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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:08

CHÔMAGE   

Les bonnes idées du Medef pour remettre jeunes et vieux au travail

PAR IVAN DU ROY, NADIA DJABALI (15 NOVEMBRE 2010)

  

La réforme des retraites à peine digérée, une nouvelle offensive se prépare sur l’emploi des jeunes et des seniors. Le Medef vient de publier un rapport de l’Institut Montaigne qui liste 15 propositions pour en finir avec la « rigidité inadaptée » des CDI ou du droit du travail. Un rapport qui passe sous silence la question cruciale de la répartition des richesses. Selon le think tank d’inspiration néo-libérale, si les jeunes souffrent particulièrement du chômage et des inégalités, c’est la faute aux principes de solidarité mis en œuvre après 1945. Décryptage.

 

Photo : Manifestation contre le CPE, printemps 2006 (© Damien Fellous)

Le Conseil constitutionnel vient tout juste de rendre un avis favorable sur la loi allongeant l’âge de départ à la retraite, et le mouvement de révolte sociale s’est à peine attiédi, que le Medef repart tranquillement à l’assaut du « pacte de solidarité » hérité de 1945. L’organisation patronale a discrètement mis en ligne, le 26 octobre, un rapport de l’Institut Montaigne avançant « 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors ». L’Institut Montaigne ? C’est un laboratoire d’idées créé en 2000 par Claude Bébéar, ancien PDG d’Axa. Ce « think tank » se déclare « dépourvu de toute attache partisane ». Mais il est financé par quatre-vingt grandes entreprises, parmi lesquelles Areva, Barclays, BNP-Paribas, Bolloré, Bouygues, Dassault, Ernst & Young, LVMH, Sanofi-Aventis, SFR, Total, Vinci, Veolia... Des structures absolument pas « partisanes » et qui se gardent bien d’exercer une quelconque influence sur les politiques et le sens de l’intérêt général.

Que trouve-t-on dans ce rapport ? Le constat peut être globalement partagé. Le taux d’emploi des jeunes de moins de 25 ans et des plus de 55 ans demeure, en France, désespérément bas. Les jeunes connaissent une précarité « alarmante ». Près d’un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Un sur trois décroche un premier job après plus de deux ans et demi d’interminables recherches. Les possibilités d’accès à la formation professionnelle pour les plus de 40 ans sont méconnues et très largement insuffisantes. Au cours d’une carrière, le « plafond de verre » est quasiment incassable pour qui n’a pas eu la chance, ni les moyens, d’intégrer le système très français des grandes écoles. « Le fossé générationnel s’est désormais creusé entre les « Baby-boomers », qui bénéficient d’une des retraites les plus longues du monde, et la « génération chômage » née dans les années 1980 », assène l’Institut Montaigne. C’est indéniable.

Du passé faisons table rase

Mais qui est donc responsable de ce déprimant tableau ? Les grandes entreprises qui, d’un côté, recourent abusivement aux stages, et de l’autre se débarrassent de leurs salariés de plus de 55 ans à la moindre occasion ? Non. Les exonérations sociales et fiscales – 172 milliards d’euros en 2010 ! – dont les sociétés du CAC 40 usent et abusent sans créer d’emplois (et au détriment des PME qui, elles, ont créé des emplois malgré la crise) [1] ? Non plus. Les discriminations que subissent les jeunes, diplômés ou non, issus de nombreux quartiers populaires ? Pas du tout. La quasi absence de représentativité des nouvelles générations au sein des instances démocratiques nationales (seuls 4% des députés français ont moins de 40 ans…) ? Aucunement.

Le coupable, c’est le « pacte de solidarité » mis en œuvre au sortir de la Seconde Guerre mondiale. À savoir : la Sécurité sociale, l’assurance chômage, la retraite par répartition, la semaine des 40h, la création du salaire minimum, une certaine forme de démocratie sociale… Tout cela ne doit pas être rénové, amélioré, rendu plus juste. Pour l’Institut Montaigne, ce pacte « non seulement ne contribue plus à assurer la cohésion sociale mais il la menace. Dangereusement. » Plusieurs obstacles hérités de cette époque révolue et entravant l’emploi doivent donc être levés. Et ils sont nombreux.

Transformer les CDI en CDD

Le sacro-saint CDI d’abord. Pour de nombreuses personnes, il est synonyme d’un minimum de stabilité et de garantie dans ce monde dérégulé. Un jeune qui décroche le sésame peut enfin se projeter au-delà de quelques mois, envisager de chercher un logement par exemple, ou rêver à quelques projets personnels. Pour l’Institut Montaigne, le CDI est au contraire synonyme de « rigidité inadaptée ». Il est donc proposé de le rendre plus « flexible » (proposition n°9). En gros, d’en faire un CDD – ce dernier serait supprimé – sans la prime de précarité. Ce contrat plus flexible permettra aux employeurs de changer unilatéralement la nature du poste, les fonctions, la rémunération ou encore le temps de travail. L’entreprise pourrait ainsi congédier un salarié à l’issue d’une mission soi-disant indéterminée… Et ce, sans contrepartie financière.

« Actuellement, il n’est pas possible de rompre un CDI pour un motif autre qu’économique », déplore l’Institut. Qu’on le rassure, c’est tout à fait réalisable, encore faut-il payer les indemnités légales prévues par le Code du travail ou la Convention collective. Autant d’horreurs, aux yeux des auteurs du rapport, qui menacent la cohésion sociale : « La France s’illustre par un droit du travail particulièrement contraignant, qui crée des effets de seuil sécurisant pour ceux qui sont du bon côté de la barrière ». Conclusion : faisons passer tout le monde du mauvais côté au nom de l’équité.

Côté salaires, les experts de l’Institut Montaigne n’estiment pas « qu’il serait juste de baisser le salaire fixe ». Ouf ! On est presque rassuré. Mais le répit est de courte durée : « La hausse continue des salaires tout au long de la carrière professionnelle », à cause de l’ancienneté, est un frein à « l’attractivité des seniors ». À défaut de baisser les salaires, comment ne pas les augmenter ? Très simple. Il est proposé de généraliser, pour « les postes de management », les rémunérations variables qui viendraient compléter un salaire fixe (proposition n°6). On appelle ça des primes individuelles, dont le fonctionnement est souvent discrétionnaire. Et on sait les conséquences néfastes que peuvent provoquer ces primes individualisées uniquement fixées en fonction d’objectifs quantitatifs, dans les centres d’appel par exemple : baisse de la qualité au profit de la quantité, ventes forcées ou abusives, mise en compétition permanente des équipes, soumission au supérieur hiérarchique, stress, mal-être... Généraliser ce système, ça promet !

44 ans de cotisations

C’est loin d’être tout. L’institut demande la suppression pure et simple de l’âge légal de départ à la retraite (proposition n°14). Et l’allongement à 44 ans, d’ici 2020, de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein (actuellement fixée à 41 ans à partir de 2012). Le rapport préconise également que le malus – la décote - appliqué aux pensions des salariés qui n’auraient pas assez cotisé, soit alourdi, passant à 7% par an. Actuellement, la perte est de 1,25 % à 2,5 % par année de cotisation manquante (ce qui en fait déjà l’une des décotes les plus fortes d’Europe). Bref, pour le laboratoire d’idées, « choisir le moment de sortie de la vie professionnelle selon ses besoins et selon ses moyens », cela signifie travailler 44 ans en CDD permanent avec des salaires très variables.

Car la retraite, comme les études, sont considérées comme des temps morts. Le think-tank suggère de développer « l’employabilité tout au long de la vie ». Le travail en alternance et l’apprentissage doivent se généraliser dans l’enseignement secondaire et supérieur (propositions n°1 et 2). Histoire que les étudiants apprennent davantage de compétences utiles pour les actionnaires, plutôt que des savoirs pas vraiment rentables à court terme, et susceptibles d’aiguiser l’esprit critique.

Les élèves apprentis seraient payés avec « de vrais salaires à temps partiel » sans que l’on sache ce qui, pour les chercheurs de l’institut, constitue un « vrai salaire » (un Smic ? Un salaire de directeur de l’Institut Montaigne ?). En parallèle, la taxe d’apprentissage payée par les entreprises doit être supprimée, mais l’État est invité à verser une allocation de 300 euros par mois pour compléter les « vrais salaires » des élèves apprentis. Ou comment transformer 2,2 millions d’étudiants en main-d’œuvre à bas coût au nom de la lutte contre le chômage, et aux frais de l’État…

Les pesants silences de l’Institut Montaigne (et du Medef)

Les animateurs du laboratoire d’idées assurent utiliser une « méthode d’analyse et de recherche rigoureuse et critique ». Pourtant, leurs recherches passent plusieurs faits sous silence. Si le « pacte de solidarité » qui a assuré la prospérité de la France pendant un demi-siècle s’est, selon eux, transformé en lourde menace, ce serait principalement à cause de la démographie : « Tout le problème est ce que ce modèle se heurte aujourd’hui à une situation démographique radicalement différente de celle qui l’a vu naître », les « actifs » – 41% de la population – supportant « la double charge des études et des retraites  ». Exit la question du partage des richesses.

Selon la Commission européenne et l’Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée – la richesse produite – des entreprises a considérablement baissé en trente ans [2]. Cela signifie un niveau de salaire moyen qui reste bas (moins de 1.500 euros nets pour les ouvriers et les employés) et des dizaines de milliers d’emplois non créés, au profit d’une meilleure rémunération du capital. Si les augmentations de salaire liées à l’ancienneté constituent un frein, ce n’est aucunement le cas d’une hausse continue des dividendes versés aux actionnaires (196 milliards d’euros de dividendes en 2007, contre 40 milliards en 1993). D’ailleurs, l’Institut Montaigne n’en parle pas. Dans les 110 pages du rapport, le mot « actionnaire » n’existe pas.

Autre silence : les dispositifs d’exonérations fiscales dont bénéficient – inégalement – les entreprises. « Au total, les dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises, entendus au sens large, représentent plus de 172 milliards d’euros en 2010 », pointe le récent rapport du Conseil des prélèvements obligatoires. Soit dix-sept fois le déficit actuel des caisses de retraite ! Le nombre de ces dispositifs est passé de 44 en 2005 à 64 en 2010. Plusieurs d’entre eux sont censés avoir été mis en place pour favoriser, directement ou non, la création d’emploi. Étrangement, l’Institut Montaigne n’en tire aucun bilan.

Quand le travail se résume à l’employabilité

Plus étrange encore, plusieurs constats présents dans le rapport – et essentiels pour expliquer la situation actuelle – ne débouchent sur aucune proposition. L’institut déplore ainsi une certaine défiance des jeunes et des seniors à l’égard du travail. Les premiers n’en font pas leur priorité, les seconds font tout pour en sortir dès qu’ils en acquièrent le droit. « La détérioration sensible des conditions de travail, le manque de reconnaissance et de considération, la perte d’une ambiance sereine et conviviale engendrée notamment par la course à la rentabilité et à la performance, le stress physique et psychologique, enfin de fortes incitations à cesser l’activité professionnelle expliquent pour l’essentiel ce phénomène de sortie prématurée du monde du travail », détaille le rapport. Puis, plus rien. Comme si l’apprentissage, des contrats de travail plus flexibles et une durée de cotisations plus longue allaient résoudre ce problème pourtant central. Aucune remise en cause du fonctionnement des entreprises. On ne mord pas la main qui vous nourrit.

Pour les inspirateurs du Medef, cette aggravation du mal-être au travail est peut-être due, elle aussi, au « pacte de solidarité » de 1945. Ne serait-ce pas cette archaïque Sécurité sociale qui permet trop facilement aux salariés de se déclarer malade ou d’être victime d’un accident du travail, ce qui bloque indument un poste de travail ? Nous suggérons une 16ème proposition : supprimons la Sécurité sociale définitivement !

Ivan du Roy et Nadia Djabali

Notes

[1] Lire l’enquête à ce sujet publié dans Libération du 10 novembre 2010.

[2] De 74,2 % en 1982 à 65,8 % en 2006, soit un recul de 8,4 points, selon l’Insee. De 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points, selon une étude de la Commission européenne.

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:10

 

 

La Honte de la France

  

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Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne

L'interpellation du député Gilles Cocquempot a fait couler de l'encre, les pixels des écrans d'ordinateurs n'en reviennent pas eux-mêmes: la justice a été particulièrement clémente avec un récidiviste qui conduit ivre au volant et refuse à plusieurs reprises de se soumettre aux contrôles d'alcoolémie en invoquant son immunité parlementaire. Gilles Cocquempot, le parlementaire socialiste de la 7éme circonscription du Pas de Calais, regroupant entre autre Audruicq et Oye-Plage, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour conduite en état d’ivresse et refus d’obtempérer. Son permis a été annulé et il devra aussi faire l’objet d’un suivi médical. Cette condamnation s’ajoute a celle prononcée en 2003 pour des faits similaires.

Vendredi 23 septembre 2005, un habitant d'Arras de 35 ans auteur de multiples infractions  se fait arrêter sous l'emprise de l'alcool par la police à Comines. Il a fait l'objet d'une comparution immédiate et écope de 6 mois de prison ferme.

 

 Rappel des faits

 

Un député poursuivi pour avoir refusé

  

de se soumettre à un test d'alcoolémie

 

FR3LILLE, 14 avr 2005 (AFP)

 

 

 

Un député du Pas-de-Calais, déjà sous le coup d'une condamnation avec sursis pour conduite en état d'ivresse, a refusé de se soumettre à un contrôle d'alcoolémie à la suite d'un accident et risque la révocation de son sursis, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête. Gilles Cocquempot, député (PS) de la 7e circonscription du Pas-de-Calais, a perdu le contrôle de son véhicule et fini sa course sur un terre-plein le 8 février dernier vers 5H00 à Saint-Folquin, près de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Dans leur procès-verbal, les gendarmes ont noté que le député, "manifestement sous l'emprise d'un état alcoolique", a refusé à plusieurs reprises de se soumettre à un contrôle d'alcoolémie, en invoquant son immunité parlementaire. Selon le quotidien Nord Littoral, l'élu invoque pour sa part "un simple état de fatigue après une journée harassante" à Paris. En août 2003, M. Cocquempot avait été contrôlé alors qu'il conduisait avec un taux d'alcoolémie de 1,6 gramme par litre de sang. Il avait été condamné un mois plus tard à un mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende. Le député doit à nouveau comparaître le 12 mai devant le tribunal correctionnel de Saint-Omer. Il encourt cette fois deux ans d'emprisonnement, 4.500 euros d'amende, trois ans de suspension du permis de conduire et risque une mesure d'inéligibilité. Son avocat, Me Antoine Deguines, souligne que la révocation du sursis n'est pas automatique, mais laissée à l'appréciation du juge.

Gilles Cocquempot nie les faits

Les faits

M. le député Gilles Cocquempot comparaissait le jeudi 9 juin à 9h au tribunal de Béthune pour conduite sous l'empire de l'alcool.

Le député nie les faits reprochés.

Le député a refusé de s'exprimer.

Me Puech notre avocate se portait partie civile pour la Ligue Contre la Violence Routière

L'avocat du député paraît bien embarrassé pour justifier la conduite de son client qui aurait refusé le contrôle d'alcoolémie parce qu'il avait un antécédent (il avait déjà été condamné pour conduite avec alcoolémie).

Me Puech a dénoncé la conduite scandaleuse du député: il a invoqué son immunité parlementaire pour se soustraire au contrôle d'alcoolémie. Me Puech argumente: il était fatigué selon ses dires, qu'il se fasse raccompagner, les députés ont souvent des chauffeurs.

Délibéré le 28 juin à 9 heures

Ce jour là, il a bien un chauffeur dans sa voiture officielle.

Visiblement la caméra dérange

 

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Quatre mois de prison avec sursis pour le député récidiviste

Le député de Calais avait déjà été condamné le 23 septembre 2003 pour conduite en état d'ivresse avec un mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve, 6 mois de suspension de permis.

Le 28 juin le récidiviste est condamné à 4 mois de prison avec sursis, 2 ans de mise à l'épreuve, annulation de permis avec interdiction de le repasser avant 2 mois, obligation de soin (alcoolisme). 

Un citoyen comme un autre? Non, à mon sens, il est doublement responsable: une fois en qualité de citoyen qui doit observer les lois, une autre en qualité d'élu qui représente le peuple.

Quel exemple a t-il donné aux Français? Ce prince déchu de la république peut-il s'estimer au dessus des lois? Il ne s'est même pas déplacé pour l'audience pour faire comprendre qu'il était désolé d'avoir agi de cette façon. Il se moque du système judiciaire, il se moque de nous.

A force de se montrer magnanime avec des individus qui nous traitent par le mépris, il y a souvent escalade. Faudra-t-il attendre l'irréparable pour s'apercevoir que quelqu'un ne veut pas comprendre? il est inutile de lui laisser une nouvelle chance, cela n'est pas pédagogique. Une peine qui aurait provoqué on inéligibilité nous aurait satisfait. Le caractère honteux de son comportement (il a même osé invoqué son immunité parlementaire pour se soustraire plusieurs fois aux contrôles d'alcoolémie) décrédibilise la classe politique, cela détruit les efforts des associations qui oeuvrent pour le changement des mentalités. Avec un tel mauvais exemple venant d'une personne aussi en vue comment faire comprendre au citoyen qu'il faut respecter le code de la route?

Si M. Cocquempot était venu à l'audience, je lui aurais offert mon éthylotest électronique, il en a bien plus besoin que moi!

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 07:51

Manipulation médiatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 07:36

 

quand dire non devient un devoir moral

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 07:14
MSDC SARKO

Une France, autrefois, soucieuse de son rayonnement culturel et prenant garde, sous le général de Gaulle, contre une américanisation grandissante et menaçante. Une France, qui a préféré rester « vieille » mais distante et parfois en désaccord avec la politique américano-sioniste. Réfutant ainsi la vision simpliste, non seulement américaine, mais coloniale et «Renanienne » qu’elle a jadis appliquée. Vision qui cherche à diviser le monde en deux. Entre les bons et les méchants, reprenant ainsi les thèses orientalistes, notamment de Gobineau et d’Ernest Renan.

 
Ainsi le « bon » doit répandre sa fameuse civilisation pour exterminer encore une fois « le mauvais ». Le mauvais n’étant autre que le musulman, le turc ou le bédouin, qui selon la thèse raciste de Renan ne sont que des ignorants, des barbares qui s’opposent au progrès et interdisent aux minorités d’accéder au modèle de la civilisation européenne. Approche binaire et culturaliste qui ose désigner le bon et le mauvais et prétendre à la supériorité d’une civilisation par rapport à une autre. Pour reprendre la thèse raciste de Renan : « L'islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile; c'est l'épouvantable simplicité de l'esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle ». 

Approche ancrée dans l’histoire française, à travers ses conquêtes coloniales et ses actes barbares à l’égard des peuples africains. Epilogue sombre de l’histoire que la France veut à tout prix dissiper en s’amnésiant des horreurs du passé. Puisque que les péchés avoués ne sont plus à demi pardonnés, Sarkozy a préféré dénier l’histoire de sa France, par ignorance ou arrogance, dans un discours racistes à Dakar en 2007. 

Les récidives racistes et coloniales de la France se font plus nombreuses. Ils sont bien loin les temps des discours anti-guerre ou anti-américain : discours de De Gaulle à Phnom Penh en 1966, contre la guerre américaine au Vietnam ou encore celui De Villepin au Conseil de Sécurité des Nations-Unis en 2003, contre l’invasion de d’Irak. Avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, c’est une France qui rechute dans l’approche binaire du monde, dont les Etats-Unis ont repris la bannière. Le président français veut en terminer avec l’antiaméricanisme français, sa politique étrangère s’aligne de plus en plus sur celle des Etats-Unis et « d’Israël », dont la sécurité passe avant tout. 


La politique arabe de la France est enterrée, elle doit laisser place à une politique étrangère entièrement en faveur des Etats-Unis et de l’entité sioniste. Ainsi, Sarkozy affirme son soutien à l’Occident contre les « méchants », pour séduire son allié zunien. Il adhère au fameux choc des civilisations de Huntington, celle de l’Occident et de l’Islam. 
Ainsi, La France sous Sarkozy réintègre la structure militaire de l’Otan, il n’est plus question de retirer les troupes françaises d’Afghanistan mais d’envoyer encore plus de renfort. Choix qui coûte cher à la France : elle devient la cible de prise d’otage. La France durcit également sa politique vis-à-vis de l’Iran, sans doute pour s’exhiber en bonne élève devant le maitre américain. La France accroit ses sanctions contre l’Iran et fait excès de zèle en évoquant l’éventualité d’une guerre contre l’Iran. Le French docteur, Bernard Kouchner, ministres des affaires étrangères à l’époque, affirmait « qu’il faut se préparer au pire » avec l’Iran, oubliant ainsi ses années d’humanitaires, trop occupé à se transformer en machine à guerre et à sous. 

Ainsi, le chef de l’Élysée met fin à une politique arabe de la France lancée par De Gaulle, politique refusant l’alignement aux Etats-Unis et solidaire aux causes arabes, notamment la cause palestinienne. Cependant, une nuance s’impose : la France n’a jamais été l’ennemie « d’Israël », c’est au contraire, l’amie de toujours, celle qui lui a offert les premiers savoir-faire du nucléaire. En effet, l’entité sioniste a participé aux premiers essais nucléaires de la France dans le désert Algérien. Une France, à la mémoire bien fraiche lorsqu’il s’agit chaque année de commémorer les victimes de la Shoah mais une France totalement amnésique lorsqu’il s’agit de reconnaître que les premières chambres à gaz sont françaises et ses victimes algériennes. Il s’agit en effet, du gazage des grottes durant l’occupation française en Algérie. 

La France a parfois du mal à oublier que le temps des colonies est bel et bien révolu, il aurait fallu lui rappeler avant qu’elle ne soutienne le régime de Ben Ali en Tunisie jusqu’au bout. Il aurait également fallu le rappeler à l’actuelle ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot- Marie, avant qu’elle ne propose le savoir-faire de la police française à la Tunisie. 


Le fiasco diplomatique français est poussé à son paroxysme lorsque la ministre se rend en Palestine Occupée. MAM, a en effet du mal à peser ses mots, avant de se rendre à Gaza, elle réitère que la sécurité d’Israël passe avant tout et affirme que la libération de Gilad Shalit est une priorité pour la France. Elle dément avoir qualifié la capture du soldat franco-israélien de crime de guerre, mais le mal est fait. 
MAM a la mémoire sélective, oubliant ainsi de mentionner les 7300 prisonniers palestiniens et le prisonnier franco-palestinien, Salah Hamouri, qui croupit, sans procès et sans aucune preuve, depuis 2005 dans les prisons israéliennes. Mais on l’aura bien compris, la vie de Gilad Shalit passe avant tout, sa famille aussi, puisque MAM n’a pas oublié de se rendre auprès de la mère Shalit mais qu’en est-il de Denise Hamouri, la mère de Salah ? 

Décidément, les ministres se succèdent et se ressemblent, Kouchner n’avait pas manqué de rendre visite aux parents Shalit alors que sa visite chez Denise Hamouri avait été annulée. Ainsi, MAM rate son entrée au Moyen-Orient. Cet affaiblissement diplomatique ne date pas d’hier, il débute en 1990 avec la guerre d’Irak, les Etats-Unis deviennent les maitres de la situation au Moyen-Orient, face à une Europe affaiblie. 

Néanmoins, la France s’attelle parfois à reprendre du poil de la bête face aux Etats-Unis, actuellement dans le dossier libanais, mais ses efforts peinent à se concrétiser face aux pressions américaines. La visite de Feltman à Paris visait à modifier les orientations diplomatiques de l’Élysée et du Quai d’Orsay pour mettre terme aux discussions franco-qataries et turques, concernant la situation au Liban. En effet, Washington désapprouve son allié français qui donne son feu vert à la candidature de Najib Mikati au poste de premier ministre. C’est un revers pour la diplomatie américaine puisque Sarkozy a reconnu la désignation démocratique de Mikati. Sarkozy, devançant ainsi l’allié zunien, et à l’inverse de Chirac, pratique une politique d’ouverture vis-à-vis de la Syrie. Obama suit le pas et nomme Robert Ford au poste d’ambassadeur des Etats-Unis à Damas. 


La France et les Etats-Unis l’auront compris, à l’instar de l’Irak : une solution libanaise sans la Syrie n’est pas possible. Cependant, pour combien de temps, la France pourra rester loin des filets Etats-uniens concernant le dossier libanais ? 

Une France, soucieuse de ne pas s’attirer les foudres américaine. Même, Chirac, considéré comme l’ami des arabes, va très vite tourner sa veste pour se rattraper auprès des américains après l’invasion de l’Irak en 2003. 


Le livre de Vincent Nouzille, Dans son récent livre "Le secret des présidents", dévoile que Jacques Chirac prend des décisions surprenantes pour se réconcilier avec Bush après la guerre d’Irak. Bush veut à tout prix faire payer à Chirac son refus de le suivre dans la guerre d’Irak et fait pression sur la France, de manière à ce qu’elle annule la dette irakienne. 
La pression américaine est tellement forte qu’en en novembre 2004, une fois que Bush est réélu, Chirac fini secrètement par prendre la décision d’annuler la quasi-totalité de la dette irakienne. 


La France a du mal aujourd’hui à gérer les prises d’otages, dont elle est de plus en plus la cible. Alors que précédemment, tous les moyens diplomatiques pacifiques étaient mis en œuvre pour libérer des journalistes comme Christian Chesnot, Georges Malbrunot, ou encore Florence Aubenas. 

Aujourd’hui, la France change de stratégie, l’utilisation de la force est à l’ordre du jour, comme à l’américaine. Pour Sarkozy, il n’est plus question de négocier avec des terroristes. 
Cette nouvelle stratégie de lutte contre le terrorisme est ainsi prête à sacrifier la vie d’otages français. La France en paye cher le prix après l’échec de deux opérations militaires françaises contre l’Aqmi (al Qaeda au Maghreb Islamique), provoquant ainsi l’assassinat de trois otages français. 

Ainsi, la France semble déconnectée de toute réalité, déconnectée des peuples et des changements sur le terrain en Afrique, au Nord comme au Sud, ou encore au Proche-Orient. N’arrivant plus à anticiper les événements et les transformations en cours dans ces régions. C’est une France cloîtrée dans la bulle de ses propres intérêts politiques et économiques qui s’apprêtent à éclater ! 


Dimanche 6 Février 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 07:11

 

La montée du néo-orientalisme

Soumaya Ghannoushi met l’accent sur le rôle des médias qui ne cessent d’associer l’Islam à la guerre, à l’instabilité et à la répression, d’où le faux stéréotype connu aujourd’hui. 


De nos jours, au cœur du discours omniprésent sur l’Islam, il devient difficile d’imaginer que, seulement trois décennies plutôt, cette religion avait été une préoccupation secondaire sur la périphérie de la conscience occidentale. 

A l’époque de la guerre froide, l’évocation de l’Islam dans les articles de presse aurait vraisemblablement été synonyme de « moudjahidines » combattant l’Empire du Mal en Afghanistan. L’Islam apparaissait comme un allié avantageux des forces de la liberté, installées à New York et Londres. 

Mais la donne a fini par changer et l’Islam a été placé au cœur des préoccupations euro-américaine au lendemain des attentas du 11 septembre 2001. L’Islam est devenu un sujet d’envergure locale et mondiale à la fois, et dont les images sont transmises quotidiennement et sans interruption. 

Dès lors, il ne se passe pas un jour sans qu’on ne témoigne, qu’on ne lise ou qu’on ne regarde des évènements liés aux Musulmans. La présence de minorités Musulmanes dans les capitales occidentales ne fait que compliquer les choses en envenimant l’interaction complexe sur les plans local et mondial. 

Ainsi, la crainte d’un danger perpétuel Musulman a coïncidé avec des craintes profondes et enfoncées à l’égard d’immigrants, d’étrangers et d’inconnus. 

Expliquer la réalité 

Il faut dire que la couverture médiatique de l’Islam s’est transformée en une industrie spécialisée dans l’ingénierie des images, des scènes et des messages. 

C’est pourquoi, à l’ère de la mondialisation où le globe est régi par la force de l’image, la première question qui vient à l’esprit ne tourne plus autour des raisons derrière le déclenchement de cet évènement ou cet incident ou de comment il s’est déroulé sur le terrain, mais plutôt de la manière avec laquelle il est capturé par la caméra et retransmis aux téléspectateurs, auditeurs et lecteurs installés chez eux. 

Certains pourraient affirmer que les médias ne font que reprendre ce qui existe déjà. Cependant, les choses ne sont en réalité pas aussi simples que cela car l’objectif de la caméra n’est ni neutre ni objectif. En effet, il est question d’un ensemble de choix prédéfinis et de calculs qui décident de ce que nous devons voir ou non, et de ce que nous devons savoir ou non. 

Il convient donc de souligner que les médias ne sont pas un simple miroir qui reflète ce qui se passe réellement. Leur rôle n’est pas limité à une transmission simple et passive mais plutôt à une création, un modelage et un arrangement actif à travers un long processus de sélection, de filtrage, d’interprétation et de montage. Ainsi, les armes occultes qui détiennent les rênes de nos médias — les géants de l’information et leurs patrons - sont loin d’être des bienfaisants agissant au nom de l’amour de l’humanité. 

Paradigmes de la diffusion 

Le monde Musulman s’étale sur une imposante étendue géographique et culturelle comprenant 57 pays. La structure, elle, est différente. Certains pays sont riches, d’autres sont pauvres. On y trouve des royaumes comme des régimes républicains. Certains sont conservateurs d’autres libéraux. Des pays sont stables, d’autres moins. Il y a des pays qui sont dirigés par des femmes tandis que d’autres leur nient le droit de vote. Il existe aussi des états qui oppriment au nom de la religion et d’autres au nom de la laïcité, etc... 

Toutefois, cette mosaïque remarquablement variée est absente du cœur de la couverture médiatique du sujet. Tout ce qui est composé, complexe, divers, aux multiples facettes se transforme en une surface ordinaire, sans intensité, réduite en un ensemble de témoignages montrant des terroristes assoiffés de sang, à des cris de foules, aux turbans noirs, à des femmes battues et à des filles enfermées, voire mises en cages. 

Le monde Musulman devient ainsi une entité muette, laissant libre cours à d’autres pour s’exprimer en son nom, un ensemble anonyme auquel fait face le journaliste dépêché de la métropole. Il ou elle est donc l’agent de la compréhension, la personne qui déchiffre les codes mystérieux de cette entité étrange et nous dévoile ses secrets ; celui ou celle qui lui donne sens, vérité et ordre. 

C’est pourquoi, il est tout à fait clair et évident qu’il existe une volonté de superficialité et de réductionnisme dans les rapports sur les conflits au Moyen-Orient. 

Par ailleurs, les téléspectateurs sont invités en l’espace de quelques minutes seulement à entendre et à voir des décors marqués par des décombres, de la fumée, des voitures brûlées, des corps carbonisés et démembrés, du sang partout et des veuves gémissantes. 

Au lieu donc de tenter d’expliquer les raisons profondes et les causes de ces crises, les reportages, eux, ne font qu’aggraver et approfondir le malentendu existant. En conséquence, la confusion est telle que les rôles sont souvent inversés, où la victime est souvent perçue comme étant l’oppresseur. 

Prismes de la perception 

Un bon nombre d’études, à l’instar de celle conduite par Greg Philo et Mike Berry de l’Université de Glasgow au lendemain de l’Intifada Palestinienne confirment cette réalité. 

En effet, les chercheurs ont observé des heures de reportages et couvertures médiatiques de BBC et ITV pendant l’Intifada de 2002, ont examiné 200 programmes d’information et ont interviewé plus de 800 personnes au sujet de leur perception du conflit. 

Les résultats étaient tout simplement alarmants. Les chercheurs se sont heurtés à un niveau d’ignorance et de confusion chez les téléspectateurs assez inquiétant puisque seulement 9% savaient que les « territoires occupés » étaient occupés par Israël. Quant à la majorité, elle croit que l’occupant n’est autre que le peuple Palestinien. 

Par conséquent, le résultat n’est guère étonnant compte tenu de la couverture médiatique partiale et ses tendances à masquer les vérités capitales du conflit. Par exemple, ce qui s’offre aux téléspectateurs ne leur révèle pas que plus de 418 villages Palestiniens ont été détruits en 1948, que des centaines de milliers de villageois ont été expulsés, qu’Israël a usé de la force pour s’implanter sur 78% de la Palestine historique. Nul ne dévoile que depuis 1967, Israël s’est illégalement approprié, a occupé et a imposé différents règlements militaires sur les 22% restants, ou bien que la majorité des Palestiniens, estimés à plus de 8 millions, vivent aujourd’hui en tant que réfugiés. 

Sur un autre front, l’Irak n’a rien à envier à la Palestine. Les reportages transmis aux téléspectateurs donnent l’impression que les malheurs du pays sont ancrés dans la soif du sang et l’amour de l’automutilation de son peuple, avec une secte et une ethnicité qui se rivalisent pour la destruction de l’autre. 

Et c’est là qu’apparait le rôle des Américains qui se présentent comme des médiateurs bienveillants dont le rôle consiste à imposer l’ordre et à empêcher les différents groupes de s’entre-tuer. 

Ainsi, les raisons qui ont mené au chaos actuel sont de plus en plus étouffées, à savoir une puissante armée composée de 150 000 éléments, déployée pour envahir un pays situé à des centaines de miles, la destruction des ses infrastructures, la démolition systématique de sa mémoire collective nationale, la profanation de son héritage culturel, la mise en place d’un système politique basé sur un concept ethnique et sectaire, la dissolution de son armée au nom de la « dé-baathisation » (mettre un terme au parti Baathi), l’armement d’une faction contre une autre (au début avec les Peshmergas Kurdes, ensuite avec les milices shiites) dans le but de faire face au « triangle Sunnite » et enfin, cibler les tribus Sunnite d’Al Anbar sous le prétexte de combattre Al Qaeda. 

D’autre part, les médias nous cachent que les irakiens continuent de souffrir, non pas à cause de leur sang Arabe, Musulman, leur peau brune ou leur appartenance à une culture religieuse naturellement violente, mais parce qu’ils sont victimes d’un rapport de force cruel qui les méprise et les voit comme des insectes, des créatures sans valeur à fouler aux pieds sans pour autant se soucier de compter les morts. 

Ceci étant, il semble que l’Occident a créé sa propre « machine de la vérité » au sujet de l’Islam, des Musulmans, des Arabes et du Moyen-Orient. 

A travers cette machine, l’objectif de la caméra est orienté et de simples témoignages sont produits et reproduits à l’infini. 

Si les titres et unes peuvent varier, ils conduisent cependant à des notions étroites où la société Musulmane est perçue de la même manière aux yeux de l’ensemble de la société, du producteur au consommateur apprivoisé. Ceci se résume à la violence, au fanatisme, à l’irrationalité, à l’émotivité, à la stagnation, à la subordination et au despotisme. Ce sont là les piliers de l’orthodoxie vulgarisée par les médias et soutenue par un réseau complexe de centres et institutions de pouvoir. 

Pour y échapper, il faudrait se placer en dehors du courant dominant, à l’intérieur des marges, à côté des étrangers, des hérétiques et des monstres de la vérité. 

* Soumaya Ghannoushi, écrivain freelance, est spécialisée dans l’histoire de la perception européenne de l’Islam. De nombreux journaux de renom, tel que The Guardian et The Independent, ont repris son travail. 

27 janvier 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à : 
http://english.aljazeera.net/indept... 
Traduction de l’anglais : Niha 


Samedi 5 Février 2011

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 07:04

 

 

Parmi les milliers de détenus qui se sont évadés des prisons égyptiennes, un chef militaire du Hamas a rejoint la bande de Gaza.

 

 

Un chef militaire du Hamas, évadé de prison en Egypte à la faveur de la révolte dans ce pays, a regagné samedi soir la bande de Gaza, selon le mouvement islamiste qui contrôle le territoire. Il était détenu depuis plus de trois ans en Egypte, selon cette source.

Ayman Noufel, ancien chef de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzeddine al-Qassam, pour le secteur central de la bande de Gaza, a été accueilli par une centaine de proches et d'amis dans le camp de réfugiés de Nouseirat. Il a indiqué avoir emprunté un tunnel de contrebande pour passer de l'Egypte à la bande de Gaza, le terminal de Rafah étant fermé.

Le 31 janvier six Palestiniens, dont plusieurs membres du Hamas, évadés d'une prison près du Caire à la faveur des troubles, étaient arrivés dans la bande de Gaza, selon le coordinateur des familles de détenus en Egypte. Le régime égyptien et le Hamas, issu des Frères musulmans, le principal mouvement d'opposition égyptien, entretiennent des relations tendues.

Le Caire impute au Hamas l'échec de ses efforts de réconciliation avec l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, et l'a accusé à mots couverts d'être à l'origine de tirs de roquettes vers Israël depuis le territoire égyptien en août.

 

 


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 22:41

Emploi fictif : Cohen-Solal et Mauroy crient à « l'injustice »

Lyne Cohen-Solal en meeting à Paris en mars 2008 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).

Quels arguments de défense n'auraient pas été entendus ?

Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal ont accueilli côte à côte le jugement du tribunal correctionnel de Lille, ce vendredi après-midi : 20 000 euros d'amende avec sursis chacun, pour « abus de confiance », dans l'affaire d'emploi fictif de la communauté urbaine de Lille. En train de lire la décision avec l'ancien président socialiste de l'agglomération, l'ex-attachée de presse de la CUDL s'est confiée à Rue89.

Un jugement qui intervient après plus de dix années d'une procédure judiciaire engagée par Eric Darques, un ancien élu de l'agglomération lilloise. Lequel accusait Lyne Cohen-Solal d'avoir été rémunérée par la CUDL en 1992, mais de n'avoir rempli que son autre rôle de rédactrice en chef de l'hebdomadaire socialiste Vendredi.

Le 3 décembre dernier, le parquet avait requis la relaxe générale, mais le tribunal correctionnel vient donc de trancher dans le sens inverse. S'il n'a décidé que de peines d'amende avec sursis contre les deux protagonistes, ainsi que l'ex-directeur de cabinet Bernard Masset, il leur ordonne d'indemniser la CUDL à hauteur de 19 654 euros et de verser 5 000 euros en remboursement des frais de justice à Eric Darques. Une décision qui fait bondir l'actuelle adjointe à la mairie de Paris.

« J'ai fait mon boulot… »

 Quel est votre sentiment après cette condamnation ?

Lyne Cohen-Solal : Le juge n'a rien entendu ou n'a rien compris à ce qu'on a dit. C'est une injustice totale. Je pense qu'on va faire appel. Nos avocat sont en train de lire le jugement de 23 pages. On ne peut pas se laisser condamner comme ça. Si on est vraiment coupable, on ne nous condamne pas à une peine d'amende avec sursis. Je refuse d'accepter qu'on est coupable, on n'est coupable de rien du tout.

 

Je suis de bonne foi, j'ai vraiment travaillé pour la communauté urbaine, il n'y a pas eu d'emploi fictif. D'ailleurs, le juge ne dit pas qu'il y a eu emploi fictif, il parle d'abus de confiance et je suis condamnée pour recel. J'ai fait mon boulot. Est-ce qu'il fallait que je sois payée pour mon travail ou pas ?

« C'était bon pour la communauté urbaine »

L'abus de confiance est cependant le chef d'accusation habituellement retenu dans les affaires d'emplois fictifs…

Ce n'est pas la même chose, c'est même très différent. Ici, on considère que Pierre Mauroy a dépensé de l'argent pour me payer et occuper un emploi, mais que cet emploi n'était pas au bénéfice seul de la communauté urbaine. Le juge se permet donc de juger, à la place du président de la communauté urbaine, si ce qu'il me demandait de faire était bon ou pas pour la communauté urbaine. A ce que je sache, il est désigné par le peuple pour ça.

Pierre Mauroy au meeting du PS à La Rochelle en août 2009 (Stéphane Mahé/Reuters).Je ne vois pas comment le juge aujourd'hui, dix-huit ans après, peut se permettre de dire : « De telle heure à telle heure, c'était bon pour la communauté urbaine ; de telle heure à telle heure, ce n'était pas bon pour la communauté urbaine. » Fallait-il que je sorte pendant que Pierre Mauroy parlait de quelque chose qui ne concernait pas directement la communauté urbaine ? On en est là…

Tout ce que Pierre Mauroy m'a demandé de faire, je l'ai fait. Et lui considère que ce qu'il me demandait de faire était bon pour la communauté urbaine de Lille. Sinon, il n'aurait sans doute pas été réélu comme président de la communauté urbaine de Lille.

« La dénonciation, c'est chic ! »

Vous allez donc continuer à vous défendre dans un nouveau procès…

Il y a toutes les chances qu'on fasse appel parce que quand même… Tout ça a commencé par une lettre de dénonciation de Jean Tibéri en 1997 [maire UMP du Ve arrondissement de Paris, où Lyne Cohen-Solal est conseillère PS d'opposition]. La dénonciation, c'est chic ! On faisait ça aussi dans les années 40… Et même deux lettres, parce qu'ils avaient peur que le procureur de Paris ne reçoivent pas la première.

Le procureur de Paris a d'ailleurs classé sans suite en 1998. Puis, la chambre régionale des comptes a fait des remarques, mais n'a pas transmis à la justice. Ensuite, le procureur de Lille a fait un réquisitoire de non-lieu. Et enfin, à l'audience, la relaxe a été requise. Franchement, je me sens un petit peu harcelée…

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 22:35

Alliot-Marie en Tunisie : le jet appartient bien au clan Ben Ali

Photo : le 14 janvier à Gagliari (Italie), l'avion dans lequel Michèle Alliot-Marie avait volé pendant les vacances (DR)

Trois jours après les révélations du Canard Enchaîné, celles de Mediapart viennent confirmer un point essentiel, démenti avec vigueur par la ministre des Affaires étrangères et oublié par la plupart des médias : le jet dans lequel elle a volé pendant les fêtes en Tunisie appartient aussi à Belhassen Trabelsi, le très détesté beau-frère de l'ex-président Ben Ali.

Selon Mediapart, l'avion privé emprunté par la ministre est d'ailleurs le même qui avait été contrôlé, le 14 janvier, au soir de la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, sur le tarmac de l'aéroport de Cagliari, en Sardaigne. La police italienne soupçonnait le dictateur d'être dedans mais, « officiellement », il n'y était pas.

L'AFP oublie le beau-frère

Le Canard Enchaîné écrivait mercredi dans son article :

« Interrogée lundi 31 janvier par Le Canard, Michèle Alliot-Marie a reconnu avoir pris place, avec son compagnon, Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, et ses parents à bord d'un avion de 9 places Challenger 600, immatriculé TS-IBT, appartenant à l'homme d'affaires Aziz Miled et à Belhassen Trabelsi, le beauf de Ben Ali soi-même. »

Or, l'un des principaux éléments de langage martelé depuis par la ministre, le gouvernement et ses soutiens prétend exactement l'inverse : l'avion n'appartient pas au clan Ben Ali, et l'ami Miled n'appartient pas à ce clan.

Cette stratégie de communication de crise a été facilitée par l'Agence France Presse. Elle a curieusement oublié, dans sa première dépêche dès mardi soir, veille de la parution du Canard, de mentionner que le beau-frère de Ben Ali était co-propriétaire de l'avion.

Les agences concurrentes, comme la britannique Reuters, mentionnaient bien Trabelsi comme co-propriétaire du jet. Mais l'AFP, agence dans l'orbite de l'Etat à laquelle la grande majorité des médias français sont abonnés, peut donner le « la » d'un événement. Du coup, ce point crucial, gênant politiquement pour Michèle Alliot-Marie, a été éclipsé dans le bruit médiatique.

Les initiales de Belhassen Trabelsi sont sur l'avion

Selon Mediapart, rien ne prouve d'ailleurs que le jet soit également détenu par Aziz Miled. Il appartient officiellement au groupe Nouvelair, issu de la fusion d'une compagnie de Trabelsi avec celle de Miled, qui aurait été spolié par le régime, selon la défense du Quai d'Orsay.

Ce n'est en fait pas le cas :

« D'après les relevés de l'office européen d'aviation EuroControl, le jet du scandale […] est enregistré au seul nom de la compagnie Karthago Airlines, une société fondée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère honni de Ben Ali, et pièce centrale du système de corruption tunisien. »

Cette appartenance est d'ailleurs, pour ainsi dire, écrite sur l'avion :

« Comme cela est courant dans le milieu de l'aviation d'affaires, les deux dernières lettres de l'immatriculation d'un avion correspondent souvent aux initiales de son propriétaire ou, sinon, à celles de son principal utilisateur.

Dans le cas d'espèce, le jet utilisé par MAM en Tunisie est immatriculé TS-IBT. “BT”, comme… Belhassen Trabelsi, assurent plusieurs sources concordantes. »

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 22:08

Cette nouvelle décennie sera-t-elle celle des peuples ?

Samuel MOLEAUD

I/ La société civile internationale, plongée dans l’abîme.

De 2000 à 2010, le monde a pu observer la dégradation rapide des conditions de vie, non seulement dans les pays dits du Tiers Monde, mais aussi dans les pays riches de l’Occident. Les accords de libre échange signés de la décennie antérieure ont montré leurs façades d’écrans de fumée, concentrant les capitaux entre les riches du Nord économique, et ceux du même Nord. Les attentats du 11 septembre 2001 ont profondément chamboulé l’ordre géopolitique mondial, donnant du grain à moudre au terrorisme impérial des États-Unis pour asservir le Moyen-Orient, le plonger dans le chaos pour perpétuer l’hégémonie étasunienne, et voilà que depuis, règne un parfum d’anti-islamisme électoraliste primaire à l’autel du microcosme politico-médiatique occidental. Les conflits armés et trafics d’armes ont prospéré, dans le soutien des gouvernements occidentaux avec les dictatures, les paramilitaires et les forces décuplées de l’OTAN. Dans le même temps, la globalisation économique colonisait tous les espaces traditionnels des pays dominés, privatisant agriculture, santé, éducation, transports, accès aux ressources, culture, et transformait le dogme de la concurrence pure et parfaite en un gigantesque oligopole à échelle planétaire. La violence structurelle de l’Union Européenne, des pouvoirs autoritaires et agressifs (de Reagan à Berlusconi, en passant par Thatcher), dont les chefs d’État ont enjoins la doxa de la dérèglementation des marchés financiers, œuvrait à la liberté de circulation des individus. Sauf que le Nouvel Ordre Mondial, décrété à l’effondrement de l’URSS, que les élites politiques appelaient tant de leurs vœux, n’avait absolument rien de démocratique, je ne vous l’apprends pas, et a démantelé l’État-Nation au profit des consortiums d’entreprises multinationales gouvernant et détruisant la planète.

De tous ces méfaits de l’économie globalisée, sommairement et non-exhaustivement énumérés, cette décennie a parallèlement marqué la naissance de nouveaux pôles de contestation de la société civile internationale, l’émergence du mouvement altermondialiste, et la radicalisation progressive (de gauche ou de droite) des opinions.

2011 termine de distiller son premier mois, et voila que contre toute attente, des mouvements sociaux de contestation d’une efficacité rarement observée contre les pouvoirs autoritaires fleurissent de l’Afrique du Nord, ravivant un espoir de résistance pour de milliers de personnes résignées et étrangères au néolibéralisme meurtrier. Plus que jamais, le discours altermondialiste semble redorer son blason de crédibilité. En France, nous voyons souvent Jean-Luc Mélenchon défrayer la chronique des journaleux, et faire s’égosiller nombre de commentateurs autorisés à dire que ce parlementaire socialiste est un populiste. Qu’il soutient le « régime dictatorial » de Cuba, insinuant que s’il était élu, la France deviendrait une dictature à la cubaine ou vénézuélienne. C’est déjà un non-sens d’affirmer que Cuba et Venezuela sont des dictatures. Autant remettre d’emblée les pendules à l’heure, le populisme n’est ni plus ni moins que la critique des élites pour prôner une politique au bénéfice du peuple. Tout « populisme » ne signifie pas nécessairement dictature autoritaire. A l’inverse, la France montre depuis nombre d’années qu’elle peut être vue comme une dictature, ou démocratie autoritaire. Les détracteurs médiatiquement influents qui utilisent ces mots pour cribler J-L Mélenchon de critiques acerbes, connaissent pourtant bien le sens de ces termes, vu qu’ils sont passés par des formations élitistes en science politique, ou en administration générale et publique. Est-ce à dire que vouloir une démocratie participative d’initiative citoyenne calquée sur le modèle bolivien est un acte populiste ? Que tous ceux qui manifestent une méfiance vis-à-vis du pouvoir des classes favorisées socialement, agissant dans le mépris des classes dominées, sont des populistes ? Que tous les militants communistes, libertaires ou révolutionnaires sont des populistes ? Dans ce cas, je veux bien être gouverné par des socialistes populistes. Et je préfèrerais avoir un président sympathisant de Cuba et de la Bolivie, plutôt qu’un qui propose d’envoyer des flics en Tunisie pour aider à réprimer les manifs. Passons…

Du Front de Gauche à la révolution socialiste, pacifique et citoyenne qu’il prône, on peut toujours rêver, et espérer que le grand jour soit en préparation. Imaginer, croire et rêver de la réalisation des utopies n’est, heureusement, pas encore puni par le code pénal. Utopie, vous dites ? Ou désir de voir se réaliser une réalité sociale à laquelle 85% de la population française aspire, parfois sans le savoir ? Je vous laisse le plaisir de vous faire une réponse.

Mais avec ce Front de Gauche, de quel socialisme parlons-nous (on a vu un PCF abandonner les revendications de lutte des classes et aseptiser le discours autour de l’anti-droite primaire rentable en terme de communication politique, pour renflouer les statistiques électorales, on a aussi vu un PS moribond faire le jeu de la droite néolibérale en privatisant avec bien trop de zèle) ?

II/ Bref rappel d’histoire des socialismes.

Au 18ème siècle, si le premier des socialistes français connus s’appelait Gracchus Babeuf, -soupçonné de vouloir prendre le pouvoir, puis exécuté par les révolutionnaires pour son communisme-, le socialisme a néanmoins émergé suite aux désastres créés par le capitalisme florissant des années de la première Révolution Industrielle (1840-1880). De là, quatre courants de socialismes ont percé et se sont opposés.

Premièrement, il y eut le socialisme utopique de Fourier, Cabet et Saint-Simon, où les gens se seraient réunis en associations de communautés libres, une idéologie reconnue comme prémices de l’anarchisme. Suivit le socialisme libertaire développé en France par Proudhon, celui où règne l’égalité économique et juridique entre les individus, vivant en autogestion dans des communes fédérées, sans gouvernement d’élites politiques et économiques. Sans recherche de profit, puisque tous les travailleurs sont égaux, et le travail est mutualisé en association. L’anarchisme proudhonien a été repris par Kropotkine et Bakounine en Russie, et Lénine a écrasé dans le sang ceux qui l’avaient adopté lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en liquidant les Soviets. Il y eut ensuite le socialisme scientifique, théorisé par Marx et Engels, qui ont érigé une énorme théorie de l’exploitation du travailleur par le capitaliste, analyse encore si tristement prégnante aujourd’hui. Marx est celui qui comme on le sait, eut le plus d’influence. L’État et la société capitaliste sont amenés à s’autodétruire, au bénéfice de la classe prolétaire, qui parvient à s’affranchir de la domination de la bourgeoisie impérialiste. La société capitaliste, divisée en classes antagonistes se transforme en dictature de la majorité (prolétariat) contre la bourgeoisie. Le dernier mouvement fut celui du socialisme humaniste et démocratique, lancé par Jean Jaurès en France, celui qui cherche la révolution sociale et pacifique par le biais des urnes, la répartition équitable des richesses, la garantie de l’État de droit (là où les trois premiers courants se méfient de l’État), et la souveraineté de la loi républicaine. C’est de ce dernier mouvement Jaurésien, que se revendique « l’agitateur médiatique » dirigeant le Parti de Gauche.

Un court article ne peut pas résumer deux cent ans d’histoire du socialisme, ce n’est pas le but, et bien des auteurs ont consacré leurs vies d’écrivains à cela. Mais c’est une erreur de considérer les partis du Front de Gauche comme uniquement socialistes, comme s’il n’existait qu’un seul type de socialisme. Ce qui a changé, c’est que la globalisation néolibérale et la tyrannie des banques rapaces montrent qu’il est indispensable de conserver un État, car c’est la seule entité qui puisse assurer une politique sociale dans le respect des besoins sociaux de la population. Noam Chomsky compare même l’État à une cage dans laquelle il est nécessaire de rester, par sécurité pour s’en servir de paravent, pour se protéger des agressions des fauves capitalistes, des multinationales scélérates assassinant les peuples sans vergogne et en toute impunité par leur dictature économique. En France, quel parti politique, s’il y en a un, pourrait rétablir une politique sociale digne de ce nom, dans le respect de tous, si l’on se fie à l’idéologie (et non aux réalités économiques qui font que le parti « attrape tout » qui satisfait le plus les intérêts du CAC40 est celui qui remporte l’élection présidentielle) ? Je ne vois qu’une alliance politique des partis politiques du Front de Gauche. Et pourtant…

III/ Le Parti de Gauche et son dirigeant : une alternative à la domination néolibérale ?

Ma foi, qu’il est beau de voir ces affiches et ces drapeaux rouges, une gauche unie pour faire front commun à la gauche caviar, à la droite, unie pour renverser le système. Imaginez que le candidat du Front de Gauche parvienne à convaincre quarante millions de citoyens inscrits de voter pour lui en 2012, et engager la France dans une révolution bolivarienne calquée sur le modèle démocratique de l’Amérique Latine (Venezuela et Bolivie), alliant politique sociale, solidarité et résistance à l’ordre néolibéral des institutions mondiales. Imaginez le Parti de Gauche, le PCF, des fractions du NPA (Gauche Unitaire), être majoritaires dans les Assemblées Nationales et communautaires, pour réinstaurer en Europe le socialisme du 21ème siècle. C’est beau, on a envie d’y croire. Une société où chacun pourrait participer à la gestion des affaires publiques en œuvrant au local, quartiers par quartiers, un gouvernement dans le souci de l’égalité, de la répartition des richesses, et de la justice sociale, en taxant les transactions financières ? Ce doux rêve est-il trop beau pour être vrai ? Oui, les rêves sont toujours des projections de nos cortex cérébraux. Du fictif.

Le programme politique du Parti de Gauche semble être le plus constructif pour éviter le bigbang économique, écologique et social qui s’annonce. De mon modeste niveau de connaissances en histoire politique contemporaine, il y eut peu de partis institutionnels, depuis la chute du mur de Berlin, proposant un réel socialisme, au sens réadapté de Jean Jaurès. Le problème, c’est que cet organisme partisan est dirigé par un président qui n’apparaît pas crédible aux yeux des votants, des citoyens, de moi-même, et qui semble dépassé par son ambition. Et c’est bien là le cœur du problème : l’ambition du chef charismatique, qui s’enferme dans le rouage de l’avidité du pouvoir qu’il a lui-même intégré. Entre un parti politique tourné vers la séduction des masses, la prise du pouvoir, et une association tournée vers la sensibilisation, l’éducation populaire, il y a manifestement un gouffre abyssal.

A chaque fois qu’un dirigeant politique incarne des convictions à propager au micro, celui-ci se sent obligé d’y ajouter des mots que seuls les militants aguerris (de gauche comme de droite, au demeurant) peuvent saisir. Lorsque le chef du PG scande la tyrannie des oligarques, la bêtise des médiacrates, non seulement il plonge son discours socialiste dans des clichés dont la manœuvre est électoraliste et fumeuse pour le rôle politique qu’il incarne, mais en plus, il omet d’expliquer dans le fond les choses qui nécessitent un vocabulaire si fort, voir belliqueux. Évidemment, s’il se justifiait -en disant que la société mondiale est enrôlée de force dans une guerre sociale mondiale des classes depuis une quinzaine d’années, et que le terme oligarque est un raccourci légitime pour évoquer le fait qu’une poignée de milliers d’Hommes exploitent et affament 70% de la population mondiale. S’il expliquait que médiacrates renvoie au processus de formatage des opinions par la presse à grand public, majoritairement dirigée par des multinationales marchandes d’armes et de produits chimiques, proches du pouvoir politique, -il n’aurait même pas les cinq cent signatures de maires nécessaires pour valider sa candidature présidentielle.

Outre le fait que les gestes de Mr Mélenchon effraient nombre de personnes, (certaines gesticulations politiciennes n’ont pourtant pas apeuré 30 millions de français en 2007, ayant voté PS, UMP, FN…) ce n’est malheureusement pas avec un tel discours, si pertinent soit-il, que ce candidat parviendra à franchir le seuil du second tour en juin 2012. Car la gouvernance de la Vème République, comme dans la plupart des pays dits démocratiques, est devenue un club privilégié où seuls les plus riches peuvent commander le navire. Pour être élu, le candidat a intérêt à articuler un programme qui favorisera les intérêts du CAC40, du Medef, détenteurs du capital, voir pourquoi pas demander aux dictateurs africains un petit coup de pouce pour financer la campagne électorale…

L’alternative sociale et démocratique n’arrivera jamais par la joute électorale quinquennale des clowns des hautes sphères sociales, pour la simple raison que l’école républicaine apprend à ses mômes qu’en politique, il faut toujours se méfier des extrêmes, et préférer les partis modérés. De plus, tant que les grands médias seront sous la direction des plus grands industriels…Tant que les journalistes qui s’y rattachent seront formés dans les mêmes écoles que ceux qui font la loi, il n’y a pas de risques que les grands journaux se mettent à accréditer le Front de Gauche dans leur propagande. Les élections présidentielles ne sont qu’une mascarade où tout est plus ou moins joué d’avance. L’abstention laisse les électeurs de droite (plus nombreux) choisir leur tête, le vote « d’extrême-gauche » ne rend en retour que la résignation du « j’aurais essayé », et laisse le sentiment que gauche (PS) et droite libérale jouent au même jeu. Pire, la majorité des partis d’opposition à l’UMP ne font que critiquer le pouvoir dans le but de le prendre. D’un côté, si les Hommes politiques étaient réellement des humanistes si soucieux des populations, pourquoi auraient-ils l’ambition si acharnée de conquérir le pouvoir, sachant qu’il faut écarter bien des têtes avant de se faire élire secrétaire national d’un parti politique ? Toute ambition politique est construite d’opportunisme. Mais pourtant, vu le marasme dans lequel sont plongées les possibilités de changement hors du cadre juridique, et position paradoxale pour un sympathisant libertaire, il m’apparait que même avec un candidat aux attitudes décontenancées et dangereuses, le vote Front de Gauche de l’an prochain soit souhaitable pour décoller l’oligarchie de son piédestal financier.

IV/ Une décennie charnière annonçant révolutions, et chute de l’Empire néolibéral ?

Les lobbies et les multinationales sont en train de coloniser doucement les instances de l’Union Européenne (ses dirigeants politiques s’en accommodent bien), qui se retrouve à rédiger des lois uniquement dans l’intérêt « courtermiste » des grands trusts industriels. Jamais, dans l’histoire récente, il n’y eut autant de richesses produites que de nos jours, et pourtant, les écarts de salaires entre pauvres paupérisés et riches enrichis sont les plus grands depuis plus de cinquante ans. La fausse crise de 2008 a permis de concentrer le capital entre les mains d’hommes d’affaires qui en sont sortis encore plus riches. Les banques, une fois renflouées par les États, qui ont prêté à taux dérisoires, ont fait infiniment plus de profits une fois qu’elles avaient revendues leurs titres, et leurs incursions spéculatives néocolonialistes sur les économies occidentales sont encore plus virulentes qu’avant 2008. Les profits du CAC40 atteignent des sommes colossales, plus élevées qu’avant la "crise" financière, alors que dans le même temps, dans les plus grandes entreprises, la participation des salariés aux bénéfices ne dépasse pas les 2%. Mais il faut bien reconnaître que l’oligarchie est très gourmande.

Depuis deux décennies, la doxa néolibérale fait croire que le coût du travail est trop élevé, et qu’il y a trop de charges pesant sur les patrons (petits et gros). La manœuvre permet juste de légitimer un taux de chômage optimal afin que les entreprises « investissent » sur les marchés financiers, et produisent de l’argent avec l’argent (ou plutôt avec les dettes…), à même taux d’intérêts. La même pensée unique fait croire que l’intervention de l’État coûte cher et empêche le bon déroulement de l’économie de marché. Mais les multinationales telles General Motors, Total, Airbus ou Exxon Mobil, sont largement subventionnées par les États. Et lorsque les réunions du G8 se prononcent en 2009 pour une interdiction des parachutes dorés et un contrôle plus transparent des bénéfices, le Medef crie à l’imposture et fait plier les responsables politiques. Ce qui est dramatique, c’est que partout où les prérogatives de l’État ont été réduites, les études montrent que les prix montent en flèche pendant que la qualité des services de santé, d’éducation, de transports, elle, prend une chute vertigineuse.

Parler de prolétariat, en tant que tel, est devenu obsolète, tout comme dire qu’il existe une classe ouvrière (je doute que les ouvriers aient un sentiment d’appartenance à une même classe). Mais plus que jamais, la division en classes sociales reprend tous son sens historique, et il est probable que le choc frontal entre ces classes se fasse vite sentir, s’il n’est déjà pas même amorcé. L’Islande, qui a prit de plein fouet l’avidité et la cupidité de ses dirigeants néolibéraux et l’effondrement de son système bancaire, a procédé silencieusement à une révolution citoyenne et pacifique, en expulsant la caste libérale du pouvoir pour se déclarer en Assemblée constituante (1). Une révolution réussie qu’il fallait ne pas relayer dans la presse à faits divers, de peur que nous en fassions de même ! Je n’ai par ailleurs jamais entendu J-L Mélenchon parler de cette révolution pacifique islandaise, lui qui la souhaite tant. Tous maintenant, ont pu constater l’immense courage du peuple tunisien qui a réussi à faire tomber son dictateur, et commencer non pas une révolte, comme le disent les médias (une révolte donne à penser que la colère va se tasser avec le « gouvernement de transition »), mais bel et bien une révolution populaire, qui pourrait faire effet boule de neige, et donne un immense espoir pour nombre de militants du « Monde Arabe et Musulman » ou même d’Europe.

Face à ces constats, de plus en plus audibles et crédibles, d’une guerre sociale des riches contre les pauvres, les mouvements sociaux se radicalisent en même temps que les opinions politiques partout en Europe, et l’on peut parier que les prochaines grèves seront plus dures que celles du mois d’octobre contre la réforme du système des retraites en France.

Si la prochaine décennie (il faudra bien plus de temps) est celle du respect des peuples, l’avenir proche nous le dira. Mais il faut que chacun prenne conscience de sa capacité à pouvoir changer certaines choses. En effet, il existe nombre d’alternatives individuelles ou associatives à développer pour rendre la vie sociale plus citoyenne à l’échelon local. Actions de sensibilisations, café-débats, militer sur internet, raisonner sa consommation, etc…Celles-ci sont infiniment plus démocratiques et citoyennes qu’un bulletin dans l’urne déposé tous les cinq ans, car elles font vivre la participation politique au quotidien. Néanmoins, au niveau institutionnel, dans l’idée, seule l’alliance de « l’autre gauche » pourra peut-être me réconcilier avec les jeux républicains. Mais ce n’est pas gagné.

Samuel Moleaud

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Published by conscience politique - dans Faits Divers
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