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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 23:00

Brésil: plus de 500 morts dans la pire catastrophe de l'histoire du pays

La région montagneuse près de Rio attend avec anxiété de fortes pluies pour ce vendredi.

 
Brésil: plus de 500 morts dans la pire catastrophe de l'histoire du pays

Vue aérienne de Nova Friburgo au nord de Rio le 13 janvier 2011  

AFP/Shana Reis

La région montagneuse près de Rio, dévasté par des pluies qui ont déjà fait plus de 500 morts, attend avec anxiété de fortes précipitations pour ce vendredi alors qu'elle fait face à la pire catastrophe naturelle de l'histoire du pays, selon les médias. 

Selon un décompte fait par le site G1 du groupe de presse Globo, les inondations et éboulements de terrain provoquées par les pluies torrentielles, dans la nuit de mardi à mercredi, ont fait 506 morts. D'après G1, citant les municipalités concernées, on a dénombré 225 morts à Nova Friburgo, 223 à Teresopolis, 39 à Petropolis et 19 à Sumidouro. 

Les médias brésiliens ont souligné que cette tragédie était considérée "comme la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire du pays". Elle dépasse en effet celle de Caraguatatuba, sur le littoral nord de Sao Paulo, donnée jusqu'à maintenant comme la plus meurtrière et qui avait fait 436 morts en 1967. 

La plupart des personnes qui ont trouvé la mort ont été surprises dans leur sommeil par des torrents de boue qui ont tout emporté sur leur passage, arbres, maisons, voitures. 

Les prochaines heures nous inquiètent car les prévisions (météorologiques) ne sont pas du tout rassurantes 

Il pleuvait encore beaucoup jeudi soir dans cette région placée en état d'alerte après que les services de la météorologie eurent prévenu qu'ils attendaient vendredi des pluies de très forte intensité. 

"Ce qui nous préoccupe avec Dilma Rousseff, ce sont les prochaines heures car les prévisions (météorologiques) ne sont pas du tout rassurantes", a dit jeudi le gouverneur de l'Etat de Rio Sergio Cabral, au côté de la nouvelle présidente brésilienne qui a parcouru les zones sinistrées. 

Il a appelé la population dans les zones de risque à se réfugier en lieu sûr, "parce qu'il y a des risques d'éboulement de terrain. Je le répète, la situation au cours des prochaines heures n'est pas rassurante", a-t-il averti. 

Brésil: plus de 500 morts dans la pire catastrophe de l'histoire du pays

Des sauveteurs cherchent des victimes après une coulée de boue à Nova Friburgo, à Rio, le 12 janvier 2011  

O Dia / AFP/Gerson Goncalo

Chaque heure depuis deux jours, des centaines de sauveteurs découvrent de nouvelles victimes sous les torrents de boue qui ont ravagé cette région connue pour la douceur de son climat, refuge préféré des habitants de Rio fuyant la chaleur de l'été austral. 

Cette tragédie s'est produite dans le décor majestueux de montagnes couvertes de végétation tropicale à une centaine de kilomètres au nord de Rio. 

Au milieu des scènes de deuil et de désespoir de familles décimées, quelques "miracles" ont aussi eu lieu, comme pour cette femme de 53 ans, sauvée in-extremis des eaux en furie par un mince filin jeté par des voisins, une scène passant en boucle sur les télévisions. Ou comme ce bébé de six mois, sorti indemne par les pompiers après être resté quinze heures enseveli sous la boue, blotti dans les bras de son père. 

Les experts expliquent l'ampleur du drame par la conjonction de rares phénomènes naturels et de l'urbanisation sauvage. 

"Dans la nuit de mardi à mercredi, il a plu autant qu'en un mois", a expliqué le responsable du Laboratoire d'hydrologie de l'Université fédérale de Rio, Paulo Canedo. Résidences secondaires, auberges et hôtels des quartiers aisés ont autant souffert que les habitations précaires des quartiers pauvres occupant illégalement des zones à risque. "Cela a été une catastrophe naturelle, aggravée par l'urbanisation sauvage qui fragilise la nature. Cela a favorisé les glissements de terrains et les morts", a dit Paulo Canedo. 

Le gouvernement a déjà débloqué 780 millions de reais (467 millions de dollars) pour les sinistrés. 

Brésil: plus de 500 morts dans la pire catastrophe de l'histoire du pays

Carte de localisation des pluies diluviennes dans la région montagneuse de Rio de Janeiro  

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 21:25

Le volcan Etna se réveil

 

A partir de 21h30 (heure locale) hier soir une coulée de lave a commencé à se mettre en place à partir de la base du cône sud-est. Progressant vers l’est elle s’est scindée en deux bras peu avant d’arriver dans la pente de la Valle del Bove à 22h52 (heure locale). C’est à peu près à ce moment là qu’un panache de cendres se forme et atteint l’altitude d’environ 9000 m. Dans le même temps, à partir de 22h50 (heure locale), une activité explosive plus soutenue, type « fontaine de lave », s’est mise en place: en l’espace de 2 minute la fontaine s’est élevée jusqu’à une hauteur (estimée d’après les images webcams, donc très approximative) 500 m.A partir de 23h40 une troisième coulée a commencé à émerger de la base du cône sud-est, progressant en parallèle du rebord nord de la précédente. A partir de 00h30 (heure locale), soit environ 1 heure après que le pic de trémor ait été atteint, l’activité a commencé à se calmer et la fontaine a diminuer de taille, disparaissant complètement à 00h57 (heure locale). Le trémor est au calme plat ce matin. Sources : Etnatrekking; INGV-CT; VAAC de Toulouse.

Un volcanologue et des experts de l’Etna ont dit, « Nous nous attendions à d’autres épisodes similaires d’intervalles, et qu’ils allaient se renforcer avec le temps … Mais les choses semble s’être accélérer un petit peu plus vite que nous l’avions imaginé … Les fontaines de lave de l’Etna peuvent durer des semaines voire des mois.”

 

L’Etna est le plus grand volcan actif d’Europe avec un diamètre à la base de plus de 35 Km. Sa superficie correspond à celle de Paris et sa grande banlieue. Ses premières phases d’édification ont eu lieu en milieu marin, il y a 500 000 ans, dans un golfe peu profond. Il culmine désormais à plus de 3300 m au dessus de la Méditerranée mais son altitude varie constamment. Ses flancs sont constellés de près de 250 cônes de scories adventifs. Une vaste structure d’effondrement, la Valle del Bove, entaille son flanc est et se retrouve jusqu’en mer Ionienne. Elle s’est formée en plusieurs phases la dernière datant de 4000 ans environ. Ses éruptions sont très fréquentes et même en phase plus calme il rejette d’énormes quantités de gaz depuis ses cratères sommitaux. Ces derniers sont au nombre de 4 : la Voragine (formée en 1947), la Bocca Nuova (née en 1968), le cratère nord-est (né en 1911) et le cratère sud-est (apparu en 1971). Depuis plusieurs années les éruptions se concentrent dans les cratères sommitaux mais aussi plus bas, le long d’une importante zone de fracture orientée grossièrement nord / sud. Les éruptions de juillet 2001 et octobre 2002 en sont les témoins parmi les plus récents. Le risque majeur sur ce volcan demeure l’occurrence à moyen terme d’une éruption excentrique, c’est à dire sur les basses pentes du volcan, là où la densité de population est très élevée. La dernière de ce type s’est produite en 1669 et a entraîné la destruction partielle de la ville de Catane.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:21

Fin de règne pour Ben Ali

Reuter© (L'ex président tunisien lors d'un allocution télevisée le 13 janvier 2010)

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La journée du 14 janvier aura donc été décisive pour la Tunisie et la crise qui la secoue depuis presque un mois. A 18h, le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a annoncé le départ du pouvoir du président Ben Ali.
C'est donc la fin du règne pour le président tunisien, et l'annonce que les manifestants attendaient depuis plusieurs semaines. C'est le premier ministre qui va pour l'instant assurer l'intérim.

Plus tôt dans la soirée, l'état d'urgence a été décrété sur l'ensemble du territoire.

Le ministère des Affaires étrangères français s'est fendu d'un communiqué pour "vivement" déconseiller tout voyage non urgent en Tunisie.

 

 

 

 

 

Cette phrase, aperçue sur une pancarte lors d’une manifestation des avocats tunisiens devant la Cour de Justice de Tunis, résume parfaitement le sentiment de beaucoup de Tunisiens aujourd’hui. Nous vivons une période historique pour les Tunisiens, qui habitués au silence, à la peur et au conformisme depuis des décennies prennent enfin leur destin en main.[…]La dernière fois que le peuple s’est soulevé massivement et spontanément sans être motivé par des raisons religieuses ou pour soutenir les Palestiniens ou les Irakiens… c’était sous Bourguiba, les bien fameuses révoltes du pain.

Jeudi 30, le décès de Chawki Belhoussine El Hadri, 44 ans, annoncé dans un communiqué de la FIDH, des suites d’une blessure par balle tirée par la police contre les manifestants  le 24 décembre, marque un dramatique durcissement de la situation, visible à travers les violences contre les avocats du jeudi 30 et vendredi 31 décembre, relatées par le blog A Tunisian Girl.

À Tunis, par exemple, des agents de police en civil et les agents de la  force de sécurité  ont assiégé de la zone du palais de justice. Ils ont empêché certains avocats d’entrer dans la zone et laisser d’autres y accéder. Lorsque les  avocats tenté de quitter la Maison du Barreau, où ils se réunissaient, les forces de sécurité sont intervenues et ont utilisé la violence.

Le discours télévisé surprise de mardi dernier [vidéo] et le remaniement ministériel du Président Ben Ali, n’ont pas eu l’effet escompté. Dans l’un des billets les plus lus et partagés sur Twitter et Facebook en Tunisie, un jeune entrepreneur tunisien répliquait dans une lettre ouverte :

Vos jeunes se sont soulevés et il sera difficile de les faire taire : ils s’immolent, s’électrocutent, et je ne pense sérieusement pas que des coups de matraques ou des longues nuits dans les commissariats vont leur faire peur.

Un véritable jeu du chat et de la souris, ou même une “cyberguerre”, a lieu depuis deux semaines entre les internautes tunisiens et “Ammar”, sobriquet de la censure très sophistiquée d’Internet organisée par le ministère de l’intérieur tunisien, dont le blogueur Astrubal a expliqué les secrets techniques. Les internautes tunisiens utilisent de longue date des logiciels de contournement du filtrage (proxy), ou s’informent via Facebook, où ils partagent les billets censurés des principales plateformes de blogs tunisiens, des portails d’information alimentés de l’étranger, des photos et vidéos, et des messages d’alerte (comme le passage à tabac d’un journaliste) envoyés via Twitter avec le mot clé #Sidibouzid.

Cependant, “Ammar” semble vouloir également s’attaquer à cette plateforme.

bharmoez Facebook est complètement coupé à Redaïef !!!! on est coupééééé ! twitter pas encore. j’ai l’impression que ca ne va pas tarder..#sidibouzid

Tunisie numérique confirmait que le site Facebook semble avoir été également pris pour cible par “Ammar” en Tunisie  :

Les internautes tunisiens -la communauté la plus connectée à Facebook dans l’Afrique du Nord- se trouvait depuis l’aprè- midi du 30 décembre 2010 face à une erreur technique lors de l’upload de n’importe quelle photo ou vidéo.

Félicie signale le black out d’Internet à Tunis vendredi 31 :

coupure de l’internet sur Tunis, les médias disent que la situation est stable mais les manifs continuent dans toutes les régions #sidibouzid

Reporter Sans Frontières a publié un communiqué dénonçant le black out organisé de toute information sur les troubles, dans un pays qui fait partie par ailleurs de longue date de son hit-parade annuel  des pays “ennemis d’Internet”.

Des rassemblements en soutien au mouvement #sidibouzid ont lieu à Paris, à Munich [vidéo] à Beyrouth. Le “blocus médiatique” entretenu par les grands médias internationaux et les diplomaties occidentales, qui vient s’ajouter à cette implacable censure intérieure, a été  un sujet récurent d’amertume pour de nombreux activistes tunisiens.

iFikra To the hypocritical west that had Iran protests top news for weeks, #Tunisia has been fighting for its freedom for 2 weeks now #sidibouzid

(À l’Occident hypocrite qui a mis les manifestations en Iran dans les principales nouvelles pendant des semaines, la Tunisie se bat pour sa liberté depuis deux semaines maintenant.)
Nawaat salue la presse anglaise :

La presse anglo-saxonne – contrairement à la presse française – a été particulièrement intéressée par les émeutes sociales en Tunisie. Le modèle économique et politique tunisien est décortiqué avec vigueur.

Al Bab [en anglais] relativise l’importance des médias étrangers dans les événements en cours :

To what extent, though, does international media coverage – or the lack of it – matter? Obviously it’s good if people around the world know what is happening but how does it benefit the struggle going on inside the country? The object of that struggle is not to get pictures in the New York Times ; it’s to get rid of Ben Ali.

Dans quelle mesure, cependant, la couverture des médias internationaux – ou son absence – est-elle importante ? C’est de toute évidence une bonne chose si le monde est au courant de ce qui se passe, mais cela profite-t-il à la lutte qui se déroule à l’intérieur du pays ? L’objet de cette lutte n’est pas d’avoir des photos dans le New York Times ; c’est de se débarrasser de Ben Ali.

Sur  la couverture très prudente des médias traditionnels français et le silence de son gouvernement, André rappelle en commentaire, sur le site du  journal Le Monde, que la Tunisie est le pays :

… où de nombreuses entreprises françaises ont délocalisé leur production. Si au plan économique on trouve pire , au plan du respect des droits de l’homme, on ne peut pas en dire autant. À l’inverse de la Côte d’Ivoire, on entend beaucoup moins les défenseurs de la démocratie quand il s’agit de la Tunisie. Sous prétexte de barrer la route aux islamistes intégristes, on ferme les yeux sur toutes les mesures dignes plus d’une dictature que d’une démocratie. Politique du deux poids deux mesures.

Les blogueurs et les utilisateurs de Twitter au Maroc, en Algérie, en Egypte, suivent eux attentivement les événements  en Tunisie.

Boubled Chez nous #SidiBouzid c’est chaque jour et partout, dans chaque recoin d’Algérie .

Le blogueur algérien Ismail, qui vit en France, prédit :

Sidi Bouzid est le tragique témoignage, encore une fois, d’un ras-le-bol généralisé de la jeunesse des pays en voie de développement, plus particulièrement de la zone Nord-Afrique Moyen-Orient, le même désespoir, la même rage et les mêmes réponses répressives de la part des gouvernements, ça c’est déjà passé en Iran, aujourd’hui c’est en Tunisie demain ça sera l’Algérie ou le Maroc.

Il a précisé, dans cette mise à jour:

“Cet article a été censuré en Tunisie. Partagez-le”.

Les réactions des internautes de par le monde sur la crise tunisienne

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 08:53

La véritable nature du régime de Ben Ali (et de ses complices)

Ce document est destiné à informer le lecteur de la véritable nature du régime mis en place par Ben Ali, un homme qui a distribué à son entourage immédiat les ressources du pays et qui joue le rôle d’arbitre entre les différents détenteurs des richesses, retirant aux uns et donnant aux autres dans une valse des allégeances qui l’a complètement éloigné des réalités de la Tunisie.

Cette logique du pouvoir a entraîné une si grave déliquescence des valeurs que la société dérive rapidement et sûrement vers la décadence ou alors l’intégrisme religieux, considéré comme le dernier refuge de la dignité.

Outre les mouvements de foule spontanés comme les révoltes de Redeyef en 2009 et de Sidi Bouzid qui se sont étendues à toute la république et où les slogans scandés par la foule sont dirigés contre la corruption de la famille de Ben Ali, une multitude d’écrits et d’articles ont condamné depuis 1988 les dérives du régime, qu’elles soient politiques ou financières.

Concernant les dérives politiques, il suffit de lire la déclaration du 7 novembre 1987 pour être convaincu de l’absence totale de volonté politique et cette absence est confirmée par le fait que Ben Ali accepte et couvre les pratiques mafieuses de son entourage immédiat, et ce, au vu et au su de tout le monde et avec la complicité de plusieurs membres de tous les corps de l’État.

Le dossier que nous présentons cible les opérations réalisées par l’entourage immédiat de Ben Ali. La liste n’est évidemment pas complète car quelques proches du pouvoir opèrent par l’intermédiaire de prête-noms et le suivi des opérations devient plus difficile.

Bien que l’ensemble des secteurs de l’économie du pays ait été touché par la rapacité des proches de Ben Ali, ce sont évidement les gros marchés et les meilleures entreprises du pays qui ont été visées en premier. Ainsi, les privatisations ont toutes été opérées dans l’illégalité totale et en contradiction flagrante avec la loi et les règlements.

La première grande victime de ces opérations est l’État tunisien, un État qui a été complètement vidé de sa substance par Ben Ali et son entourage, et ce, pour s’assurer de sa main-mise sur le pays en éliminant toute voix discordante et en allant jusqu’à créer de toutes pièces une opposition fantoche.

Le Comité de Salut Public

Concernant les « affaires » qui sont devenues la principale activité de Ben Ali et de son entourage, nous vous présentons ci-dessous une première liste des richesses accumulées par Ben Ali et ses proches, et ce, avec une arrogance qui nous éclaire sur la mentalité de ces individus qui n’ont aucune conscience politique, qui sont convaincus que la Tunisie leur appartient et qui se substituent à l’État.

Comme nous le verrons ci-dessous, le poids de Ben Ali et de ses proches dans l’économie du pays est de plus en plus important, ce qui fait que le jeu économique en est lourdement affecté.

Le vérouillage de l’économie empêche tout investissement et toute évolution dans les secteurs clés, ce qui entraîne un nivellement de l’économie par le bas. En clair, la gestion opaque de l’économie et la phagocytation des instruments économiques entraînent le pays vers un désastre sans précédent dans l’histoire de la Tunisie, surtout que la dénonciation de cet état de fait est impossible à cause du verrouillage total de l’information et du blocage – organisé par Abdelwahab Abdallah – de toute émergence d’une société civile

Cette dynamique concourt très rapidement à la désintégration de la société tunisienne et à l’émergence des extrêmes.

LE SECTEUR BANCAIRE

Le clan Ben Ali a commencé son enrichissement par l’entremise des crédits sans garanties accordés par les banques nationales de développement. Ces pratiques, poussées à l’extrême, ont mis à mal ces institutions. Alors, pour avoir les coudées franches, le clan a décidé de s’approprier des institutions financières.

LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUE INTERNATIONALE ARABE DE TUNISIE.

La prise de contrôle de la BIAT a été opérée d’une façon complètement opaque par une famille proche du pouvoir. Les frères Mabrouk ont opéré une prise de contrôle musclée de ladite banque, l’un des fleurons du secteur bancaire tunisien. La famille Mabrouk, qui était déjà fortunée sous l’ancien régime, et même avant l’Indépendance, s’est toujours assuré des liens privilégiés avec le pouvoir en place. Elle possède aujourd’hui un empire commercial et financier qui a été bâti, depuis l’union avec les Ben Ali, sur des passe-droits et des coups de pouce « venus d’en haut ».

LA PRISE DE CONTRÔLE DE LA BANQUE DE TUNISIE

La Banque de Tunisie, l’une des plus anciennes institutions bancaires du pays, connue pour son professionnalisme et son excellente gestion, est tombée dans l’escarcelle de Monsieur Belhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali. La prise de contrôle de la banque a été faite d’une façon qui s’apparente à un véritable hold-up. Plusieurs grands actionnaires ont été mis devant le fait accompli et la direction de la banque a été accordée à Mme Abdallah, femme de Abdelwahab Abdallah, qui, avec Abdelaziz Ben Dhia, est l’un des deux piliers du régime, et qui est, comme nous le verrons plus loin, l’homme qui a bloqué toute émergence d’une société civile en Tunisie.

DEUX NOUVELLES BANQUES

Alors que la Banque Mondiale et le FMI dénoncent dans leurs rapports envoyés aux autorités tunisiennes le « surbanking » du pays (trop de banques par rapport aux besoins de l’économie) et évoquent la nécessité d’opérer des concentrations et des fusions des institutions bancaires, le gouvernement, par l’intermédiaire du gouverneur de la banque centrale, délivre deux licences de banque à deux gendres du président, la Banque Zitouna pour M. Matri et la MEDIOBANCA pour M. Slim Zarrouk.

La privatisation de la banque du sud

Il ne s’agit pas ici de la prise de contrôle d’une banque, mais d’un délit d’initié qui a privé l’Etat d’un revenu considérable au profit de la famille. Il faut rappeler que la vente de la Banque du Sud au groupe hispano-marocain ATTIJARI BANK s’est faite à travers un délit d’initié coopté par l’État : Sakhr el Matri, gendre de Ben Ali a acheté à bas prix une part des actions de la Banque du Sud et les a revendues, avec une grosse plus value, au moment de l’OPA lancée par le groupe hispano-marocain.

Commision de contrôle des transferts a la banque centrale

D’énormes abus ont été constatés en matière de transfert d’argent à l’étranger, des mouvements de fond de plusieurs centaines de milliards sont effectués en totale contradiction avec la loi tunisienne des transferts de devise.

Une commission d’enquête doit être organisée pour arrêter ce fléau de fuite de devises dont bénéficient Ben Ali et ses proches.

L’Effacement des dettes, un privilège du prince

Comme nous allons le voir dans cet exemple, le pouvoir utilise les institutions bancaires nationales pour des raisons purement familiales. C’est ainsi qu’après le refus des parents Mhenni de voir leur fille épouser un membre de sa famille, Ben Ali, pour les « forcer » à accepter ce mariage, a annulé toutes les dettes de M. Raouf Mhenni, qui a aussitôt admis l’alliance !

LE SECTEUR DES TRANSPORTS

La société ennakl :

Volkswagen – audi – porsche – seat – KIA

La société nationale Ennakl a été quasiment offerte au gendre de Ben Ali, Sakhr el Matri, qui sans aucun apport personnel, par l’intermédiaire de crédits accordés (sans aucune garantie) par la BNA, s’est retrouvé à la tête de cette entreprise. Aux dernières nouvelles, le chèque de 17 millions de dinars déposé par Sakhr el Matri en garantie au ministère des Finances n’aurait pas été versé à ce jour.

Il faut également mentionner le fait que selon les experts, la valeur réelle de l’entreprise serait au minimum de 300% supérieure à la valeur de la transaction.

Dès la prise de contrôle de cette société par M. Matri, les licences d’importation de véhicules, qui étaient accordées au compte-gouttes selon les besoins du pays, ont été données à tour de bras et on en est même arrivés à importer des Porsche qui coûtent un peu moins de 500 mille dinars ! Ce qui constitue une absurdité absolue dans un pays comme la Tunisie.

Concernant KIA, des industriels coréens sont venus pour monter en Tunisie une industrie de fabrication de pièces détachées, et encore une fois, c’est un proche de Ben Ali, Sakhr el Matri, qui s’est approprié la licence d’importation et de distribution des véhicules.

LA SOCIÉTÉ LE MOTEUR

mercedes – fiat…

La Société LE MOTEUR, l’un des fleurons de l’État, propriétaire des « cartes » MERCEDES et FIAT, entre autres, a été privatisée dans des conditions très obscures au bénéfice de Cyrine Ben Ali et de son époux Marouane Mabrouk.

La décision de privatisation a été suivie par la mise à l’écart du Secrétaire d’État a la privatisation à cause du fait qu’il ait défendu un prix de cession beaucoup plus élevé.

Peugeot

En décembre 2008, la fille cadette de Ben Ali a été promise à un jeune garçon de la famille Ben Gaied. Le jeune homme a alors été immédiatement coopté comme P.D.-G. de la Société STAFIM PEUGEOT, dont les actions ont été achetées au rabais, sinon au nominal, auprès de la BIAT, banque du groupe Mabrouk, allié à Ben Ali.

FORD – range rover – jaguar – hyunday – man

La privatisation à très bas prix de la société étatique qui détenait la licence Ford a été réalisée par Belhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali, et son ami Hamadi Touil

Ils ont réussi à imposer à tout le secteur public l’achat de leurs véhicules.

Plusieurs « cartes » de marques leurs sont attribuées, comme Range Rover, Jaguar et Hyundai, sans compter l’assemblage des véhicules MAN.

Les seules taxes qui baissent sont celles des voitures !

Le marché automobile étant trusté par les familles proches de Ben Ali, les seules taxes qui baissent sont celles des voitures.

Ces baisses des taxes ne concernent pas seulement les voitures populaires, mais aussi des voitures de luxe dont le montant dépasse parfois le prix d’une usine.

TUNISAIR

La compagnie Tunisair, fleuron historique de l’aérien tunisien, a subi sous l’ère Ben Ali un harcèlement sans précédent de la part de la famille.

La Présidence de la République, comme si elle n’avait pas d’autres chats à fouetter, s’est immiscée dans toutes les décisions de la Compagnie, et ce, de la désignation des hôtesses à l’achat d’avions, principalement depuis l’arrivée à la tête de la Compagnie du tristement célèbre Rafaa Dekhil qui s’est donné corps et âme à la famille.

Parmi les scandales, deux sont d’une dimension légendaire. L’un concerne l’achat par la compagnie, pour le compte de la Présidence, d’un Boeing 737/600 comportant salons, chambres à coucher, bureaux (on se demande pourquoi).

Nonobstant le fait que ces achats pèsent très lourd sur les comptes de la compagnie, on se demande pourquoi Ben Ali a besoin d’un luxe pareil alors que, depuis l’Indépendance, un simple réaménagement des avions existants était suffisant pour les voyages officiels.

Si M. Ben Ali avait développé une diplomatie active, cet achat surdimensionné par rapport à la taille du pays aurait pu à la limite se justifier, mais la politique internationale de la Tunisie s’est complètement désintégrée durant le règne de Ben Ali qui n’est plus reçu que par des dictateurs ou, au meilleur des cas, des présidents honorifiques.

Or, cet avion gouvernemental sert surtout pour les voyages privés de la famille qui part régulièrement calmer son avidité au Boulevard St Honoré et va frimer aux frais de l’État à St Tropez ou ailleurs.

Comme si cela ne suffisait pas, voici que Ben Ali décide de faire acheter par Tunisair un nouvel avion, un A340 qui coûte, au prix catalogue d’Airbus, 280 millions d’euros ; auxquels il faut ajouter les frais de réaménagement qui font que cet avion coûtera, à sa livraison, à peu prés 600 milliards. De quoi relancer le développement de plusieurs régions du pays et donner du travail à des dizaines de milliers de chômeurs.

Pour comparaison, l’achat par le gouvernement français d’un A320 usagé a provoqué un tollé général en France. Or, l’avion de M. Ben Ali coûtera le prix de 8 (huit) A320, et ce, pour un pays dont le PIB est des centaines de fois inférieur à celui de la France.

Il faut également ajouter qu’à la suite de cet achat noyé dans une grosse commande de Tunisair, messieurs Sakhr el Matri et Belhassen Trabelsi ont acheté deux avions privés.

carthago airlines & nouvelair

Concernant les licences accordées aux compagnies aériennes :

Licence accordée à Slim Chiboub et Aziz Miled pour Nouvelair.

Licence accordée à Belhassen Trabelsi pour Carthago-airlines et fusion de Carthago et de Nouvelair après la disgrâce de Slim Chiboub.

LA GESTION DES SERVICES DE L’AEROPORT DE TUNIS

La concession du premier opérateur privé pour la gestion de la logistique des services de l’OPAT a été accordée dans une opacité totale à la société MAS. Encore une fois, c’est un gendre de Ben Ali, M. Slim Zarrouk, qui en est le bénéficiaire. Dans quelles conditions financières et pourquoi lui ?

Appel d’offres pour la privatisation des free-shops

La société qui a été retenue pour l’attribution de la licence des Free-Shops est la Sté Weitnauer qui était chapeautée par Sofiene Ben Ali et Abderahmane Tlili. Ce dernier a ensuite été mis hors-circuit.

La Compagnie Tunisienne de Navigation

La CTN, compagnie de navigation historique, qui a joué depuis l’Indépendance un rôle exceptionnel dans l’économie du pays, est aussi visée par les proches de Ben Ali, surtout depuis que le jeune Sakhr el Matri a ouvert son village pour croisiéristes.

Avant la privatisation prévue de la CTN, la compagnie a reçu l’ordre de commander à coup de centaines de milliards de nouveaux navires qui ne seront livrés qu’une fois la CTN privatisée, et ce, pour le bénéfice des futurs preneurs qui sont déjà choisis par le pouvoir.

Imed trabelsi et la CTN

Imed Trabelsi, connu pour ses frasques dont le vol et recel de yachts et une multitude d’opérations douteuses, a également créé à lui tout seul une nouvelle ligne pour la CTN reliant Sfax à Tripoli. Il a laissé une ardoise de plusieurs centaines de milliers de dinars à la CTN.

TELEPHONIE

tunisiana

L’État tunisien se fait voler des centaines de millions de dinars par les « Premières Dames » de Tunisie et de Palestine.

Pourquoi la deuxième concession de téléphonie mobile a-t-elle été accordée à El Sawiress, un ami de Mme Arafat ? Parce que Mme Arafat a demandé à son amie, Mme Ben Ali d’intercéder en sa faveur contre une somme faramineuse.

Encore une fois, dans cette affaire, c’est l’État tunisien qui s’est fait voler une somme d’à peu près 400 millions de dinars.

L’ouverture des offres pour la licence de téléphonie mobile a révélé que VIVENDI était le mieux placé pour l’emporter. Mais pour leur propre intérêt, les proches de M. Ben Ali ont averti ORASCOM pour qu’il fasse une contre-offre supérieure à celle de VIVENDI.

Six mois après avoir obtenu la licence, ORASCOM n’avait toujours pas réglé le gouvernement tunisien. Après plusieurs menaces du ministère des Télécoms pour annuler la transaction, les proches de Ben Ali et à leur tête Mongi Safra ont concocté une solution miracle qui restera dans les annales de l’histoire des détournements de biens public de la planète : un groupe de financiers s’est réuni pour accorder à Orascom un crédit avec un pool bancaire 100% tunisien. Et la licence, accordée à une société étrangère, a donc fini par être payée avec un chèque en dinars tunisiens ! Ce sont donc les banques tunisiennes qui ont offert Tunisiana à Orascom !

Cette affaire a provoqué des remous jusqu’à la Banque Mondiale qui, constatant ces irrégularités flagrantes, a décidé d’annuler un crédit bancaire à long terme de 250 millions de dollars au bénéfice de la Tunisie. Cette institution financière internationale qui depuis l’Indépendance a toujours soutenu le développement de la Tunisie, se méfie désormais de toute opération concernant notre pays.

L’affaire TUNISIANA n’est qu’un épisode des frasques des deux « Premières Dames » qui ont également défrayé la chronique par la création de l’ISC.

L’AFFAIRE WATANIA-QTEL / SAKHR EL MATRI

La téléphonie mobile étant une activité délicate pour la sécurité du pays, la Tunisie n’a pas manqué, comme cela se fait partout ailleurs, de conditionner la vente de parts des entreprises de téléphonie à approbation préalable.

Watania-Qtel, propriétaire de 50% de Tunisiana, a décidé d’acquérir les 50% restants. Or, pour obtenir l’aval du gouvernement tunisien, Watania Qtel a« offert »à Skhar el Matri 25 % de l’affaire en contrepartie de l’aval du gouvernement et de la promesse d’obtention d’une licence 3G.

Tout le montage financier dont on parle dans les médias tunisiens est pur mensonge, nous publierons ultérieurement les documents prouvant la malversation.

ORANGE

Les opérations se suivent et se ressemblent, la licence du troisième opérateur téléphonique a été accordée à la fille du président, Cyrine Ben Ali, qui est également, à travers Planet Tunisie, le principal fournisseur d’accès Internet du pays.

ORANGE, suite :

Le contrat signé entre ORANGE et l’État tunisien prévoyait une clause de non concurrence d’une année concernant la licence 3G.

Ce contrat stipulait que si la licence 3G était accordée dans l’année à un autre opérateur, l’État se verrait obligé de rembourser 70 millions de dinars du montant de la licence.

Il est étonnant que l’État n’ait pas su attendre une année avant d’accorder à un autre opérateur une licence 3G. La Tunisie a ainsi perdu 70 millions de dinars.

MEDIAS

La famille Ben Ali est aujourd’hui à la tête d’un empire médiatique sans précédent dans l’histoire. Cet empire couvre tous les secteurs médiatiques, de la presse écrite à la télévision.

RADIO MOSAIQUE FM

Il était clair que les médias aussi allaient subir la razzia de la famille de Ben Ali. Non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons d’influence politique. En effet, dans leur folie des grandeurs, les proches de Ben Ali se sont crus aptes à prendre le pouvoir, c’est ainsi qu’ils ont investi à tour de bras dans les médias. Radio, journaux, agences de publicité. Nous nous en tiendrons ici aux grands médias.

C’est ainsi que la licence de la première radio privée a été accordée à un groupe d’hommes d’affaires dont Belhassen Trabelsi, majoritaire, est comme par hasard le frère de Mme Ben Ali.

Pour couper court aux rumeurs, la licence a été accordée au nom de M. Boutar, prête-nom et P.D.-G. de ladite radio.

CHAMS FM

Autre radio privée, mais même système : la licence de CHAMS FM a été accordée à la fille Ben Ali épouse Mabrouk. Le prête-nom est Fathi Bhouri, ancien directeur général de Planet Tunisie, dont elle est également propriétaire.

ZITOUNA FM

L’imagination ne fait pas partie des proches du régime : la licence de ZITOUNA FM a été accordée à Sakhr el Matri, gendre du président qui, à travers cette radio « islamisante », veut se faire passer pour un « véritable musulman » et acquérir les faveurs du peuple.

JAWHARA FM

Pour ne pas être en reste, évoquons la radio FM du Sahel. La licence a été donnée à M. Néji Mhiri, ami personnel de Ben Ali et administrateur à la Banque Centrale de Tunisie alors qu’il doit environ 600 millions de dinars aux banques tunisiennes !

EXPRESS FM

Quant à la toute nouvelle radio économique, EXPRESS FM, elle appartient au frère de Mme Ben Ali, Belhassen Trabelsi, encore lui, associé à M. Ben Rayana, de la société MAC, qui a présidé à l’entrée en bourse de Carthage Cement, l’un des plus gros scandales du pays, nous y reviendrons.

Toujours dans le paysage audio-visuel tunisien, évoquons :

CARTHAGE TV

Non content d’avoir, avec leur société de production CACTUS, complètement phagocyté la télévision nationale avec la vente de programmes achetés clé en main et la production de séries vendues à l’avance avec l’appropriation des plages publicitaires, Belhassen Trabelsi et Sami Fehri décident de créer leur propre chaîne de télévision.

Il faut noter que Cactus production s’est approprié, ces dernières années, 60 % des revenus de la chaine nationale TV7. Les directeurs de la chaîne ont ainsi contribué à l’effacement de toute une génération de producteurs en achetant au seul Cactus l’écrasante majorité des programmes.

HANNIBAL TV

Même procédé complètement illégal d’accord de licence que pour les radios.

Monsieur Mohamed Nasra, époux d’une proche de Mme Ben Ali a obtenu la première licence privée de télévision. Il a d’ailleurs contribué de façon exceptionnelle à l’abêtissement de la société tunisienne en présentant des débats nerveux qui ne concernent jamais les questions essentielles que tous les Tunisiens se posent.

Il faut également mentionner qu’Hannibal TV doit au fisc tunisien plus de 5 millions de dinars et que les ordres de laisser faire partent directement de la Présidence de la République !

D’autre part, comme si tout ceci ne suffisait pas, le patron d’Hannibal TV jouit d’une immunité de fait devant les tribunaux. Il ne paie aucun fournisseur de sa chaîne et ne verse aucun droit de retransmission à la Fédération tunisienne de football, privant ainsi les clubs de football d’une source de revenus très importante.

groupe dar assabah

A la suite d’une dispute au sein de la famille propriétaire du groupe de presse Dar Assabah, Sakhr el Matri a racheté l’affaire.

Le groupe Assabah publie, entre autres titres, les journaux Assabah et Le Temps.

Le contrôle des médias en Tunisie est complété par le système mis en place par l’un des piliers du régime, M. Abdelwahab Abdallah, qui contrôle tout le reste des médias grâce à une agence d’État :

L’ATCE

L’Agence Tunisienne de Communication Extérieure est l’organisme mis en place par Abdelwahab Abdallah pour mettre au pas les médias qui aspireraient à une quelconque liberté d’expression et contrôler ainsi toute émergence d’une société civile.

L’ATCE gère le budget publicitaire de toutes les entreprises étatiques et l’utilise pour soumettre les médias à l’autorité de M. Abdelwahab Abdallah.

Exemple : un média tunisien s’exprime d’une façon qui ne plait pas au régime. Immédiatement, le service des commandes publicitaires de l’ATCE est averti et retire à ce média toutes les publicités étatiques qui lui sont dévolues. Il ne reste alors qu’un seul choix au responsable du média en question : se limiter aux insertions du secteur privé. Or, Abdelwahab Abdallah et ses sbires vont jusqu’à influencer les choix publicitaires des entreprises privées en appelant les responsables pour leur conseiller de retirer leur budget au média en question.

Mais il ne faut pas croire que l’essentiel de cet argent va aux médias amis. Plusieurs millions d’euros de l’ATCE (donc des entreprises publiques) sont destinés à financer la communication extérieure de M. Abdelwahab Abdallah en payant à tour de bras :

• des médias réputés indépendants (Jeune Afrique, Arabies, Tunisie PLUS…)

• des responsables politiques étrangers.

• des auteurs de livres qui font l’apologie du régime, comme ceux du journaliste-mercenaire Salvatore Lombardo qui présente Ben Ali comme une grande personnalité politique internationale, porteuse d’un grand message humanitaire.

En même temps, l’ATCE compte, partout dans le monde, des protégés, des agents qui, à la première alerte politique, écrivent des articles et produisent des reportages soulignant l’excellente gouvernance de la Tunisie. Il est utile de préciser que ce ne sont que les médias nationaux qui reproduisent l’essentiel de ces articles et reportages, et ce, pour mieux tromper les Tunisiens en voulant leur faire croire que les médias internationaux parlent de la « réussite de la Tunisie de Ben Ali » alors qu’il ne s’agit que de journalistes payés.

La communication politique de M. Abdallah s’évertue également, envers l’opinion publique étrangère, à présenter Ben Ali comme un bouclier contre l’islamisme radical. A chaque crisette ou crise, ses journalistes-agents véreux crient au loup : « Les islamistes veulent prendre le pouvoir » ! Or la population tunisienne dans son écrasante majorité a toujours renié l’islamisme radical. Seul le comportement indigne et irresponsable des proches du régime pousse les Tunisiens vers l’extrémisme.

D’ailleurs, nous avons appris que face à la révolte actuelle, les conseillers politiques de Ben Ali ont évoqué la nécessité d’une grande manipulation destinée à détourner la population de ses revendications légitimes. En effet, une action terroriste islamiste commanditée par le pouvoir serait en gestation. C’est tout ce que ces conseillers de Ben Ali auraient trouvé pour salir cette révolte non violente et légitime. Cette recette consistant à brandir l’épouvantail de l’islamisme radical est une recette vieillotte qui ne trompe plus personne et qui renvoie à chaque fois aux calendes grecques les réformes nécessaires au pays.

Les manœuvres de désinformation à grande échelle sont subies par la Tunisie depuis les premières années du régime de Ben Ali. Mais la nullité de la communication politique tunisienne a détourné l’ensemble de la population vers les chaînes étrangères, Al Jazera en premier lieu.

En fait, la politique de communication dirigée par M. Abdallah est un véritable désastre national : l’ensemble de la population ne fait plus aucune confiance aux médias nationaux qui ont par ailleurs été durement visés par les slogans des manifestants de l’hiver 2010/2011 qui font l’apologie d’Al Jazeera.

Il faut aussi rajouter à l’actif de M. Abdelwahab Abdallah l’une des plus stupides opérations de censure de toute la planète. En effet, à la fin des années 90, un livre dénonçant les dérives de Ben Ali étant paru à Paris, Monsieur Abdallah donna l’ordre d’acheter tous les exemplaires. C’est ainsi qu’il propulsa ce livre au top des ventes, lui donnant un succès et une notoriété inespérés.

Cette leçon n’a même pas servi à Monsieur Abdallah, car une autre version de la même bêtise a été renouvelée une décennie plus tard concernant le livre « La Régente de Carthage ». La plainte déposée sans base juridique devant le tribunal des référés à Paris par Me Samia Maktouf, dont l’habileté s’est limitée à l’obtention des faveurs de Mme Ben Ali, a donné au livre un coup de pouce publicitaire sans précédent puisque tous les journaux en ont parlé. Autre conséquence des limites intellectuelles de ces deux conseillers politiques de Ben Ali : la campagne de fouilles opérée durant des mois aux aéroports tunisiens à la suite de la publication de « La Régente de Carthage » restera dans les annales : les douaniers et policiers avaient reçu l’ordre de demander à tous les arrivants en Tunisie : « Avez-vous des livres dans vos bagages ? ». Beaucoup ont dû croire que les livres, comme la drogue ou les explosifs, étaient interdits en Tunisie.

Triste résultat pour l’un des rares pays au monde ayant 3000 ans de civilisation.

L’immobilier

Faire une liste des biens et opérations immobilières concernant la famille élargie de Ben Ali est une opération de longue haleine.

Nous citerons, dans le tas, la razzia opérée par Belhassen Trabelsi sur les maisons de Sidi Bou Said et l’acquisition au dinar symbolique du village touristique construit autour du port de Sidi Bou Said et le groupe des hôtels Carthago vendu dernièrement au libyen Leico.

A Gammarth, Slim Chiboub et Aziz Miled ont construit une marina.

La zone « Les Côtes de Carthage » a été presque entièrement distribuée par l’Agence Foncière Touristique aux Ben Ali, Trabelsi, Mabrouk, etc…

La plupart des opérations immobilières du pays sont aux mains de la famille. Ben Ali leur distribue des zones entières. Il l’a fait pour Montassar Maherzi (époux de la sœur de Mme Ben Ali)à Gabès, pour lui-même à la Baie des Anges au Kantaoui, il a distribué à tour de bras des dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles à ses proches (Utique, Zagouan etc…).

L’agence fonciere d’habitation

L’AFH, agence étatique qui a garanti, durant des décennies, aux foyers tunisiens à revenu faible ou moyen l’accès à la propriété est devenue une véritable pompe à fric au bénéfice des proches du pouvoir qui en usent pour soudoyer tous ceux qui les soutiennent.

C’est ainsi que les proches du pouvoir mettent en danger l’un des meilleurs acquis de l’histoire sociale de la Tunisie : l’accession à la propriété.

LES TERRAINS DE LA SATPEC A GAMMARTH.

La SATPEC, organisme fondé pour la promotion du cinéma tunisien, a été concédée à une société appartenant à Tarak Ben Ammar. Mais là où le bât blesse, c’est qu’avant cette opération, tous les terrains compris dans la concession ont été retirés et vendus pour promotion immobilière, toujours en faveur de la famille.

les TERRAINS De la steg

Suite à la privatisation de la Société Ennakl, celle-ci s’est illégalement approprié un terrain public de plusieurs hectares rendu accessible suite à la fermeture de la centrale électrique de La Goulette. Sur ce même terrain qui possède une berge sur les rives du Canal de Tunis, à quelques centaines de mètres du port, M. Matri a fait construire un village touristique comprenant un quai destiné aux bateaux de croisières et un centre commercial de plusieurs dizaines de boutiques, le tout bâti sur un terrain appartenant à l’État et concédé au Holding PRINCESS (appartenant à hauteur de 90% à Ben Ali et 10% à Matri) sans aucune consultation ni appel d’offres.

Cette véritable razzia sur les croisières, dont profitait auparavant l’État par l’intermédiaire de l’OPAT, touche également l’ensemble des commerçants du tourisme qui voient petit à petit les croisiéristes limiter leur visite au port touristique de M. Matri.

Drôle de façon de promouvoir le tourisme tunisien en limitant la visite des touristes aux berges du canal de Tunis, alors que le parc archéologique de Carthage, l’un des plus prestigieux de la Méditerranée, est juste à côté.

les terrains de la sonede

Le même M. Matri n’a pas trouvé mieux pour élever un palais des 1001 nuits que de le bâtir à Sidi Bou Said, sur un terrain appartenant à la Compagnie tunisienne des Eaux : la SONEDE.

Comment ce terrain est-il sorti du patrimoine de la SONEDE pour aboutir dans celui de M. et Mme Matri, les Tunisiens aimeraient bien le savoir. Mais le vol manifeste des biens de l’État ne suffit pas, car par la construction de ce palais, la famille de M. Ben Ali, certainement frustrée par la richesse des familles royales du Golfe, a exposé à tous les regard sa folie des grandeurs car cette habitation de 8 000m2 construits contient – outre une mosquée et un garage de plusieurs milliers de m2 – une chambre à coucher de 700m2, sans compter les fauves dans le jardin. L’ambassadeur des USA n’a pas manqué de le préciser avec un humour moqueur dans un câble révélé par Wikileaks.

Bref, la bêtise et l’avidité sont telles que la famille de M. Matri – une digne famille tunisienne dont un ancêtre est un héros de l’Indépendance du pays – renie les frasques du rejeton qui s’est acoquiné avec un pouvoir dont les pratiques doivent faire se retourner dans sa tombe le grand et digne Mahmoud el Matri.

jardin public au bénéfice de la famille

La Tunisie compte peu de lieux de loisirs mythiques. Il a fallu raser le dernier d’entre eux, une boîte de nuit qui a fait la notoriété internationale de l’ambiance nocturne tunisienne. On a détruit cet endroit pour construire un jardin public parsemé de lieux de loisirs tout à fait privés. En effet, un club privé et un centre de thalassothérapie gérés par Mme Ben Ali et sa sœur ont été édifiés sur ce terrain public. L’investissement a été financé par le frère de Mme Ben Ali, Belhassen Trabelsi, et son associé Hamadi Touil.

On se demande une nouvelle fois comment les mairies – qui sont si souvent tatillonnes sur leurs privilèges – accordent avec autant de passe-droits des concessions et des permis de bâtir sur leurs propres domaines sans aucune consultation ni appel d’offres.

En fait, il s’agit encore du phénomène de deux poids, deux mesures ». Les biens de la communauté sont entièrement dévolus aux proches de Ben Ali en faveur desquels aucune loi ne s’applique, à part celle du plus fort.

La grande distribution

Carrefour

Licence obtenue par l’entremise de Slim Chiboub qui a conditionné son intervention contre une somme faramineuse.

Géant

Licence obtenue par la famille Mabrouk grâce à Mme Mabrouk, fille de Ben Ali.

Monoprix

Egalement entré dans le patrimoine des Mabrouk.

Bricorama

Affaire entièrement réalisée par M. Mahbouli puis carrément confisquée par Imed Trabelsi.

INDUSTRIE

Outre les briquetteries qui ont fait l’objet d’une concentration aux mains du discret mais néanmoins actif Slim Zarrouk, époux de Ghazoua Ben Ali, il est utile de mentionner le plus grand scandale de l’histoire financière de la Tunisie :

Carthage cement

En matière de détournement de biens publics, l’affaire Carthage Cement est celle où les excès les plus incroyables ont été réalisés.

Un pool industriel international mené par des Italiens a proposé à l’État tunisien l’achat de la cimenterie de Tunis. Après plusieurs mois de travail et après avoir obtenu l’essentiel des autorisations nécessaires, au moment de signer le contrat définitif avec l’État tunisien, les industriels sont contactés par Belhassen Trabelsi qui conditionne l’accord de l’État à 20% de l’affaire (80 millions de dinars).

Choqués par ces pratiques, les industriels se retirent, laissant à Belhassen Trabelsi l’affaire qu’ils avaient montée.

Celui-ci procède alors à l’appropriation de plus de 400ha de terrain (acquis au dinar symbolique) appartenant à l’État et en flagrante irrégularité avec toutes les règles, fait entrer en bourse Carthage Cement qui n’a aucun bilan, et ce, grâce à des banquiers irresponsables. Pour couronner le tout, la Société Tunisienne des Chemins de Fers se permet de financer, pour Carthage Cement, 15 kms de voies de chemin de fer. Le ministère des Transports et l’Assemblée Nationale n’y voient aucun inconvénient. Ne citons pas la Cour des Comptes, la Commission de contrôle des opérations de bourse ni tous ces organismes de contrôle mis en place par le régime pour mieux tromper son monde et qui harcèlent tous les Tunisiens sauf ceux qui mettent le pays sous leur coupe réglée.

Carthage Cement constitue certainement le plus gros scandale de l’ère Ben Ali, et ce, avec la complicité active de plusieurs hauts responsables.

DIVERSES AFFAIRES

L’International School of Carthage.

Un terrain et une subvention d’à peu près 2 millions de dinars du ministère de l’Education nationale accordés gracieusement à Mmes Ben Ali et Arafat pour la création d’une école privée !

Alors que les écoles tunisiennes subissent un manque flagrant de budget de fonctionnement, alors que les classes sont dans un état de délabrement avancé, un budget national est alloué à une école élitiste privée !

Comme si tout cela ne suffisait pas, pour obliger les Tunisiens à inscrire leurs enfants dans son école, Mme Ben Ali a usé de tout son pouvoir pour fermer la principale institution concurrente. Le fondateur de cette institution, M. Bouabdeli, a été obligé de mener une véritable campagne de presse internationale, ponctuée par la publication d’un livre, pour pouvoir recouvrer ses droits. Sans succès.

Comme l’a révélé Wikileaks, Mme Ben Ali s’est même frottée à l’Ecole américaine de Tunis en ordonnant au ministère des Finances d’annuler le régime de faveur fiscale dont bénéficiait l’institution américaine. Il faut préciser que suite à la petitesse de ces pratiques, le gouvernement américain a revu à la baisse ses aides économiques à la Tunisie.

Les bananes de la république

Comme cela devait se faire dans une république devenue bananière, l’importation des bananes a été retirée à l’une des plus prestigieuses sociétés de développement tunisienne, la STIL, qui avait lancé, au début de la Tunisie indépendante, un exceptionnel plan de développement du Sud et qui bénéficiait de plusieurs monopoles d’État. L’un de ces monopoles concernait l’importation de bananes qui été soustrait à cette société nationale de développement pour être accordé aux membres de la famille Trabelsi, Moncef, ancien photographe de rue et M. Jaraya, son acolyte.

Il faut préciser que les ministres du Commerce se pressaient pour leur signer les licences d’importation et obtenir ainsi les faveurs du pouvoir.

La sucrerie de Bizerte

L’importation du sucre était un monopole d’Etat, mais pour mieux se sucrer, M. Belhassen Trabelsi, frère de Mme Ben Ali, a décidé de se substituer à ce monopole d’Etat en créant sa propre usine à Bizerte. Il s’est même approprié une partie du port de Bizerte pour y installer ses silos. Et ce, avec l’homme d’affaires prête-nom Lotfi Abdenadher.

LES ALCOOLS

Comme tout État en développement, les monopoles juteux avaient été accordés, comme nous l’avons vu plus haut, à des Sociétés de Développement destinées à mettre à niveau l’économie tunisienne. C’est ainsi que le monopole d’importation et de distribution des alcools appartenait, lui aussi, à la STIL. Mais la liquidation de cette entreprise particulièrement juteuse ne s’est pas fait attendre et les Trabelsi ont immédiatement mis la main sur ses divers monopoles et même sur le marché noir de l’alcool, dont la distribution passe obligatoirement par Imed Trabelsi.

Et c’est ainsi que l’œuvre de développement de la Tunisie a été abandonnée au profit de quelques personnes sans envergure, pour leur seul profit.

Des régions entières sont ainsi tombées en désuétude, complètement abandonnées par un État devenu soucieux du seul enrichissement de Ben Ali et de ses proches qui à leur tour récompensent les agents véreux de l’État en leur accordant des postes en haut lieu. L’explication de la déchéance de tout un pays apparaît alors dans toute sa simple vérité.

Les trabelsi et Les Ben ali se substituent à la douane

Une multitude de sociétés officient depuis des années au vu et au su de tout le monde pour permettre à certains commerçants tunisiens d’importer des produits sans droits de douane avec un prix fixe au mètre cube importé.

Les conteneurs passent la douane sans aucun contrôle. Cette pratique avait créé un scandale en décembre 2006 à la suite d’une attaque intégriste à Soliman. Tout le monde se demandait si les intégristes n’avaient pas fait entrer les armes dans ces conteneurs non contrôlés.

Cette pratique d’importation sauvage contribue à appauvrir tout le tissu industriel tunisien, alimente le marché parallèle de produits et d’objets volés et provoque la faillite des honnêtes commerçants.

Les principaux bénéficiaires de ce trafic sont Jalila Trabelsi, sœur de Madame Ben Ali, et Hayet et Kaies Ben Ali, sœur et neveu du président et d’autres membres de la famille que nous citerons la prochaine fois.

Imed trabelsi kidnappeur

Un homme d’affaires tunisien opérant en Libye ayant été approché par Imed Trabelsi à propos d’un gros contrat avec la Libye a refusé de partager l’affaire avec lui. Imed a promis qu’il se vengerait et c’est ainsi que quelques jours plus tard, le petit-fils de l’homme d’affaires a été enlevé.

L’affaire – grandement médiatisée – a pris des proportion nationales, mais l’intervention de Mme Ben Ali a sauvé son neveu du scandale.

LE THON TUNISIEN, MONOPOLE DE M. MOURAD TRABELSI, FRERE DE MME BEN ALI

L’exportation du thon est depuis quelques années devenue monopole personnel de Mourad Trabelsi qui est également le seul individu autorisé en Tunisie à en faire l’élevage et à l’exporter.

Pêche au Lac de Tunis

Le même Mourad Trabelsi a obtenu, par l’intermédiaire d’un Italien prête-nom, le monopole de la pêche au Lac de Tunis. Son unique contrepartie : nettoyer les algues du Lac.

Quel est le prix de la concession ; comment a-t-elle été accordée ? Mourad Trabelsi paye-t-il des impôts en contrepartie de ces énormes privilèges ?

La friperie

Même système, mêmes bénéficiaires. La friperie n’a pas échappé aux proches de Ben Ali, dont elle est devenue une chasse gardée !

Conclusion

Cette énumération est rébarbative tellement le manque d’imagination des proches de Ben Ali est éprouvant en matière de détournement de biens publics et autres enrichissements illégaux.

Nous préparons un second dossier où nous poursuivrons l’énumération de ces scandales qui ne doivent jamais être oubliés pour que ces gens qui ont mis le pays à genoux puissent payer un jour tous leurs méfaits.

Nous tenons également à avertir les Tunisiens des arnaques qui sont déjà en cours de préparation, tel le déclassement du terrain de l’ IHEC à Carthage. En effet, les proches du Président considèrent que ce terrain, merveilleusement placé sur le versant de l’historique Carthage, conviendrait bien mieux à la construction de dizaines de villas pour leur compte. La même logique a été adoptée pour le stade Zouiten, situé sur les hauteurs du Belvédère et de Mutuelleville. La même logique a été adoptée pour le versant sud de la colline de Gammarth où les constructions vont très bientôt être entamées par un certain Imed, clone de son homonyme trabelsien et prête-nom de certains membres de la famille et qui a déjà loti un terrain archéologique entre Carthage et La Marsa, terrain déclassé par un ancien dirigeant de l’Institut du Patrimoine et par des complicités au sein du ministère de la Culture, nous y reviendrons aussi.

Nous parlerons également du neveu de Ben Ali, Monsieur Mehdi Mlika, et de sa politique d’embellissement de l’environnement qui s’est soldée par la simple exécution d’une « Avenue de l’environnement » dans chaque ville de Tunisie. L’embellissement de ces artères, qui a consisté en quelques bacs à fleurs et terre-pleins gazonnés et quelques horreurs artistiques, a coûté des fortunes dont les principaux bénéficiaires sont Mehdi Mlika et Ben Ali, par l’intermédiaire d’entrepreneurs véreux qui n’ont ramassé que des miettes. Bref ce sont les budgets des municipalités et du ministère de l’Environnement qui en ont pâti.

Nous évoquerons aussi le hold-up réalisé au profit de Sakhr el Matri et du fils de Ben Ali par l’achat au nominal des actions du groupe Nestlé détenues par la Banque Nationale Agricole depuis une cinquantaine d’années. Nestlé International a violemment réagi devant ces pratiques dignes des pires républiques bananières.

Nous évoquerons aussi l’acharnement avec lequel la famille de Ben Ali se réserve tous les marchés publics du pays, contribuant ainsi à appauvrir l’État en imposant des prix qui n’ont rien à voir avec la réalité des offres.

Nous parlerons du monopole accordé à Moncef Trabelsi dans le transport des produits pétroliers dans tout le pays, nous évoquerons les malversations ayant eu lieu autour des projets immobiliers géants de Sama Dubai et de Boukhater et qui ont engrangé de telles commissions qu’ils ont fini par couler malgré des terrains acquis parfois au dinar symbolique et alors que nos propres entrepreneurs sont écartés de ces projets juteux.

Sans oublier la résidence de St Tropez, acquise par Ben Ali et sa femme sous la médiation de Sakhr el Matri et François Benaceur.

Nous n’évoquerons pas la saga Imed Trabelsi/Faouzi Mahbouli concernant Bricorama car elle est étalée en large et en travers sur Internet.

Par contre, nous reviendrons sur l’affaire de l’aéroport des pèlerins, construit sans appel d’offres ni consultation et ayant coûté 10 fois son prix.

Nous parlerons aussi de l’aéroport international d’Enfida et de la concession remportée par la Société turque TAV. Cette société, représentée par Belhassen Trabelsi et Youssef Zarrouk, n’était pas en mesure de payer la concession. Belhassen Trabelsi leur a concocté, avec l’intervention de Ben Ali, un concours bancaire en dinars tunisiens alors que le paiement était prévu en dollars. Comment ce crédit sera remboursé alors que l’aéroport reste désespérément désert ?

Nous dévoilerons également dans le prochain dossier d’autres détournements de milliards de dinars à l’OACA, à la Poste, à Tunisie Télécom, au groupe chimique, au ministère de l’Environnement, etc.

Nous appelons les responsables honnêtes, s’il en demeure, de réagir le plus vite possible en désignant une commission d’enquête indépendante qui devra faire la lumière sur toutes ces affaires.

Nous appelons également tous les responsables politiques à saisir la gravité de la situation et à s’entendre pour déposer Ben Ali et procéder à l’arrestation de toute la clique qui a procédé à un véritable dépècement du pays.

Il faut avoir présent à l’esprit que ces personnes sans scrupules sont prêtes à mettre le pays à feu et à sang pour glaner encore quelques mois au pouvoir, de quoi leur permettre de finaliser leurs opérations en cours.

Il faut que les consciences s’éveillent, que les responsables politiques et ceux de la sécurité du pays, militaires compris, cessent de faire allégeance à des individus sans foi ni loi qui utilisent le prestige du pouvoir pour faire ce que bon leur semble sans aucun sens des responsabilités ni même de la mesure.

Tous les responsables savent que tout ce qui est écrit ici est vrai et nous tenons à les avertir que s’ils continuent à faire la sourde oreille, ils se mettrons dans la position définitive de complices de la mise à sac du pays.

Nous appelons également les responsables de la sécurité du pays de refuser de s’engager dans des complots qui visent à faire changer l’opinion des Tunisiens et à les garder sous un régime qui ne peut aboutir qu’à la désintégration du pays.

Nous remercions de tout cœur tous ceux qui nous ont permis de réaliser ce dossier, ils ne l’ont fait sans aucun calcul, simplement par nationalisme, pour défendre ce pays qui ne mérite pas ses dirigeants actuels.

Nous tenons encore une fois à évoquer ceux qui se sacrifient pour que la Tunisie ne soit plus jamais à la solde de tristes individus. Tous ceux qui défilent, se battent, parlent et écrivent sont le fer de lance de notre pays car ils le font tout en sachant qu’ils se battent contre l’une des pires dictatures de notre temps.

Nous appellons tous les Tunisiens à continuer à manifester pacifiquement leur ras le bol, à ne pas toucher aux biens communs.

Nous appelons enfin une nouvelle fois les responsables à se comporter avec force et honneur et à réagir à la mise à sac du pays en déposant Ben Ali, le premier responsable de cette situation.

Nous proposons comme alternative politique l’élévation du premier ministre actuel, M. Mohamed Ghanouchi, au poste de Président de la République pour une période d’une année pendant laquelle aura lieu la consolidation de la société civile née des événements actuels et l’organisation d’un tribunal spécial.

Nous appelons la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante pour un changement constitutionnel relatif au rôle et au mandat du chef de l’État dans le sens de leur réduction pour que plus jamais aucun individu ne confisque aux Tunisiens leur pays.

Plus d’un demi-siècle de dictature et de culte de la personnalité suffisent. Nous proposons que chaque futur dirigeant de la Tunisie n’ait la possibilité de gouverner que durant un unique et court mandat, pour laisser à la société civile tunisienne, qui durant ces dernières semaines a merveilleusement résisté au terrible système de Ben Ali, la possibilité d’émerger définitivement.

Au nom de tous les Tunisiens dignes.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 08:29

Le Canard Enchaîné : Le général Desportes placé sur écoute avec le feu vert de l’Elysée

La "grande muette" mise sur écoute lorsqu’elle se rebiffe et dit ses quatre vérités à un pouvoir empêtré dans une guerre sans fin ? C’est bien ce qui s’est produit aux dépens d’un haut-gradé français dans une affaire d’écoutes téléphoniques diligentée directement par l’Élysée. Une fois n’est pas coutume, nous relayons un article du Canard Enchaîné concernant le Général Desportes, ex-patron de l’École de guerre, qui a osé remettre en cause la présence française en Afghanistan, crime de lèse-majesté s’il en est, dans un pays où même le Parlement n’a pas voix au chapitre pour ce qui concerne la politique extérieure, et sans d’ailleurs que cela ne soulève d’objection.

N’empêche, neuf ans après le début de l’invasion de l’Afghanistan déclenchée au lendemain du 11-Septembre contre le régime des Talibans, et alors que l’incompréhension monte au sein même de l’armée française aussi bien que dans le monde politique -  voir à ce propos les prises de position récentes de Pierre Laurent et de Jean-Luc Mélenchon -,  il serait temps que les autorités françaises et plus généralement les Forces occidentales, plutôt que de placer les contestataires sur écoute, voire de les limoger,  admettent qu’elles n’ont  rien à faire dans ce pays, et que la seule mesure qui s’impose est un retrait des troupes dans les plus brefs délais.

 

 


 

Le général Desportes placé sur écoute avec le feu vert de l’Elysée

paru dans Le Candard Enchaîné, le 5 janv. 2010

 

La dernière livraison du Canard enchaîné rapporte que le contre-espionnage français a enregistré, en 2009 et 2010, les conversations du patron de l’Ecole de guerre, qui ose mettre en cause l’engagement de la France en Afghanistan.

Selon l’Elysée et le ministre de la Défense, la République est en danger quand un général ose émettre quelques critiques sur l’engagement de la France en Afghanistan.

A sein de l’état-major des armées, on n’ignore pas l’intérêt porté par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) aux conversations et aux relations du général Desportes. Motif de cet espionnage électronique réalisé sans l’aval d’un juge d’instruction : Vincent Desportes serait membre d’un réseau militaire clandestin baptisé « Surcouf ».

Réseau « Surcouf »

En 2008, des généraux, des amiraux et des colonels en activité ou à la retraite, tous contraints à l’anonymat, rédigent ensemble un texte qu’ils signent « Surcouf ». Puis, ils insistent auprès du Figaro pour que cette « tribune » paraisse le 18 juin. Une date choisie pour le symbole gaulliste qu’elle représente.

Ce texte taille en pièce le Livre blanc de la Défense, un document concocté à l’Elysée sous l’autorité du Président. Pour le chef d’état-major des armées, l’amiral Guillaud, qui a collaboré à la rédaction de ce Livre blanc, cette prise de position dans Le Figaro tient de l’affront personnel. Sarkozy et Guillaud, furieux et inquiets, veulent savoir combien d’officiers se cachent derrière « Surcouf ».

Deux perquisitions sont menées à l’Ecole militaire. Les locaux du Collège interarmées de défense, dont le directeur est à l’époque le général Vincent Desportes, sont « visités ». Autres bureaux perquisitionnés, ceux du Chem, « l’aile militaire » de l’Institut des hautes études de Défense nationale, d’où sortiront les futurs généraux. Dans les deux cas, plusieurs ordinateurs d’officiers sont embarqués, dans l’espoir de découvrir les noms des membres et amis du réseau « Surcouf ».

Une guerre dont les armées françaises ne veulent pas

Dès lors, Vincent Desportes est dans le collimateur. En 2010, il apprend que l’état-major, les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et leurs porte-parole ont reçu, de Sarkozy, l’ordre de faire silence sur l’Afghanistan. Mais il n’en a cure.

A quelques semaines de prendre sa retraite, Desportes devient le premier officier de haut rang à mettre publiquement en cause l’engagement de la France. Dans un entretien qu’il accorde au « Monde » (daté du 2 juillet 2010), il affirme que « la situation en Afghanistan n’a jamais été pire (…). C’est une guerre américaine ». Avant de conclure : « Il faudra bien revoir la stratégie (…). L’armée américaine doute des directives de ses chefs. Tout se passe comme si le président Obama n’était pas très sûr de ses choix. » Puis Desportes confirme que la France ne participe à aucune décision sur l’engagement des troupes.

Dès la parution du Monde, nombre d’officiers et de généraux approuvent discrètement ce qu’ils viennent de lire. Au centre de planification et de conduite des opérations – où l’on est « branché » en direct sur Kaboul – personne ne met en cause ce constat. Même réaction, en général, à l’Ecole militaire. Au Quai d’Orsay, plusieurs hauts diplomates se félicitent de voir un militaire ainsi monter au feu.

Avec l’accord de Sarkozy, l’amiral Guillaud décide de réagir. Il s’invite dès le lendemain à Europe 1 et traite Desportes d’irresponsable avant de lui promettre une sévère sanction pour sa faute. Au Figaro, où plusieurs journalistes ont leurs entrées dans les milieux militaires, la réaction est fort différente. Un article paraît, le 3 juillet, qui cite les propos acerbes du général Desportes sous ce titre révélateur : « La guerre en Afghanistan provoque une crise dans la hiérarchie militaire française. »

L’amiral Guillaud a en effet parlé trop vite. Plusieurs conseillers du ministre de la Défense, Hervé Morin, téléphonent à des officiers pour évaluer les dégâts provoqués par la sortie de Vincent Desportes, et ils constatent une « certaine poussée de fièvre » parmi les gradés des trois armées. Convaincu de l’existence d’un réel malaise au sein des troupes, Sarkozy et Guillaud rengaine vite leur colère. Desportes ne doit pas devenir un martyr. Il n’écopera donc que d’une petite « réprimande », et simplement orale…

Desportes persiste et signe

Trois mois plus tard, alors que, retraité, il occupe un poste de direction chez Panhard, où l’on fabrique des petits blindés, Vincent Desportes hausse encore le ton. Dans un entretien publié à « l’Express », le 18 octobre dernier, il enfonce le clou : « Si on ne donne pas sa chance à une pensée critique et constructive dans les armées, on est condamné à voir se multiplier les Surcouf (…). Une armée dans laquelle la pensée critique est bannie s’affaiblit. » Et il affirme qu’aucun débat « ouvert et franc » sur la guerre en Afghanistan « n’aura lieu tant que la majorité et l’opposition ne seront pas saisies sur le sujet ».

Tout le monde est donc prié d’attendre que les élus de la nation se réveillent. A la différence de leurs homologues britanniques, allemands ou autres, les députés et sénateurs français n’ont pas la possibilité de voter « pour » ou « contre » la guerre d’Afghanistan. Et ils ne s’offusquent même pas qu’un militaire vienne leur donner la leçon. Ce général, mis sur écoutes, ils devraient pourtant l’écouter, eux aussi…

 

Claude Angeli

Le Canard Enchaîné, 5 janv. 2011

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:30

Sur un marché de Djakarta, en Indonésie. L'indice des prix des produits alimentaires mesuré par l'ONU a dépassé en décembre 2010 les sommets atteints en 2008.

Sur un marché de Djakarta, en Indonésie. L'indice des prix des produits alimentaires mesuré par l'ONU a dépassé en décembre 2010 les sommets atteints en 2008.AP/Dita Alangkara

 

Le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU tire le signal d'alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires. "Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l'écart entre la réalité de ces stocks et l'évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd'hui le début d'une crise alimentaire similaire à celle de 2008", s'inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l'explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

Selon lui, "quatre-vingts pays environ sont en situation de déficit alimentaire. Une hausse très dangereuse pour ces pays. C'est pourquoi il ne faut pas répéter les erreurs commises il y a trois ans", avertit-il.

L'indice mesurant les évolutions de prix d'un panier de céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre est au plus haut depuis sa création, en 1990, annoncé la semaine dernière la FAO, l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

RECONSTITUER DES STOCKS ALIMENTAIRES

"Aujourd'hui comme en 2008, il n'y a pas de problème de pénurie. Mais, lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s'accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait ça, les prix augmentent", résume M. de Schutter.

Il propose d'encourager les pays à reconstituer des stocks alimentaires pour "lisser les prix". "Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera producteurs et consommateurs contre des prix très volatils", avance Olivier de Schutter. Il appelle également à imposer davantage de transparence sur les opérations de gré à gré sur les marchés des dérivés où, selon lui, "92 % des opérations se déroulent dans l'opacité.

PAS DE LIMITATION DES EXPORTATIONS FRANÇAISES DE BLÉ

Mardi, le ministre français de l'agriculture, Bruno Le Maire, a plaidé pour un "encadrement et une limitation de la spéculation" sur les matières premières agricoles, ainsi que pour une meilleure coordination entre Etats. "La question de la volatilité des prix agricoles n'est pas accessoire, c'est un sujet qui nous concerne tous", a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs assuré qu'il n'était "pas question de limiter les exportations françaises de blé", après avoir évoqué une telle possibilité en cas de nouvelle dégradation des stocks nationaux. Le ministre a souligné que pour l'heure les réserves françaises de céréales étaient suffisantes.

La Russie ayant cessé toutes ses exportations en juillet pour cause de sécheresse, les prix du blé ont doublé en trois semaines, indique le ministre. Le prix de la tonne de blé tourne autour de 220 euros aujourd'hui, contre 100 euros début juillet 2009, et il "sera peut-être à 300 euros" bientôt.

Une trentaine de pays menacés

Les zones les plus menacées par une crise alimentaire sont les pays du Sahel "parce qu'ils sont en situation de déficit alimentaire", assure le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU. L'augmentation du prix des matières premières agricoles fragilise aussi des pays pauvres comme le Mozambique, "qui ont peu de réserves de devises", ajoute Olivier de Schutter. Des pays d'Asie centrale, comme l'Afghanistan et la Mongolie, sont aussi dans une situation "très fragile". La Corée du Nord n'est pas non plus épargnée, assure le responsable onusien.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:27

Un producteur de quinoa, à Pacoma, en Bolivie.

Un producteur de quinoa, à Pacoma, en Bolivie.AP/Juan Karita

 

Les prix alimentaires mondiaux ont atteint un nouveau record en décembre, a annoncé mercredi 5 janvier l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dépassant les sommets atteints en 2008 quand leur flambée avait provoqué des émeutes dans plusieurs pays. Les prix alimentaires ont enregistré en décembre 2010 leur sixième mois consécutif de hausse, dopés par le renchérissement du sucre, des céréales et des oléagineux.

 

 

 

L'indice mensuel de la FAO mesure les variations de prix d'un panier de produits incluant céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre. Il s'est établi à 214,7 points le mois dernier, contre 206 en novembre, et au-dessus de son précédent record à 213,5 points en juin 2008.

 L'IMPACT DES CATASTROPHES NATURELLES

L'indice du prix du sucre s'est envolé à 398,4 points en décembre contre 373,4 points le mois précédent. Celui des céréales est passé à 237,6 points, son plus haut niveau depuis août 2008, contre 223,3 en novembre. Celui des oléagineux a grimpé à 263,0 points contre 243,3.

L'année 2010 a été marquée par une sécheresse inédite en Russie, la forçant à suspendre ses exportations de céréales. Plus récemment, les inondations dans le Queensland, en Australie, commencent à se ressentir sur les prix de plusieurs produits d'exportation, qui risquent d'affecter particulièrement les marchés asiatiques (Inde, Bangladesh et Japon en tête). Canberra prévoit d'ores et déjà de réduire de 25 % ses exportations de sucre en 2011.

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 17:55
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 17:49

 

Les déclarations hallucinantes de MAM sur la situation en Tunisie

 
La scène est passée inaperçue. Les interventions du Premier ministre sur les deux jeunes otages assassinés ont monopolisé l’attention médiatique lors de la séance des questions d’actualité du 11 janvier.

Elle mérite pourtant d’être racontée, tant elle révèle la pensée scandaleuse de la ministre des Affaires étrangères.

La situation en Tunisie est préoccupante. Des dizaines de jeunes gens, étudiants pour la plupart, ont payé de leur vie l’absence de droit à manifester. La presse étrangère ne peut plus travailler librement. Jean-Paul Lecoq (PCF) interroge donc MAM sur un gouvernement « si prompt à s’exprimer sur la situation démocratique en Côte d’Ivoire » et le silence assourdissant sur la répression policière voulue par le président Ben Ali. Le parallèle est certes un peu rapide, mais la question de la position de la France est bien posée.
Michèle Alliot-Marie se lève, et avec son habituel ton pincé ose une réponse tout simplement hallucinante. Elle commence par reprocher à son interlocuteur de « lancer des anathèmes » alors qu’il s’est limité à rappeler un principe universel, celui des droits de l’Homme dont la France s’honore d’être l’auteure. Surtout elle opère une belle sortie de route lorsqu’elle déclare que « le problème des décès et des violences constatées au cours de ces manifestations (…/…) montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type »
Personne ne s’attendait à une condamnation explicite du régime autoritaire de Ben Ali. Chacun connaît la ligne diplomatique qui a prévalu jusqu’ici « mieux vaut Ben Ali que Ben Laden ». De là à passer sous silence la responsabilité du pouvoir et à offrir comme seule réponse le savoir faire de nos forces de sécurité…

 


ALLIOT-MARIE propose d'aider la Tunisie dans la répression
L’observateur bienveillant pourrait plaider le dérapage verbal, la fatigue ou l’inattention… Las, Axel Poniatowski (UMP) offre une deuxième chance à la ministre en lui posant une nouvelle question sur la Tunisie. Sa question est plus que bienveillante, le président de la commission des Affaires étrangères ayant déjà exprimé publiquement sa volonté que la France ne s’érige pas en « donneuse de leçons ». Il dit son souhait que la France « exprime ses préoccupations avec mesure ». Et là stupeur, ce n’est pas de mesure dont fait preuve Michèle Alliot-Marie mais d’une complaisance coupable : « Aujourd’hui face à cette situation, la priorité doit aller à l’apaisement après des affrontements qui ont fait des morts, un apaisement qui peut reposer sur des techniques de maintien de l’ordre. J’ai fait part tout à l’heure de notre proposition, puisque nous avons des savoir-faire en la matière. De la même façon, il est évident que doivent être prises en compte les réponses apportées par les gouvernements eux-mêmes ».

Si Rama Yade existe encore, si son poste à l’UNESCO n’a pas acheté son silence, on aimerait entendre le son d’une voix à l’UMP qui ne se confonde pas avec de tels propos et nous épargne ce sentiment de honte qui nous envah
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 17:46

Une fillette de 3 ans victime d'un cancer du sein

Une petite Canadienne de 3 ans a survécu à un cancer du sein. La fillette est la plus jeune patiente ayant souffert de cette maladie.

Elle s'appelle Aleisha Hunter. Cette petite Canadienne d'à peine tois ans a remporté sa bagarre contre la maladie. La fillette a, en effet, été victime d'un cancer du sein. Un mystère qui reste entier pour les spécialistes qui l'ont soignée. "C'est vraiment rare que le cancer du sein survienne chez les jeunes enfants", explique Nancy Down. "A notre connaissance, Aleisha est la plus jeune patiente jamais rencontrée ".

C'est la maman d'Aleisha, Melanie Hunter, qui s'est alarmée en découvrant une grosse boule au niveau de la poitrine de la fillette, et ce alors qu'elle n'avait que deux ans. "J'essuyais Aleisha après son bain et j'ai vu une bosse de la taille d'un petit pois", dit-elle. "Je n'étais pas inquiète car je pensais qu'il s'agissait d'un kyste sans danger". Mais deux mois plus tard, la grosseur était toujours présente. Mélanie a alors emmené sa fille à l'hôpital où les médecins n'ont rien décélé.

Mais la boule a alors augmenté fortement et quelques mois plus tard la fillette a commencé à ressentir des douleurs au niveau de la poitrine. "Elle ne pouvait plus dormir", explique la maman. La fillette a alors passé une IRM à la suite de laquelle on a enfin découvert la tumeur.

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