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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 13:12

 

 

A Washington on voudrait décider qui gouvernera au Caire
par Manlio Dinucci*

Depuis que les problèmes de santé du président Moubarak sont connus, ses amis préparent sa succession. Sachant qu’il ne parvenait pas à imposer son fils Gamal et que son décès plongerait le pays dans le chaos, Washington et Tel-Aviv ont préparé la relève en sponsorisant une opposition à leur goût. Alors que se lève le vent de la révolution, ils essaient de convaincre Moubarak de se retirer, et de pousser leurs poulains à sa place.


 

 

 

 

 

 

Après plus de trente ans de service honorable pour les Usa (durant lesquels il a accumulé une richesse personnelle estimée à plus de 30 milliards de dollars), le moment est venu pour Moubarak de céder le bâton de commandement : c’est ce qu’on a décidé à Washington. Le temps presse. La marée montante du soulèvement populaire risque d’emporter non seulement le dictateur mais l’appareil de pouvoir que les USA ont construit en Egypte. Le président Obama fait donc pression pour une « transition ordonnée et pacifique » qui, sur la base de « réformes constitutionnelles » guère mieux précisées, efface la figure désormais insoutenable du dictateur, mais laisse intacts les piliers de la domination états-unienne sur le pays, d’importance stratégique pour Washington sur l’échiquier moyen-oriental et africain.

 

Pour Washington, il est fondamental de maintenir le contrôle de la structure portante des forces armées égyptiennes, que les Etats-Unis ont financées, équipées et entraînées [1]. Les instructions sur les mesures d’urgence ont été données par le secrétaire d’Etat USA à la défense, Robert Gates, au chef d’état-major égyptien, général Sami Enan ; celui-ci a été convoqué à la fin du mois de janvier au Pentagone, avec qui il s’est ensuite tenu en contact étroit. Le président Obama a ainsi fait les louanges des forces armées égyptiennes pour « leur professionnalisme et leur patriotisme », en les indiquant comme garants de la « transition pacifique et ordonnée ».

Selon le plan de Washington, cette transition devrait débuter avec un gouvernement « transitoire » soutenu par les forces armées et si possible chapeautée par Omar Souleiman, vice-président tout récemment nommé, à qui la charge a été confiée le 29 janvier. Un homme fort qui jouit de la plus grande estime à Washington : auparavant directeur des services secrets militaires, chef des services secrets égyptiens depuis 1993, il a organisé avec la Cia l’enlèvement d’Abou Omar en 2003 à Milan, et son transport en Egypte. Plusieurs autres personnes « suspectées terroristes » ont été transportés secrètement en Egypte, dans le cadre du programme « Rendition » de la Cia, et y ont été torturées par Souleiman et ses agents. Un des prisonniers, al-Libi, fut contraint sous la torture de « révéler » une connexion (inexistante) entre Saddam Hussein et al Qaeda, argument utilisé par Washington pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003. Avec Souleiman comme garant de la transition « démocratique », le « nouveau visage » pour la présidence pourrait être l’actuel secrétaire de la Ligue arabe, Amre Moussa, ex-ministre des affaires étrangères de Moubarak en 1991-2001.

 

La structure militaire constitue le principal instrument de l’influence états-unienne en Egypte. Mais ce n’est pas le seul. Depuis plusieurs années, tout en continuant à appuyer Moubarak, Washington appuie aussi une partie de ses opposants dans la société civile [2]. Les principaux instruments de cette opération sont la National Endowment for Democracy (Ned) [3] et la Freedom House [4], deux organisations « non-gouvernementales » engagées dans l’ « expansion de la démocratie et de la liberté dans le monde entier ». Celles-ci sont en réalité des émanations du Département d’Etat, du Pentagone et de la Cia, qui les financent et en pilotent l’activité dans les zones critiques pour les intérêts états-uniens. La Ned, qui finance chaque année plus de 1 000 projets d’organisations non-gouvernementales dans plus de 90 pays, soutient économiquement en Egypte 33 organisations non-gouvernementales : elle fournit à chacune d’elles chaque année des financements de l’ordre de dizaines ou centaines de milliers de dollars.

 

Des groupes d’opposants à Moubarak (généralement composés de jeunes intellectuels et professions libérales) ont été invités, par l’intermédiaire de la Freedom House, aux Etats-Unis où ils ont fréquenté des cours bimestriels de « défense de la démocratie ». Ils ont aussi été reçus officiellement au Département d’Etat : en mai 2008 par Condoleeza Rice, en mai 2009 par Hillary Clinton. Lors de la rencontre, la secrétaire d’Etat a déclaré que « c’est l’intérêt de l’Egypte d’aller vers la démocratie et de montrer plus de respect pour le droits humains ». Comme si les Etats-Unis, qui ont construit et financé l’appareil répressif de Moubarak, n’avaient rien à voir avec la violation des droits humains en Egypte.

 

Washington est donc en train d’élever une nouvelle classe dirigeante égyptienne, destinée à donner un visage « démocratique » à un pays où le pouvoir continue à prendre appui sur les forces armées et dans lequel, surtout, l’influence états-unienne demeure dominante. Il reste cependant à vaincre la résistance de la vieille classe dirigeante qui s’était formée autour de Moubarak -officiers de l’armée, agents des services secrets, managers de l‘industrie de guerre, entrepreneurs- qui craint de perdre les privilèges qu’elle a acquis ou de devoir les partager. Il y a surtout le soulèvement populaire pas facile à mettre sur les rails, tracés par Obama, de la « transition ordonnée et pacifique ».

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 17:25
Le Sphinx, peu affecté par les changements en Egypte

Le Sphinx, peu affecté par les changements en Egypte | Montage Le Post d'après MAXPPP

Ce qui est toujours triste après les révolutions, même les plus pacifiques et les plus enthousiasmantes, c’est que les lendemains ne chantent pas nécessairement très longtemps. 

Comment voulez-vous que j’oublie, par exemple, la manière dont avaient été engloutis les espoirs de Mai-68 en France ? Toute ma vie j’ai été marqué, à un peu plus de 20 ans, par cette désillusion qui suivit le retour au pouvoir d’un gouvernement, et surtout d’une écrasante majorité bleu horizon, qui réclamait de l’ordre à tout prix, au sein d’un Parlement n’ayant jamais été aussi godillot de la Vème République ! Et que n’ai-je entendu, durant quasiment deux mois, en ce qui me concerne, comme déclarations flamboyantes, comme concepts idylliques, comme propositions enivrantes. Le seul problème, c’est qu’il y a toujours un après. Et c’est le plus dur à gérer, comme ces matins où l’on se réveille avec la gueule de bois, devant reprendre le boulot, sans être certain que les espoirs se transformeront en réalités, même minimes, même modestes.

Il existe un sentiment réel de frustration qui conduit souvent au renoncement quelques semaines plus tard, et à un rejet douloureux des idéaux les plus enthousiasmants. En Tunisie, c’est déjà le cas… en Egypte, ça ne tardera guère, puisque, au nom de la stabilité exigée par des interventions extérieures, les gouvernements installés passent le plus clair de leur temps à maîtriser le mouvement qui peut, à tout moment, leur réserver le sort qu’ils se préparent à réserver à leurs prédécesseurs. Toute révolution sociale ne débouche que sur des incertitudes si elle ne s’accompagne pas d’une profonde mutation citoyenne. En fait, depuis le début de cette année, la misère matérielle reste le fondement des actions passées ou en cours. La faim, le chômage, la pauvreté sous toutes ses formes, ont conduit des millions de « consommateurs » a prendre en mains leur destinée collective, qu’ils acceptaient, pour la plupart, tant qu’ils avaient l’espoir d’échapper à cette dramatique précarité.

Les opposants se sont parfois égosillés à protester dans le vide. Beaucoup ont été contraints à l’exil. La grande majorité a été accusée de faire de la politique du passé, et de colporter des fausses informations. Les médias se sont résignés, face au pouvoir de l’argent qui les étrangle, faute de conscience populaire sur leur importance. Les policiers se sont tout permis, en toute impunité, soutenus par les gouvernants, qui trouvent toujours une justification liée à un fait divers ou à un comportement déviant. Au nom de l’efficacité économique, on détruit toutes les contraintes sociales, creusant ainsi les inégalités existantes entre le pouvoir de l’argent et le pouvoir social… Et au bout, il y a un spasme plus ou moins violent, comme celui qui est étranglé et qui jette toutes ses forces dans une bataille pour sa survie.

En Tunisie, les lendemains manquent de chants glorieux. Certains en profitent déjà pour aller chercher fortune ailleurs, comme s’ils ne croyaient plus dans l’efficacité de leur mouvement. Remarquez que le peuple tunisien devrait être fier de constater que son Ministre des affaires étrangères a démissionné… pour compromission avec Michèle Alliot-Marie. Depuis une visite en France le 4 février, il n’avait quasiment pas repris ses fonctions, selon des sources diplomatiques. Cet indépendant avait même été chahuté le 7 février par des fonctionnaires des Affaires étrangères, qui manifestaient devant et dans l’enceinte de son ministère, en réclamant son départ immédiat après ses propos tenus à Paris.

En visite dans notre belle France, dont le ralliement tardif à la révolution populaire a fait grincer des dents à Tunis, M. Ounaïes n’avait pas tari d’éloges sur son homologue Michèle Alliot-Marie. "J’aime écouter Mme Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes", avait-il affirmé. Il avait salué en elle "avant tout une amie de la Tunisie", alors que MAM était sommée, au même moment, de s’expliquer en France, pour avoir bénéficié des largesses d’un grand patron tunisien, lié en affaires au clan Ben Ali, et pour avoir proposé au régime vacillant le « savoir-faire » des policiers français, alors que la répression battait son plein. La différence c’est que MAM, chez nous, n’a pas démissionné, et qu’au contraire elle continue à enchaîner les déclarations désastreuses !

Dans le même temps, des centaines de Tunisiens ont débarqué sur la petite île italienne de Lampedusa durant le week-end. Cette situation, effet indirect de la révolution des jasmins, suscite l’inquiétude de Rome, qui a lancé un appel à l’aide internationale, et veut déployer ses policiers en Tunisie… (ça ne vous rappelle rien ?)"Je demanderai au ministre tunisien des Affaires étrangères (NDLR : quand il y en aura un !) l’autorisation pour nos forces d’intervenir en Tunisie pour bloquer les flux. Le système tunisien est en train de s’écrouler", a déclaré le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni. Précisions qu’il est membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord… Il ne va pas tarder à demander le retour de Ben Ali !

En Egypte, les affaires sont closes. Dans son "communiqué numéro 5?, le conseil suprême des forces armées a aussi indiqué qu’il prenait "en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu’à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République". Le conseil suprême, instance formée d’une vingtaine de généraux, a décidé "la dissolution de l’Assemblée du Peuple et de la Choura", les deux chambres du Parlement, et « la suspension de la Constitution » ainsi que la création d’une commission pour l’amender et organiser un référendum sur ces changements. 

Abel Bonnard avait eu ce constat parfaitement adapté aux circonstances : "Vous autres, militaires, vous avez bien de la chance : quand vous gagnez des guerres, vous avez la gloire ; quand vous les perdez, vous avez le pouvoir, et si vous trahissez, il vous reste l’honneur !"
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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 21:04

 

 

 

« Le canal de Suez »

 

 

90 % du tonnage des marchandises échangées dans le monde (1) transite par mer ou la survole. Plus de 50 000 navires de commerce (tonnage supérieur à 1 000 tonneaux de jauge brute), battant plus de 150 pavillons différents y participent. 30000 ont un déplacement supérieur ou égal à 10 000 tonnes. La part du trafic maritime ne cesse de croître; elle a été multipliée par cinq en quarante ans.

L’économie mondiale a évolué vers un système d’approvisionnement en flux tendu et à temps. Cet acheminement régulier des produits finis, mais également intermédiaires, destinés à être utilisés dès leur arrivée, est plus rentable pour la plupart des industries que de gérer et entreposer des stocks. L’amélioration de la fiabilité des navires et leur moindre consommation énergétique – 7 fois moins que celle du transport routier - en font de plus un moyen de transport particulièrement économique et peu polluant. Cette évolution a cependant pour corollaire une vulnérabilité forte à toute rupture prolongée d’approvisionnement.

« Les routes maritimes (source Newscientist) »

La grande route maritime est-ouest de circumnavigation

Le creusement des canaux de Suez et de Panama a marqué l’ouverture d’une grande route maritime est-ouest de circumnavigation. Elle est entièrement située dans les eaux chaudes de l’hémisphère nord.

En allant vers l’est à partir de l’océan Atlantique, elle franchit le détroit de Gibraltar, traverse la Méditerranée dans le sens de la longueur, embouque le canal de Suez et la mer Rouge dans le sens nord-sud, franchit le détroit de Bab el Mandeb qui sépare la péninsule arabique de l’Afrique.

Dans l’océan Indien, elle traverse successivement le golfe d’Aden et la mer d’Arabie, passant devant le détroit d’Ormuz, contourne le sous-continent indien et le Sri Lanka avec le nouveau port que les Chinois construisent à Hambantota, traverse le golfe du Bengale et pénètre dans le très long détroit de Malacca (2).

Elle contourne alors Singapour, le premier port de conteneurs au monde, par le détroit du même nom et entre en mer de Chine méridionale en passant entre la Malaisie et les îles Anambas.

Orientée au Nord-Est, elle passe entre les Philippines et Taïwan pour entrer dans l’océan Pacifique. Elle longe alors les côtes méridionales du Japon avant de traverser l’immense océan, passe loin au nord des îles Hawaï pour atteindre le canal de Panama.

Elle sort du canal, traverse la mer des Caraïbes, passe entre les îles de Porto Rico et de Saint-Domingue avant de traverser l’océan Atlantique Nord et d’atteindre Gibraltar.

Le canal de Suez

Il ouvre en 1869.

En 2008, 21 415 navires (3) l’ont emprunté pour un tonnage moyen de 910,1 millions de tonnes de jauge nette (tjn) dont 146,6 Mtjn pour les pétroliers et 38,9 Mtjn pour les méthaniers. Selon l’autorité du canal de Suez, environ 8% du trafic mondial (4) a emprunté ce passage en 2009.

Les travaux d’approfondissement sont en cours (2010). La voie maritime doit permettre à terme le transit de navires de 300 000 tpl à pleine charge contre 210 000 tpl à l’heure actuelle. Il passe du gabarit du Suezmax à celui du VLCC en creusant le chenal à 24m (pour permettre le passage de navires de 20m de tirant d’eau (66 pieds). 82% des pétroliers pourront l’utiliser sans restrictions. Les pétroliers avec un trop fort tirant d’eau qui empruntent le canal de la mer Rouge vers la Méditerranée doivent décharger une partie de leur cargaison au terminal pétrolier de Ain Sukkhna (mer Rouge) (5), passer le canal ainsi allégé et récupérer leur chargement au terminal de Sidi Kérir (Méditerranée).

« En raison de la faible largeur du canal, les navires ne peuvent y évoluer librement. »

Entre les deux terminaux, le pipeline SUMED (6) double le canal maritime et permet les transferts de pétrole brut. L’économie du canal est indissociable de celle de l’oléoduc puisque le canal assure le passage de 1,3 million de barils par jour quand le SUMED en achemine 2,5. C’est la saturation actuelle du SUMED qui a, en grande partie, entraîné la décision de recalibrer la voie maritime. L’autorité du canal veut pouvoir également permettre le passage des plus grands porte-conteneurs d’une capacité de 15000 evp (équivalent vingt pieds) qui entrent en service.

Le canal est long de 190 km. Les navires se déplacent en convois qui ne peuvent se croiser ailleurs que sur le lac Amer. La durée du franchissement est comprise entre 11 et 16 heures. En raison de la faible largeur du canal, les navires ne peuvent y évoluer librement. En cas de vent de sable, il est même prévu d’accoster la berge. Pendant tout ce temps, la sûreté des navires dépend totalement des forces de protection locales qui sont importantes. Un gros navire coulé permettrait de couper totalement le trafic dans les deux sens jusqu’à ce qu’il soit renfloué.

En réaction à la nationalisation du canal de Suez décrétée par le président égyptien Nasser le 26 juillet 1956, la Grande-Bretagne, la France et Israël interviennent militairement. Les Égyptiens obstruent le passage en coulant une quarantaine d’épaves dans le port de Port Saïd ainsi qu’à l’entrée du canal. Il est totalement coupé du 31 octobre 1956 au 29 mars 1957. Il l’est à nouveau et de façon prolongée pendant la guerre des Six Jours contre Israël. Il reste fermé du 6 juin 1967 au 15 juin 1975, deux convois étant bloqués au mouillage dans le lac Amer pendant toute cette durée.

La Convention de Constantinople de 1888 (7) octroie au canal un statut international et garantit le passage en temps de paix comme en temps de guerre. Ce sont en particulier des entraves à ce traité qui ont contribué à la guerre des Six Jours. Le traité de paix signé à Washington le 26 mars 1979 précise que « les navires d’Israël ou en provenance de ce pays jouiront du droit de libre passage par le canal de Suez et ses approches dans le golfe de Suez et la Méditerranée sur la base de la convention de Constantinople de 1888, valable pour toutes les nations ». Le canal représentant la troisième source de revenus de l’État égyptien (8), il met en œuvre des moyens importants pour le protéger.

Plusieurs incidents et des menaces récurrentes ont émaillés la vie de cette voie navigable depuis sa réouverture. En particulier :

  • le 13 mai 1986, un bâtiment de guerre américain est l’objet de tirs alors qu’il la franchit
  • le 24 mars 2008 (9), c’est au contraire un tir intempestif américain qui est effectué depuis le Global Patriot, un navire de commerce affrété par la marine des États-Unis. Des personnes embarquées ouvrent le feu sur une ou deux barques – selon les sources – de vendeurs ambulants qui continuent de s’approcher de leur bateau, malgré l’ordre de ne plus avancer et une sommation, ajoutent ces sources. Un Égyptien est tué et deux autres blessés
  • le 7 octobre 2010 (10), Nikolaï Patrouchev, patron du FSB russe, l’ex-KGB le canal de Suez déclare que le détroit de Gibraltar, Ormuz et Bab-el-Mandeb sont les «cibles prioritaires» d’organisations terroristes.

Les conséquences du blocage du canal

La fermeture du canal impose aux navires de contourner l’Afrique.

« Exportations de pétrole transitant par les principaux détroits (11) »

Par le cap de Bonne-Espérance, la distance séparant le détroit d’Ormuz de Gibraltar est de 10500 milles nautiques, soit plus de 32 jours à une vitesse de 13,5 nœuds (N). En passant par Suez elle n’est que de 4 750 MN, soit une quinzaine de jours.

Pour atteindre les Pays-Bas, les chiffres sont respectivement de 11 900 MN (37 jours) et 6150 MN (19 jours).

Dans les deux cas, la distance est doublée ou presque. Ces jours supplémentaires à la mer coûtent cher, mais en raison des coûts associés, la différence peut n’être pas aussi importante qu’il n’y paraît à première vue. Dans le cas de navires allant en Italie, par exemple, la différence de distance croît notablement.

Le détournement par la route du Cap à la suite de la guerre des six jours a accéléré la construction de pétroliers géants. L’Europe ne craint donc pas de pénurie d’hydrocarbures en provenance des pays exportateurs du golfe Persique, et ce d’autant moins qu’elle dispose de stocks stratégiques capables d’assurer sans problème la transition si besoin était. Quelques perturbations sont en revanche probables pour les industries qui dépendent de la livraison d’autres biens et qui travaillent en flux tendus et juste à temps.

L’impact économique de la coupure du canal de Suez serait avant tout catastrophique pour l’Égypte. En effet, les droits de passage représentent la plus importante source de devises étrangères après le tourisme et les virements des expatriés. L’administration du canal annonce des recettes de 5,6 milliards de dollars (12) (3,6 M€) pour l’année fiscale 2008, en hausse de 22,9 % en un an. Ces chiffres sont à comparer aux revenus qui sont de 59,95 M$ en 2009.

Capitaine de vaisseau (R) Hugues Eudeline

Le capitaine de vaisseau (R) Hugues Eudeline est un ancien élève de l’École navale (EN 72). Doctorant à l’École pratique des hautes études, il est spécialiste de la sûreté maritime et plus particulièrement du terrorisme maritime.

Notes

1  The Round Table of international shipping associations (Consulté le 1er février 2010).

2   Les navires de fort tirant d’eau ne peuvent passer par les détroits de Malacca parce que le détroit de Singapour n’a que 25 mètres de fond. Ils ne peuvent passer non plus par le détroit de la Sonde qui sépare les îles de Sumatra et de Java qui n’a que 20 m de fond. Ils passent par le détroit de Lombok puis celui de Makassar, fréquentés également pour relier l’Australie à la mer des Philippines, ou font le tour de l’île continent.

3  SALMON, Loïc, Canal de Suez : des recettes records en 2008, Journal de la Marine Marchande, 5 juin 2009, p. 11

4  Site du Canal de Suez

5  LACOSTE, Romuald, Les nouvelles échelles du transport maritime – Note de synthèse n° 91, ISEMAR, janvier 2007

6  Le SUMED (Arab Petroleum Pipelines Company) est géré conjointement par l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Koweit, les Emirats-Arabes-Unis et le Qatar. Il est constitué de 2 oléoducs parallèles de 320 km de long

7  ORTOLLAND, p. 190-191

8  Les revenus 2004-2005 ont été de 3,3 milliards de dollars (source ISEMAR)

9  Un navire américain a ouvert le feu dans le canal de Suez, faisant un mort, LEMONDE.FR, 25 mars 2008

10  Les intérêts pétroliers sous la menace d’attentats, Mer et Marine, 07 octobre 2010

11  World Energy Outlook 2007 – International Energy Agency

12  SALMON, Loïc, Canal de Suez : des recettes records en 2008, Journal de la Marine Marchande, 5 juin 2009, p. 11

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 11:00

Israël, écrit le New York Times, fait pression sur l’administration Obama pour qu’elle assure une « transition ordonnée » de l’après-Moubarak, craignant qu’un nouveau gouvernement égyptien « n’abandonne l’attitude bénévole du président envers Israël ». Parmi les concessions que Tel Aviv espérait obtenir de Moubarak, il y en a une dont on ne parle pas mais qui revêt une importance stratégique fondamentale : l’accès israélien aux eaux du Nil.

Quand l’or blanc du Nil fait envie à Israël aussi En coulisse, la course pour l’accès à l’eau

 

Le cours du Nil en Egypte. A travers le canal Al-Salam, son eau arrive, en passant sous le canal de Suez, d’une branche du delta jusque dans le Sinaï septentrional, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière avec Israël et Gaza

L’Egypte, née du Nil, continue à fonder sa vie sur le grand fleuve qui court sur 1.500 Kms de la frontière méridionale à l’embouchure en delta sur la Méditerranée, en créant une longue, fertile vallée à travers le désert. Sur ses rives et dans la zone du delta se concentre plus de 95% de la population, atteignant presque les 85 millions. Le barrage d’Assouan, construit avec l‘assistance de l’URSS en 1960-1971, a créé un vaste lac artificiel, le Nasser. Puis dans les années 90, a commencé la construction d’autres grandes œuvres hydrauliques. Parmi celles-ci le canal Al-Salam, qui apporte l’eau d’une branche du delta vers l’est jusqu’à la péninsule du Sinaï, en passant par des canaux souterrains sous le Canal de Suez. Ces ouvrages, tandis qu’ils permettent d‘irriguer de nouvelles terres et produire de l’énergie électrique, diminuent la portée du Nil et la quantité de limon qu’il transporte, en provoquant un recul du delta et, en conséquence, la perte de terres fertiles.

Il est vital, pour l’Egypte, de continuer à disposer amplement des eaux du Nil. En amont, dans la bassin du fleuve (long de 6.671 Kms) et des ses affluents, se trouvent cependant huit autres pays : Soudan, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Congo (Rep. Dém.), Rwanda, Burundi et Tanzanie. Avec l’Egypte, ils font partie de l’Initiative du bassin du Nil, un partenariat pour la cogestion des ressources hydriques de la zone. Tâche pas facile. Selon des accords remontant à l’époque du colonialisme britannique, Egypte et Soudan auraient le droit d’utiliser 80% de l’eau. Mais les autres pays revendiquent une plus grande part et en 2010 ils ont conclu un accord qu’Egypte et Soudan se refusent à signer. 

La question est compliquée par la probable naissance d’un nouvel Etat, le Sud Soudan, qui, en changeant l’assise géopolitique du bassin du Nil, compliquerait la répartition de ses eaux. L’Egypte s’est prononcée en faveur de l’unité du Soudan mais, en même temps, Moubarak a accompli en 2008 une visite aux sécessionnistes du Sud Soudan, en leur offrant l’aide égyptienne pour la réalisation du canal Jonglei : un projet déjà sponsorisé par l’Egypte, commencé en 1978 mais interrompu en 1984, qui permettrait aux eaux du Nil Blanc de contourner la vaste zone marécageuse dans laquelle il se jette, en accroissant la portée du Nil en aval. Dans ce scénario déjà complexe, entre lourdement en jeu l’outsider Israël, qui lorgne l’accès aux eaux du Nil. Après la signature des accords de Camp David (1978), le président égyptien Sadate, lors de sa visite à Haïfa en septembre 1979, parla de la possibilité d’amener l‘eau du fleuve depuis le Sinaï jusqu’au désert du Néguev en Israël. Le projet ne se réalisa pas parce que le premier ministre israélien Begin refusa toute concession sur Jérusalem. Mais Israël n’y a pas renoncé. A travers le canal Al-Salam l’eau du Nil est en train d’arriver dans le Sinaï à 40 Kms de la frontière israélienne. L’amener en Israël serait techniquement facile. 

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement israélien a non seulement mené une tractation avec le régime de Moubarak, intensifiée quand l’eau du Nil est arrivée dans le Sinaï, mais il a mis en marche une stratégie à grande portée : elle consiste à accroître sa propre influence sur les autres pays du bassin du Nil, pour qu’ils acceptent un nouveau critère de répartition des ressources hydriques, dans lequel entre aussi Israël, et fassent pression sur l’Egypte en la contraignant à amener l’eau jusqu’en territoire israélien. Les outils de cette stratégie sont aussi bien économiques que politico-militaires. Par exemple, en Ethiopie, Israël a financé la construction de dizaines de projets pour l’exploitation des eaux du Nil Bleu. Dans le Sud Soudan, il a financé, armé et entraîné les forces sécessionnistes, de façon à avoir, avec les Etats-Unis, une influence déterminante sur le nouvel Etat.

Dans cette stratégie -qui a accompli un nouveau pas en avant avec la visite du ministre des affaires étrangères Lieberman en Ethiopie, Kenya et Ouganda en septembre 2009- l’eau du Nil est considérée comme un instrument de domination, à utiliser de la même façon qu’est aujourd’hui utilisée par Israël l’eau du Jourdain et celle des nappes phréatiques des Territoires palestiniens occupés.

L’usage fait par le régime Moubarak des eaux du Nil est substantiellement analogue : celui-ci a décidé que les nouvelles terres arables créées par l’irrigation du Sinaï ne serviraient pas à améliorer les conditions de vie des paysans égyptiens et à produire des céréales pour la consommation intérieure, mais seront « louées », pour des périodes de 40 à 99 ans, à de gros investisseurs égyptiens et étrangers pour y produire surtout des cultures d’exportation, et, donc, des profits pour les élites au pouvoir.

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:41

Faut-il avoir peur des intégristes musulmans ?

L'Occident s'est souvent appuyé sur les fondamentalistes, et certains régimes arabes "modérés" s'en accommodent.

Faut-il avoir peur des intégristes musulmans ?

Frères musulmans, wahhabites saoudiens, salafistes nord-africains, mollahs iraniens, islamistes turcs : le citoyen français, même raisonnablement informé, a bien du mal à déchiffrer ce salmigondis. Alors, pour simplifier, on classe tout ce petit monde dans la catégorie générique des intégristes. Et ceux-ci, à n'en pas douter, sont identifiés comme des djihadistes forcenés, ennemis de l'Occident. Commode et reposant pour l'esprit, mais totalement faux !

L'Arabie saoudite est l'un de nos plus fidèles alliés au Moyen-Orient. Or, la monarchie saoudienne, gardienne des deux lieux saints de La Mecque et Médine, puise sa légitimité dans une vision pure et dure du Coran : le wahhabisme. Mohammed ibn Abd al-Wahhab vivait au XVIIIe siècle. C'était une sorte de Luther musulman qui prêchait un retour aux sources de l'islam. Il fit alliance avec un chef de guerre, Mohammed Ibn Saoud, ancêtre des actuels souverains saoudiens. Or, en Arabie, les femmes bénéficient de beaucoup moins de droits qu'en Iran. Exemple : les Iraniennes peuvent conduire leur voiture, contrairement à leurs soeurs saoudiennes. À Riyad ou à Djedda, à l'heure de la prière, la mutawa - la police religieuse - oblige les magasins à fermer et veille à ce que les fidèles se rendent à la mosquée.

En Afghanistan, les groupes fondamentalistes, plus ou moins inspirés par les Frères musulmans, ont été puissamment aidés par les Occidentaux dans les années quatre-vingt pour combattre les Soviétiques. Erreur fatale, fulminent aujourd'hui les spécialistes de la prophétie rétrospective ! Est-ce bien sûr ? Le danger que représentait jadis l'URSS était infiniment supérieur à celui que revêt l'islamisme aujourd'hui. Il était, pour nos sociétés, existentiel. Le communisme avait une vocation universaliste, même si ce côté missionnaire s'est étiolé au fil du temps. La moitié de l'Europe vivait sous la botte d'une Armée rouge dotée d'une puissance considérable, notamment nucléaire. 

Un défi limité à la sphère arabo-musulmane 

L'islamisme, lui, concerne avant tout le monde musulman. Il peut nous créer de considérables soucis, y compris, marginalement, parmi les minorités issues de l'immigration. Mais il est peu probable que les milliards de Chinois, d'Indiens, d'Européens, de Sud-Américains se convertissent massivement à l'islam... Le défi se situe donc au sein même de la sphère arabo-musulmane. Et là, les choses sont moins simples qu'il n'y parait. 

En Égypte, les Frères musulmans ont été tantôt pourchassés, tantôt courtisés quand il s'agissait de faire pièce à l'extrême gauche, tantôt tolérés. En Jordanie, ils siègent au Parlement. En Turquie, le parti (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan se veut "démocrate-islamiste" comme on dit "chrétien-démocrate". Malgré des tensions, Ankara, membre important de l'Otan, reste un allié stratégique d'Israël. D'ailleurs, l'État hébreu a, lui aussi, dans le passé, joué à Gaza ou en Cisjordanie la carte des Frères musulmans pour contrer le Fatah.

En fait, il faudra s'habituer à vivre avec le fondamentalisme musulman. Si la démocratie finit par s'imposer en Égypte, en Tunisie ou ailleurs, ils auront fatalement une représentation politique. Mais ce sont les sociétés tunisienne ou égyptienne qui décideront, in fine, de leur place et de leur degré d'ouverture.

Le danger que représentait jadis le communisme était infiniment supérieur à celui que revêt l'islamisme aujourd'hui. © Suhaila Sahmarani / AFP

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:04
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:19

 

 

L'Egypte en liesse

 

 

  

 
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:12

Egypte: l'armée commence à enlever les barricades de la place Tahrir

LE CAIRE - L'armée égyptienne commençait samedi matin à enlever les barricades et barbelés autour de la place Tahrir au Caire, épicentre de la révolte qui a fait tomber le président Hosni Moubarak, ont constaté des journalistes de l'AFP.



Les militaires s'attelaient notamment à retirer les barricades situées à côté du Musée national égyptien, à l'entrée nord de la place.

  

L'armée, aidée par des grues mobiles, retirait également les carcasses de voitures brûlées, traces des affrontements qui ont opposé forces de l'ordre, pro et anti-Moubarak au plus fort de la révolte.

Elle était assistée dans ses efforts par des civils qui nettoyaient la place.

  

Certains tanks stationnés au milieu des rues ont commencé de se ranger sur les côtés, mais d'autres étaient encore en position, sans toutefois barrer le passage.

Les soldats ont cessé les contrôles des passants à l'entrée de la place, et ceux effectués par des militants étaient moins stricts qu'auparavant.

  

Ce début de normalisation, au lendemain de la démission de M. Moubarak, a provoqué un débat parmi la foule présente sur la place, parmi laquelle de nombreuses personnes qui campaient depuis plusieurs jours près des chars pour les empêcher de manoeuvrer.

"Il y a plusieurs camps. Certains disent qu'il faut rester, d'autres disent qu'on a obtenu ce qu'on voulait et qu'il faut rentrer chez soi.

D'autres encore disent qu'il faut partir, et que l'on pourra revenir si nécessaire", a expliqué Essam Chabana, un médecin de 34 ans travaillant dans les Emirats, revenu au Caire pour participer aux manifestations.

Certains semblaient ainsi vouloir rester dans le village de tentes érigé sur la place -- où quelques milliers d'Egyptiens euphoriques étaient toujours rassemblés -- tandis que d'autres commençaient à partir, couvertures et sacs de couchage sous le bras.

"Nous sommes en train de créer une page Facebook pour rester en contact, et nous reviendrons très certainement pour nous réunir ici tous les ans le 25 janvier", date du début de la révolte populaire, a assuré Essam Chabana, en soulignant que la place Tahrir allait lui manquer.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:04
Des milliers d'Egyptiens euphoriques place Tahrir, au 1er jour sans Moubarak

Sur le pont menant à l'une des entrées de la place Tahrir, symbole de la contestation populaire qui a chassé M. Moubarak après près de 30 ans de règne, un groupe de jeunes dansaient, arborant des drapeaux égyptiens et arrêtant les voitures pour féliciter les conducteurs.

"Ô matin de la victoire", s'écriait l'un d'eux avec un grand sourire.

Sur la place, certains dormaient encore au petit matin mais beaucoup d'entre eux avaient passé toute la nuit éveillés à célébrer.

Certains avaient la voix enrouée tellement ils avaient crié de joie après l'annonce que M. Moubarak démissionnait et remettait les pouvoirs à l'armée.

Des tanks étaient toujours postés à certaines entrées de la place, comme durant les plus de deux semaines du soulèvement.

Plusieurs groupes de jeunes se réchauffaient auprès d'un feu improvisé, tandis que d'autres applaudissaient des militants sur une tribune appelant à la poursuite du "combat" en vue d'une Egypte "démocratique".

"C'est la fête, nous sommes nés de nouveau", s'écriait Oussama Toufic Saadallah, un ingénieur agricole de 40 ans.

"C'est la fin de l'injustice! Nous étions en retard par rapport à d'autres pays, maintenant, nous avons une valeur aux yeux de l'étranger, du monde arabe", déclarait-il à l'AFP, les yeux brillant d'émotion.

"Nous voulons que tous les prisonniers politiques soient libérés", ajoutait cet homme, qui dit avoir été détenu la semaine dernière pendant quatre jours par la police militaire.

L'annonce de la démission de M. Moubarak, 82 ans, est intervenue au 18e jour de révolte populaire, alors que plus d'un million de personnes manifestaient contre lui à travers l'Egypte.

(Amr Dalsh / Reuters) – Cliquez pour voir la photo suivante

La puissante armée égyptienne, désormais maître du jeu dans le pays le plus peuplé du monde arabe, a assuré qu'elle ne souhaitait pas se substituer à "la légitimité voulue par le peuple".

Mohamed Rida, 26 ans, espère la formation rapide d'un "gouvernement civil". "Nous attendons un nouveau communiqué de l'armée. Nous ne voulons pas être gouvernés par des militaires. Nous aspirons à un gouvernement de coalition avec des gens expérimentés", a-t-il dit.

 

Après le départ de Moubarak, l’armée est aux avant-postes pour stabiliser le pays.

L'armée égyptienne, à qui le président Hosni Moubarak a confié les affaires du pays avant de démissionner, a désormais un double défi à relever : restaurer la stabilité dans le pays tout en répondant aux aspirations de changement démocratique du peuple égyptien.

Vers une levée de l'état d'urgence ?

Elle entend jouer son rôle dans les semaines à venir mais se défend de vouloir prendre le pouvoir. L'armée "assure qu'elle ne sera pas une alternative à la légitimité voulue par le peuple", indique dans un communiqué le conseil suprême des forces armées.

Se déclarant garante du bon déroulement d'élections "libres et transparentes", l’armée s'est aussi dite prête à lever l'état d'urgence, en vigueur depuis 30 ans, "aussitôt que les circonstances actuelles" le permettront", répondant ainsi à une demande des manifestants antigouvernementaux.

En donnant des garanties aux manifestants, les militaires espèrent un retour au calme dans le pays. Le Conseil suprême des forces armées a appelé les manifestants à quitter les rues et à mettre un terme aux rassemblements qui durent depuis le 25 janvier.

L'armée a fait preuve d'attentisme

Mais tout au long de la crise égyptienne, le rôle de l'armée égyptienne est resté flou. Faisant preuve d'un certain attentisme, elle a assuré ne pas vouloir user de la force contre les manifestants, mais ne s'est pas opposée aux attaques contre eux. Loyale à un régime dont elle constitue l'épine dorsale, elle est aussi respectée par la population. Cet héritage qui tient à une tradition de non-intervention face aux émeutes populaires et au souvenir des guerres israélo-arabes.

L'armée est par ailleurs consciente de son importance : elle a donné au pays tous ses présidents -Mohamed Naguib, Gamal Abdel Nasser, Anouar al-Sadate et Hosni Moubarak- depuis le renversement de la monarchie en 1952. De son attitude dans les jours qui viennent pourraient donc dépendre l’avenir de l’Egypte.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 08:54
Juste après l'annonce de la démission d'Hosni Moubarak place Tahrir.

Juste après l'annonce de la démission d'Hosni Moubarak place Tahrir. | REUTERS

Après 18 jours de manifestations, Hosni Moubarak le président de l'Egypte depuis 30 ans a remis le pouvoir à l'armée, vient d'indiquer le vice président Omar Souleiman. L'annonce a provoqué une explosion de joie sur la place Tahrir.

"Le président Moubarak a décidé de démissionner", a déclaré le vice président sur la télévision d'Etat.


(Source : i>télé; images : Fred-Lille)

Et c'est une foule en liesse a accueilli la nouvelle de la démission d'Hosni Moubarak. Regardez et écoutez la clameur des Egyptiens place Tahrir au Caire.


(Source : i>télé; images : Fred-Lille)


"C'est le plus beau jour de ma vie. Le pays a été libéré après des années de répression. J'espère une belle transition du pouvoir", a déclaré l'opposant Mohamed ElBaradei.


chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a salué la démission du président égyptien. "Il a écouté la voix du peuple égyptien" et ouvre ainsi la voie à des réformes plus rapides et plus profondes", a-t-elle déclarée. 

Barack Obama doit faire une déclaration à la télévision à 19h30 (heure de Paris),indique LeMonde.fr.



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