'Europe, en particulier de vastes régions de l'Ukraine, du Bélarus et de la Russie.

Le réacteur accidenté a été recouvert en 1986 d'une chappe de béton, mais cette installation est fissurée et ne peut pas être considérée comme sûre.

Un consortium formé par les sociétés françaises Bouygues et Vinci a remporté en 2007 un appel d'offres pour la construction d'un nouveau sarcophage étanche financée par un fonds international géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

Cette nouvelle enceinte de confinement, une grande arche de 108 mètres de haut et d'un poids de 20.000 tonnes, sera assemblée à côté, puis glissée au-dessus du sarcophage existant.

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Mercredi 30 mars 3 30 /03 /Mars 15:17

 A 120 kilomètres au nord des installations nucléaires en péril de Fukushima, une autre centrale atomique, également frappée par le séisme et le tsunami du 11 mars, inquiète désormais ses riverains.

 

La centrale d’Onagawa, située dans une baie de la péninsule d’Ojika (nord-est du Japon), ne fonctionne plus depuis la double catastrophe, dont elle est sortie avec des dégâts limités et un début d’incendie vite éteint.

La société qui l’exploite, Tohoku Electric Power, assure que ses trois réacteurs ne sont pas dangereux.

La température du combustible est sous contrôle, insiste-t-elle, et le niveau des rayonnements est "relativement bas".

Mais ces déclarations rassurantes ne suffisent pas à calmer l’anxiété de certains habitants, qui redoutent un "autre Fukushima".

L'info en continu

13h43. Le constructeur d’automobiles japonais Nissan a annoncé mercredi qu’il espérait que sa production retrouverait un rythme normal au Japon d’ici à la mi-avril, soit environ un mois après le séisme et le tsunami du 11 mars.

13h37. La zone d’évacuation de la population autour de la centrale accidentée de Fukushima devrait être rallongée d’au moins 10 kilomètres en raison de la radioactivité, a estimé mercredi Greenpeace qui s’attend à une hausse des cancers dans cette région du nord-est du Japon.

13h28. Un court-circuit s’est produit dans la salle des machines d’un réacteur de la deuxième centrale de Fukushima, mais sans causer de dégâts, a déclaré l’opérateur du site.

12h48. La rencontre entre la ministre suisse de l’Energie Doris Leuthard et la ministre française de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet prévue vendredi pour discuter de la sûreté des installations nucléaires a été annulée. La ministre française accompagne en effet le président français Nicolas Sarkozy en Asie et restera notamment au Japon.

12h14. A 120 kilomètres au nord des installations nucléaires en péril de Fukushima, une autre centrale atomique, également frappée par le séisme et le tsunami du 11 mars, inquiète désormais ses riverains, certains envisageant même d’abandonner les lieux.

11h40 Les quatre majors du disque (Universal, EMI, Sony et Warner) se sont associées pour publier le 4 avril une compilation réunissant 38 tubes internationaux, afin de venir en aide aux victimes du séisme et du tsunami au Japon.

11h30 Pour éviter toute contamination radioactive, des ports d’Europe, dont celui de Hambourg, exigent des mesures de précaution concernant les bateaux ayant navigué au Japon, rapporte le quotidien Financial Times Deutschland.

10h05 Le gouvernement japonais a ordonné un contrôle urgent de tous les réacteurs nucléaires du pays. Il entend ainsi s’assurer qu’ils ne rencontrent pas un jour les mêmes avaries que celles endurées par la centrale de Fukushima.

10h00 Mus par le désir d’aider les victimes du tremblement de terre meurtrier au Japon, un groupe de blogueurs et d’écrivains se sont réunis via l’internet pour créer un livre d’histoires sur la catastrophe. Le résultat, "Quakebook", est une émouvante collection de photos, souvenirs et réflexions sur le terrible tremblement de terre et le tsunami du 11, oeuvre collective qui démontre la puissance du Web pour unir les gens autour du monde.

8h05 Le Japon étudiait mercredi toutes les options pour réduire les émissions radioactives et évacuer des tonnes d’eau contaminée à la centrale de Fukushima, y compris recouvrir les réacteurs d’une bâche spéciale ou utiliser les réservoirs d’un tanker.

6h01 Le PDG de Tepco, Masataka Shimizu, a été hospitalisé mardi pour hypertension et vertiges. C’est désormais le président de cette société, Tsunehisa Katsumata, qui est aux commandes, a annoncé mercredi un responsable de l’exploitant de la centrale accidentée de Fukushima-Daiichi.

5h58 Le président américain et le Premier ministre japonais sont convenus de coopérer étroitement sur la crise nucléaire née de la situation dans la centrale accidentée de Fukushima. Barack Obama et Naoto Kan se sont entretenus par téléphone mardi. 

4h37
 Un taux d’iode radioactif 3355 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l’eau de mer prélevée à 300 mètres au sud de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. L’information a été rapportée mercredi l’agence de presse Jiji. 
Par ailleurs, l’eau de mer prélevée au large de la centrale nucléaire est 3000 fois plus radioactive que la limite légale, a annoncé le gouvernement japonais, cité par l’agence de presse nippone Kyodo.

3h52 Le secrétaire général du gouvernement japonais ne pas être en mesure de dire quand la situation serait maîtrisée à la centrale atomique accidentée de Fukushima-daichi. Yukio Edano s’est exprimé mercredi lors d’une conférence de presse à Tokyo.

3h22 Les rejets radioactifs de Fukushima dans l’océan Pacifique seront sans conséquence majeure à l’échelle planétaire. Ils pourraient avoir un impact notable, voire durable, sur la vie marine au large de la centrale japonaise, estiment des spécialistes. Depuis le début de l’accident, toujours en cours, la centrale japonaise a rejeté de nombreux produits radioactifs. Ce sont principalement de l’iode et du césium relâchés directement dans l’atmosphère.

3h00
 Le gouvernement japonais devrait présenter un premier collectif budgétaire d’un montant de 2000 milliards de yens (22,3 milliards de francs). Il servirait aux financement d’opérations de secours et de reconstruction dans les régions sinistrées, croit savoir mercredi le quotidien nippon Nikkei. 

1h32
 Les Américains ont récolté près de 150 millions de dollars d’aide pour les Japonais victimes du séisme et du tsunami le 11 mars, ont annoncé mardi des organisations humanitaires. Cela représente l’équivalent de 138 millions de francs.

 

 

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Dimanche 27 mars 7 27 /03 /Mars 14:14
Des employés tentent de rétablir le courant électrique dans les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, le 20 mars 2011.

Des employés tentent de rétablir le courant électrique dans les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, le 20 mars 2011. kyodowc068454.JPG k/NEWSCOM/SIPA

NUCLEAIRE - L'optimisme n'est plus de rigueur sur l'archipel...

Le Japon a prévenu ce dimanche que le danger d'une catastrophe nucléaire était loin d'être écarté à la centrale de Fukushima, où des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées. Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, a reconnu que les opérations d'urgence sur le site étaient particulièrement laborieuses et l'absence de réels progrès frustrante face à cette catastrophe, la pire depuis la deuxième guerre mondiale.

«Je ne peux pas être plus optimiste que la réalité»

«Nous aimerions pouvoir donner un programme clair sur quand cela va être résolu, et ceux qui travaillent sur le site pensent la même chose, a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique NHK. Mais je ne peux pas être plus optimiste que la réalité.» Une très forte radioactivité a été mesurée dimanche dans une nappe d'eau échappée du réacteur 2 de la centrale, qui est située sur la côte nord-est du Japon, face à l'océan Pacifique. Cela a forcé le personnel à reporter les opérations de pompage de cette eau polluée, a annoncé Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire et opérateur du site.

Le taux mesuré dans des échantillons de cette eau retrouvée au sous-sol de la salle de la turbine située derrière le réacteur est de 1.000 millisieverts par heure, a déclaré à l'AFP un porte-parole de Tepco. «Ce chiffre est 10 millions de fois plus élevé que le niveau de radioactivité de l'eau qui se trouve généralement dans un réacteur en bon état», a-t-il expliqué.

Il a ajouté que cela signifiait que le combustible dans le coeur du réacteur avait probablement subi des dommages lors d'un début de fusion survenu juste après le séisme et le tsunami du 11 mars. «Nous avons détecté dans les échantillons d'eau des taux élevés de césium et d'autres substances qui ne se trouvent généralement pas dans l'eau du réacteur. Il existe une forte probabilité pour que les barres de combustible se soient dégradées», a-t-il affirmé.

Pour éviter une détérioration désastreuse de la situation à Fukushima Daiichi (Fukushima N°1), les techniciens, pompiers et militaires déployés sur place jour et nuit doivent absolument parvenir à faire baisser la température des réacteurs. Cela impose la remise en marche du circuit de refroidissement, mis hors service par le séisme et le tsunami qui ont frappé la région le 11 mars, y faisant 10.418 morts et 17.072 disparus.

«Le Japon est loin d'être sorti de l'accident»

Pendant près de deux semaines, les installations accidentées ont été arrosées avec de l'eau de mer, à l'aide de canons à eau et de pompes électriques dirigées par des grues géantes. Etant donné les risques de corrosion dus au sel, Tepco a décidé d'utiliser désormais de l'eau douce. Mais ces opérations sont sans cesse entravées par des pics de radioactivité et des difficultés techniques, dans un danger permanent dû aux rayonnements ionisants.

Des taux de radioactivité de plusieurs centaines de millisieverts par heure ont déjà été détectés autour des réacteurs endommagés de la centrale, imposant d'autres évacuations temporaires des ouvriers. Jeudi, trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été irradiés en marchant dans une flaque d'eau très fortement radioactive lors d'une intervention dans la salle de la turbine du réacteur 3, où le niveau de radiation était de 180 millisieverts par heure. Deux ont dû être hospitalisés

«Le Japon est loin d'être sorti de l'accident» qui frappe la centrale en péril, a estimé le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Japonais Yukiya Amano, dans une interview samedi au New York Times. Insistant sur le fait qu'il ne critiquait pas l'action des autorités japonaises face à ces circonstances extraordinaires, Amano a souligné que «davantage d'efforts» devaient être déployés pour écarter le danger d'une catastrophe majeure.

Yukiya Amano a déclaré qu'il pensait que les autorités japonaises ne pratiquaient pas de rétention d'informations. Il a toutefois ajouté que sa récente visite au Japon avait pour objectif d'obtenir du Premier ministre Naoto Kan un engagement sur une «transparence totale».

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Jeudi 17 mars 4 17 /03 /Mars 19:14

 

 

Sauveteur  Un géophysicien français, Jean-Claude Sibuet était à Tokyo le jour du séisme qui a ravagé le Japon. Il a envoyé depuis l'aéroport de Tokyo ce témoignage à son épouse, Myriam Sibuet (voir ici une note sur le recensement de la faune marine mondial à laquelle elle a contribué). Elle me l'a fait parvenir. Le voici sans commentaire de ma part.

«Les 10 et 11 mars 2011, j’ai participé à un séminaire scientifique qui avait pour but de comprendre les mécanismes en jeux expliquant les séismes tsunamogéniques (responsables de tsunamis). L’objectif majeur était d’établir l’état d’avancement des travaux relatifs à la compréhension des mécanismes à l’origine du tremblement de terre du 24 décembre 2004 qui a affecté le nord de l’île de Sumatra et le tsunami associé qui fît plus de 220 000 morts.

Parmi la trentaine de spécialistes réunis à l’Université de Tokyo et venus du Japon, des Etats-Unis, d’Indonésie, d’Allemagne et de France figuraient des sismologues, des géodynamiciens, des géophysiciens et des géologues marins, impliqués non seulement dans cette étude mais aussi dans l’étude des séismes des zones de subduction du Japon et de Nankai, zones d’études déclarées prioritaires par le gouvernement japonais à cause du risque élevé de séismes de magnitude supérieure à 8 et potentiellement tsunamogéniques.

Le 9 mars, jour précédent ce séminaire scientifique, les organisateurs du séminaire m’ont Carte séisme IPGP demandé de donner une conférence au JAMSTEC (équivalent japonais de l’Ifremer) situé dans la baie de Yokosuka, au sud de Tokyo, que j’ai intitulée « Un séisme destructeur avec tsunami associé pourrait se produire dans un proche futur près de l’île d’Ishigaki (située entre l’île d’Okinawa et Taiwan) ». En effet, suite aux études géophysiques marines récentes que j’ai menées dans cette partie de la zone de subduction des Ryukyus en collaboration avec des scientifiques de Taiwan, je tenais à sensibiliser les japonais au risque potentiel majeur d’un prochain séisme tsunamogénique identique à ceux qui se sont produits autrefois, comme celui de 1771 dont la vague de tsunami haute de 30 m fit 12000 morts sur l’île d’Ishigaki et les îles avoisinantes. Je ne pensais pas subir les effets d’un séisme comparable dans sa nature et ses conséquences dès le surlendemain.(graphique à droite, le séisme cartographié par l'IPGP).

Le 11 mars vers 14H50 heure de Tokyo, nos travaux ont été interrompus par les premières arrivées (ondes P, mouvements verticaux) d’un gros séisme. Nous étions dans un bâtiment de l’Université de Tokyo construit en 2010 selon les normes parasismiques en vigueur, donc très sûr. L’arrivée brutale des ondes secondaires de cisaillement (ondes S), m’a vite convaincu qu’il fallait sortir rapidement du bâtiment. J’ai dû me tenir à la rampe pour ne pas chuter dans les escaliers. Malgré un genou défectueux, j’étais le premier dehors. Des centaines de personnes sortaient rapidement des bâtiments, dans le plus grand calme, et se regroupaient sur la pelouse, attendant patiemment les instructions des personnes en charge de la sécurité. Quelques minutes plus tard, alors que nous étions toujours dans la séquence d’oscillations des ondes longues de ce séisme, une première réplique de forte intensité se fît sentir. Je reconnaissais les forts mouvements verticaux des ondes P qui s’additionnaient à ceux du séisme précédent, puis les ondes S de cisaillement, très violentes. L’ampleur de cette première réplique me surprit.

Les sismologues japonais faisaient déjà parvenir par internet, la localisation de l’épicentre du séisme à 130 km au large de la ville de Sendaï qui est à 350 km au nord de Tokyo. Ils précisaient par une première série d’estimations que la magnitude devait être de 7,8, ce qui m’a semblé sous estimé d’après mon expérience de Sumatra, que la profondeur du séisme devait se situer à une vingtaine de km, et qu’un tsunami de l’ordre de 3 m était prévisible, hauteur que je considérais d’emblée elle aussi sous-estimée. Dix minutes plus tard, les premières images du tsunami touchant la terre arrivaient sur les portables, suggérant déjà une ampleur du tsunami beaucoup plus importante que celle initialement estimée.

Une heure plus tard, les secousses devenant plus faibles, nous avons été autorisés à rentrer dans 1-Point-triple-Japon les bâtiments, pour récupérer nos affaires et partir. Le meeting était ajourné. Les trains étant tous arrêtés, je me rendis à pied à l’hôtel situé à 30 minutes de marche. Après avoir envoyé quelques messages rassurants à ma famille, j’ai regardé le site de l’USGS (US Geological Survey) qui donnait une magnitude de 8,9 au lieu de 7,8, ce qui correspond à une énergie libérée plus de 30 fois supérieure à celle initialement estimée. La distribution géographique des répliques montrait que la rupture initiale s’étendait sur 450 km, parallèlement à la zone de subduction et à la côte est du Japon, et qu’elle s’était propagée de part et d’autre de Sendaï, et au sud presque jusqu’à la latitude de Tokyo. Une lecture attentive des caractéristiques de ces répliques, qui arrivaient avec une période moyenne de l’ordre de 10 minutes, me suggérait que ce que j’avais attribué à une très forte première réplique était en fait un séisme relativement proche de Tokyo et ayant probablement contribué à une partie de la rupture initiale.

Au cours de la matinée du 9 mars, 1orsque j’étais au JAMSTEC, un séisme de magnitude 7,2 a eu lieu à une quarantaine de km de celui de Sendai (aussi appelé séisme de Tohoku par les japonais). La terre tremblait, les rideaux des fenêtres oscillaient, mais rien à voir avec les mouvements déclenchés par le séisme de Tohoku du 11 mars. Les sismologues japonais se sont tout de suite posé la question de savoir si ce séisme n’était pas en fait un prémonitoire du séisme de Tohoku, autrement dit si ce séisme n’avait pas été à l’origine du déclenchement du séisme de Tohoku. De même, les sismologues japonais se posent aujourd’hui la question de savoir si le séisme de Tohoku ne va pas déclencher dans les mois à venir le séisme tsunamogénique qu’ils redoutent tant, au large de la péninsule de Boso donc de Tokyo. En effet, comme dans le cas du séisme de Nias (25 mars 2005) dont la zone de rupture est immédiatement adjacente au sud de celle du grand séisme de Sumatra (24 décembre 2004), et aurait été déclenché par ce dernier, le séisme de Tohoku, ne va-t’il pas lui aussi déclencher une rupture majeure, dans la prolongation de celle du séisme de Tohoku ?

 

Au lendemain du séisme, l’estimation du nombre des victimes de l’ordre du millier de personnes est probablement très sous-estimée. Je rends hommage au comportement adulte, discipliné et exemplaire de tous les japonais, afin de minimiser les effets dévastateurs de ce séisme sur leur vie quotidienne et celle de leurs hôtes. Même à l’aéroport de Tokyo-Narita partiellement fermé suite aux dégâts du séisme, ce comportement exemplaire, associé à une anticipation raisonnée de telles situations, a permis une reprise progressive de l’activité aérienne et ce, malgré l’arrivée continue de répliques. Ni panique, ni bousculade, ni foule dense agacée par l’impréparation des autorités aéroportuaires comme celle que nous avons vécue fin 2010 à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, suite à des intempéries ma foi bien prévisibles, elles.

Aéroport de Tokyo, 12 mars 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nucléaire

Selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN), la piscine de stockage du combustible usé du réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi au Japon constitue la principale préoccupation. Si l'incendie qui s'est déclaré le 15 mars a été éteint, l'ossature du bâtiment est fortement endommagée et l'état du combustible stocké n'a pas pu être déterminé. Le niveau d'eau dans les piscines continue de diminuer ce qui pousse les autorités japonaises à rechercher des moyens de les remplir.

Sur le réacteur n°2, la fusion partielle du coeur est confirmée, précise l'ASN. L'exploitant poursuit l'opération de refroidissement du cœur par injection d'eau de mer autant que possible mais la perte d'intégrité de l'enceinte de confinement serait à l'origine de l'augmentation significative des rejets radioactifs détectés de manière ponctuelle en limite du site.

Pour les réacteurs n°1 et 3, la fusion partielle du coeur est confirmée. Le refroidissement par injection d'eau de mer se poursuit mais l'enceinte de confinement du réacteur n°3 pourrait avoir été endommagée, selon le gouvernement japonais.

Enfin, dans les réacteurs n°5 et 6, à l'arrêt pour maintenance lors du séisme, le refroidissement des réacteurs est assuré par la circulation d'eau mais une augmentation de la température de l'eau des piscines stockant le combustible est observée.

L'évacuation des populations se termine

Le 15 mars, les mesures d'évacuation de la zone des 20 km autour de la centrale ont été pratiquement achevées et les autorités japonaises ont demandé la mise à l'abri de la population dans un rayon de 30 km. Le survol de cette zone est désormais interdit.

La radioprotection des travailleurs sur le site est très préoccupante notamment en ce qui concerne le niveau de rayonnement en salles de commande. Une élévation provisoire du niveau de radioactivité pendant environ une heure a conduit à une évacuation provisoire de la centrale.

 

 

 

 

 

 

 

Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement

Une semaine après les catastrophes qui ont touché le Japon, les autorités locales continuent leur course effrénée au refroidissement des centrales nucléaires. À l'international, les premières simulations de nuage radioactif font leur apparition.

Crise nucléaire au Japon : priorité au refroidissement (© Google Maps) La centrale de Fukushima Daini avant le séisme

Le refroidissement de la centrale de Fukushima I (Daiichi) touchée par le séisme et le tsunami qui ont ravagés le Nord est du Japon la semaine dernière, mobilise plus que jamais l'exploitant TEPCO et les autorités locales. Selon le dernier bilan de l'IRSN et de l'ASN publié le 17 mars au matin, les efforts se portent sur les piscines contenant les combustibles usés. Au total, dans les piscines des réacteurs 1 à 4, respectivement 292, 587, 514 et 1.500 assemblages de combustibles sont actuellement entreposés.

Si dans les réacteurs 1 et 2, il semble qu'il n'y ait pas d'ébullition, la piscine du réacteur 3 bout. Des largages d'eau par hélicoptères ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 mars (heure de Paris). "Environ 7,5 tonnes d'eau ont été lâchées à chaque passage mais une part importante de l'eau n'a probablement pas atteint sa cible", explique l'IRSN. "L'absence de panache de vapeur au-dessus du bâtiment laisse penser que l'opération a été efficace. Cependant, cela ne permet que de retarder très légèrement la dégradation de la situation", ajoute toutefois l'institut. L'IRSN suspecte une perte d'étanchéité du fond de la piscine.

La piscine du réacteur 4 est également entrée en ébullition. Selon les autorités japonaises, le survol par hélicoptère a permis de constater qu'il y restait de l'eau mais des informations contradictoires sont parvenues des autorités américaines. Selon l'IRSN, "ces informations sont sujettes à caution". Une intervention par camion citerne est envisagée pour assurer l'appoint en eau de ces piscines.

Dans les piscines des réacteurs 5 et 6, la température de l'eau augmente lentement mais le niveau d'eau est contrôlé. En revanche, l'IRSN s'interroge sur l'état de la piscine de stockage commune qui contiendrait 6.200 assemblages qui doivent également être refroidis même si la puissance d'énergie dégagée est plus faible que pour les autres combustibles usés.

Situation des réacteurs

Au niveau des réacteurs, la situation reste critique. Si sur le site de Fukushima II (Daini) les quatre réacteurs ont atteint les conditions d'arrêt normales sans dégradation du combustible, à Fukushima I (Daiichi) le réacteur 1 a été endommagé à hauteur de 70% selon l'exploitant. L'enceinte de confinement est restée intacte mais l'injection d'eau reste nécessaire pour limiter la hausse de température. La dépressurisation régulière de l'enceinte se poursuit et chaque ouverture entraîne de nouveaux rejets de produits radioactifs dans l'environnement. La situation est similaire pour le réacteur 3 même si le combustible a été peu endommagé. La perte d'étanchéité de l'enceinte de confinement n'a pas été confirmée.

Le combustible du réacteur 2 a quant a lui fusionné à hauteur de 33% mais il est maintenant sous l'eau. L'enceinte de confinement est endommagée mais l'IRSN estime que finalement "il ne semble pas que l'étanchéité soit remise en cause", du fait d'une pression fluctuante à l'intérieur du bâtiment. Des dépressurisations de l'enceinte de confinement sont d'ailleurs prévues et rejèteront elle aussi des produits radioactifs.

Pour le réacteur 4 dont la partie supérieure du bâtiment a explosé, l'IRSN précise seulement que la salle de commande est très irradiante ce qui limite le temps de présence des intervenants. Enfin pour les réacteurs 5 et 6 à l'arrêt pour maintenance lors du séisme, le refroidissement des réacteurs est assuré mais l'IRSN n'a pas d'information sur la présence de combustible dans le coeur du réacteur.

Le rétablissement de l'électricité à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, qui permettrait de relancer le refroidissement des réacteurs, sera possible vendredi au plus tôt, annonce jeudi Tokyo Electric Power (Tecpo). L'opérateur de la centrale nucléaire espère rétablir l'électricité sur le site via une ligne de haute tension et relancer ainsi les pompes nécessaires au refroidissement des réacteurs et les barres de combustible usé.

Premières simulations de nuage radioactif

Pendant que les japonais se démènent sur leurs centrales nucléaire, les premières simulation du déplacement de la radioactivité au départ du Japon font leur apparition. La Nuclear Regulatory Commission (NRC) américaine prévoit que les particules radioactives qui s'échappent du réacteur nucléaire japonais Fukushima seront emportées par le vent vers l'Amérique du Nord très haut dans l'atmosphère et devraient atteindre la Californie vendredi mais elle estime que ces particules ne représentent pas un réel danger pour la santé.

Du côté français, des pastilles d'iode pourraient être envoyées aux populations de Saint-Pierre Miquelon.

 

 

 

Le Japon luttait jeudi par tous les moyens pour tenter de refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima, mais le pessimisme ne cessait de se renforcer dans le monde, provoquant une fuite en nombre des étrangers de Tokyo.
Six jours après le séisme le plus fort jamais enregistré au Japon et l'énorme tsunami qui l'a suivi, le nombre de morts confirmés a dépassé 5.000. Les recherches se poursuivaient, dans la neige et le froid, pour retrouver des milliers de disparus.
Les autorités devaient également faire face à l'impatience grandissante des 500.000 personnes sinistrées, confrontées à des pénuries d'eau potable et de vivres malgré la mobilisation sans précédent de 80.000 soldats, policiers et secouristes dans le nord-est dévasté.
Mais c'est la crise nucléaire, la plus grave dans le monde depuis Tchernobyl en 1986, qui suscite l'inquiétude.
Pour la première fois, quatre hélicoptères de l'armée japonaise ont déversé jeudi matin plusieurs tonnes d'eau de mer sur les réacteurs les plus endommagés, principalement le 3. Cinq camions citernes spéciaux de l'armée sont également entrés en action en fin de journée.
L'objectif était notamment de remplir d'eau la piscine de stockage du combustible usagé qui a été endommagée par une explosion et des incendies.
Les autorités n'étaient pas en mesure dans la soirée de déterminer si l'opération avait permis de remplir la piscine, faute de pouvoir l'observer de visu. "Nous étudions avec attention les relevés", a simplement indiqué le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano.
Des experts étrangers s'inquiètent aussi pour la piscine de désactivation du réacteur 4, qui serait quasiment asséchée, ce qui a pour effet de provoquer des niveaux "extrêmement élevés" de radiations, selon le président de l'Autorité américaine de régulation nucléaire (NRC), Gregory Jaczko.
La fusion de ce combustible pourrait entraîner des rejets de radioactivité de même ampleur que la catastrophe de Tchernobyl, estiment les experts.
La firme Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite Fukushima 1, espérait rétablir rapidement l'alimentation en électricité de la centrale, ce qui "permettrait de remettre en route les pompes refroidissant les réacteurs et de remplir les piscines".
Les équipes de Tepco ont oeuvré dans ce but une bonne partie de la journée, mais l'opération n'a pu être achevée jeudi et elle se poursuivra vendredi, selon l'Agence de sûreté nucléaire japonaise, citée par l'agence de presse Kyodo.
La Russie a annoncé qu'elle était prête à apporter tout type d'aide au Japon, y compris pour combattre les incendies à Fukushima 1.
Les Etats-Unis ont envoyé une équipe de militaires spécialistes des risques nucléaires pour "évaluer" la situation provoquée par les émanations radioactives de Fukushima 1 et ont fourni au gouvernement japonais des combinaisons de protection.
La France a proposé des pompes, des engins robotisés et une aide à la radioprotection.
Devant la menace d'un accident nucléaire majeur, la plupart des ambassades ont recommandé à leurs ressortissants de s'éloigner de la zone pour se replier vers le sud, dans la région d'Osaka, ou bien de quitter le Japon.
La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Australie ont également conseillé à leurs ressortissants de quitter le nord et la région de Tokyo. La France, comme la Belgique et la Russie, va envoyer des avions supplémentaires afin d'évacuer les familles souhaitant quitter le pays.
La Chine a demandé au Japon de fournir des informations "opportunes et précises" afin de calmer une opinion publique inquiète de l'arrivée dans le pays d'éventuels rejets radioactifs.
L'ambassade des Etats-Unis a fixé la zone de risque à 80 km autour de la centrale.
Les autorités nippones n'ont pour l'instant établi un périmètre de sécurité que de 30 km, et le gouvernement a affirmé mercredi que les radiations au-delà de la zone d'exclusion des 20 km "ne posent pas de danger immédiat pour la santé".
Par précaution, 10.000 personnes de la préfecture de Fukushima seront soumises à des tests de radioactivité dans 26 centres d'examen.
Alors qu'un vent de panique souffle de l'étranger, la population japonaise, notamment à Tokyo, reste étonnamment calme et disciplinée, dans l'attente de nouvelles instructions du gouvernement.
Les vents devraient rester favorables jeudi et repousser vers l'océan Pacifique les rejets radioactifs de la centrale.
En revanche, un froid intense et d'importantes chutes de neige ont encore dégradé les conditions de vie et de travail pour les sinistrés et les secouristes. "Beaucoup d'entre eux n'ont pas de vêtements adaptés et le chauffage est insuffisant. Le temps froid devrait durer jusqu'à la fin de la semaine", a indiqué l'ONU, en qualifiant la situation d'"extrêmement difficile".
"Le froid aggrave la santé des patients âgés. Je vais tenter de les garder en vie jusqu'à ce qu'ils puissent être transférés", a témoigné Morisada Moriwaki, directeur d'un hôpital de la ville de Kesennuma.
De plus, des coupures d'électricité pourraient affecter l'est du pays si la consommation n'était pas réduite, a averti le ministre de l'Industrie.
Le bilan officiel du séisme et du tsunami du 11 mars s'établissait jeudi soir à 5.457 morts et 9.508 disparus. Mais dans la seule ville d'Ishinomaki, le nombre de disparus s'élèverait à 10.000, selon un responsable local.
Le yen a atteint un nouveau record depuis la Seconde guerre mondiale face au dollar, des investisseurs spéculant sur l'éventuel rapatriement massif de fonds par les compagnies d'assurance japonaise.
Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que le Japon avait les moyens de faire face aux défis de la reconstruction, malgré l'immensité des dévastations subies.
"L'économie du Japon est robuste, la société japonaise est riche, et le gouvernement dispose de toutes les ressources financières pour faire face à ces besoins", a déclaré Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI.

 

Par conscience politique - Publié dans : Catastrophes
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