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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 01:13

La France éternelle se gargarise à l'envi de ce qu'elle appelle son « exception culturelle ». Ah ! Le cinéma français ! Ah ! La littérature française ! Soit. Mais il est désormais une exception que peu de monde envie à l'arrogant coq gaulois : sa presse vient de tomber dans le giron d'industriels dynastiques qui ont bâti leur fortune sur la vente d'armes, lesquelles, comme chacun sait, servent à tuer. À la mi-juin, Dassault Serge, 79 ans, fils et héritier de Dassault Marcel, a pris le contrôle de la Socpresse en rachetant les parts de douze héritiers d'Hersant pour un montant d'environ 1 milliard d'euros. Même les voisins anglo-saxons, pourtant peu regardant en matière de tycoons ou de gutter press, s'en sont émus. Jo Johnson commence ainsi le papier qu'il consacre, dans le Financial Times, à la mainmise de Dassault sur, notamment, Le Figaro : « Imaginez les hurlements de protestation en Grande-Bretagne si, du jour au lendemain, le Daily Telegraph passait sous la coupe de BAE Systems ! Les fabricants d'armes qui dépendent de contrats gouvernementaux pour leur bien-être financier sont rarement les meilleurs défenseurs de la liberté de la presse. Les propriétaires hauts en couleur des journaux britanniques ont leurs défauts, mais la dépendance vis-à-vis de l'État n'en fait pas partie. » Retour sur une affaire qui en dit long sur l'état de la presse en France. 
En devenant propriétaire de 82 % de la Socpresse, empire bâti par Robert Hersant, Serge Dassault est devenu un patron de presse incontournable. Il est aujourd'hui à la tête du Figaro, mais aussi de nombreux autres titres (voir encadré « Journaux et avions de chasse »). Élu président du groupe de presse, l'avionneur s'est entouré de sa garde rapprochée : son fils Olivier Dassault, président de Dassault Communication et député UMP (Union pour un mouvement populaire, au pouvoir) de l'Oise ; son directeur délégué Paul Bechter ; son conseiller Rudi Roussillon ; son directeur des finances Philippe Hustache ; et son notaire Me Bernard Monassier. Des héritiers de Robert Hersant, seule la petite-fille de celui-ci, Aude Jacques-Ruettard, n'a pas cédé ses parts (13 %). L'assemblée générale du 8 juillet a entériné le changement de propriétaire et le groupe est devenu une société anonyme dotée d'un conseil d'administration présidé par Dassault lui-même. Yves de Chaisemartin, autrefois président du directoire et directeur politique du Figaro, est devenu vice-président et directeur général de la Socpresse... après avoir tremblé pour sa place. 
Mouvement classique de concentration dans les médias ? Sans doute. Sauf que l'histoire, les relations et les choix politiques de la famille Dassault ne permettent pas de considérer cette dernière comme un acteur lambda de la vie économique française. Ce n'est pas un hasard si, inquiet, le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a été le premier à réagir, fustigeant une concentration alarmante « mettant en danger le pluralisme de l'expression, l'indépendance des médias et la démocratie ». Pour les députés socialistes, « dorénavant, la presque-totalité de la presse écrite, télévisée ou radiophonique est dans les mains des dirigeants de puissants groupes industriels spécialisés dans l'armement ou les travaux publics, vivant des commandes publiques de l'État ». En ligne de mire : Lagardère (aéronautique et presse), Bouygues (bâtiment et télévision) et Dassault (presse et aéronautique) - trois entreprises dirigées aujourd'hui par les fils de leurs fondateurs. 
Le petit Dassault a hérité, en 1986, à 61 ans, de l'empire érigé à la force du poignet par son père. Rarement pris au sérieux, Serge a su naviguer entre les écueils. Sans doute parce que, comme l'inspecteur Columbo, qu'il adore, « il n'est pas aussi bête qu'il en a l'air ». Et surtout, parce que les deux présidents de la République qui se sont succédé depuis sont des proches de la famille. Intime de François Mitterrand et collaborateur des Dassault, le député Guillain de Bénouville a fait le lien entre les deux, au-delà des divergences politiques affichées. Et pour ce qui concerne Jacques Chirac, son père, François, fut le conseiller d'un certain Marcel Dassault en 1936... Mais plus que cette proximité avec les cercles du pouvoir - et en particulier la grande famille UMP - c'est la « vision Dassault » de la presse qui a de quoi inquiéter. 
Le papa, Marcel, possédait un hebdomadaire à succès, Jours de France, le « journal de l'actualité heureuse », dont il disait : « Je me suis rendu compte que pour qu'un journal politique ait de l'influence, il fallait qu'il soit lu, et pour qu'il soit lu, il ne fallait pas parler de politique. » Exit l'information ? Exit les mauvaises nouvelles ? Le fiston a retenu la leçon : pour lui, un journal doit pouvoir servir à « faire passer un certain nombre d'idées saines, d'orientations, pour permettre de mieux gérer l'économie ». Il aimerait « aussi qu'on parle des choses qui vont bien ». 
On pourrait en rester là si Serge n'était déjà passé aux actes. Parmi les choses qui vont bien, il y a évidemment la chorale de la ville de Corbeil-Essonnes (sud de Paris), dont il est le maire UMP. Le 17 mai, deux jours après la publication d'une tribune libre signée « Serge Dassault, maire de Corbeil-Essonnes », paraissait en effet dans Le Figaro - quotidien national - une photographie des jeunes chanteurs en compagnie de l'illustre élu. Émoi dans la rédaction. Plus récemment, d'après l'hebdomadaire satirique (et, exception notable, totalement indépendant) Le Canard enchaîné, « le nouveau propriétaire a fait savoir à la rédaction en chef qu'il trouvait "déplacée" la parution d'une tribune libre de Dominique Strauss-Kahn [un des leaders de la gauche socialiste] dans la page "Débats et opinions" ». C'est vrai, après tout, pourquoi donner la parole à un dangereux gauchiste alors qu'on veut défendre des « idées saines » ? Et puis, il y a tellement de choses qui « marchent bien »... comme les avions Dassault, par exemple. Le Canard, encore lui, ne s'est pas gêné pour souligner la multiplication des articles - notamment sous la plume du journaliste Philippe Migault - vantant les qualités de l'avion Rafale produit par les usines Dassault, aux dépens de l'Eurofighter fabriqué par la concurrence, à savoir EADS (European Aeronautic Defence and Space Company). Mais quoi ! « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur », rappelle tous les jours Beaumarchais au fronton du Fig'. 
Au sein de la rédaction de ce dernier, navire amiral de la Socpresse, les sentiments sont mitigés. Selon un journaliste, « l'atmosphère n'est pas à la mobilisation. La rédaction est plutôt légitimiste de tempérament, et une bonne partie est très à droite. Mais il ne faut pas que [Dassault] pousse trop. » Pour un autre : « En fait, trois types de sentiments se mélangent. Il y a d'abord l'espoir de sortir d'une longue période d'austérité. Dassault a de l'argent, les conditions de travail peuvent s'améliorer. Je pense aux salaires ou même aux locaux, vétustes. D'autre part, Le Figaro a toujours été une boîte très peu transparente et certains espèrent qu'il va enfin être possible d'en savoir davantage sur l'état réel de l'entreprise. Mais, pour finir, beaucoup craignent que le journal soit instrumentalisé par un vieil industriel qui veut faire passer ses idées. Des idées qui sont celles de son âge. » À L'Express, comme au Figaro, les rédactions entendent rédiger des chartes garantissant leur indépendance. Mentionné dans les colonnes de ces journaux, le nom de Dassault devrait systématiquement être accompagné de sa qualité de président de la Socpresse - comme c'est l'usage dans les journaux anglo-saxons. 
L'homme d'affaires a-t-il voulu s'acheter un jouet en imaginant - comme beaucoup - qu'il pourrait y gagner de l'influence ? L'avenir le dira. Mais ce risque n'est pas le seul à peser sur les journaux. Serge Dassault est un industriel, pas un homme de presse, qui entend appliquer ces recettes « simples » qui ont fait leurs preuves en entreprise : « Un groupe, quel qu'il soit, ne peut supporter des filiales durablement en déficit sans compromettre son avenir. » Or, à l'image de l'ensemble de la presse française, rares sont les journaux de la Socpresse à être bénéficiaires. Lectorat de plus en plus faible, recettes publicitaires en chute libre, concurrence des journaux gratuits, autant de facteurs qui pourraient conduire à de violentes restructurations, notamment dans la presse régionale. 
La mainmise de Dassault gênerait sans doute moins si un autre marchand d'armes, Lagardère - détenteur de 15 % des parts d'EADS -, ne possédait, lui aussi, via sa filiale Hachette Filipacchi Médias et depuis longtemps, un grand nombre de titres (43), parmi lesquels Elle, Télé 7 jours, Paris Match, Le Journal du dimanche et plusieurs quotidiens régionaux (La Provence, Nice-Matin). Certes, les deux géants ne s'aiment guère. Mais est-ce là un contrepouvoir suffisant ? Une garantie de pluralisme ?

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 17:52

Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les services secrets français. Comme le remarque Miguel Martinez du site internet progressiste ComeDonChisciotte, ces révélations, encouragées par les services secrets italiens, doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen. 
Le Réseau Voltaire précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’Africom sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.

 

 

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle,Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

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L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010. Il vit aujourd’hui sous protection des services secrets français.

La réunion. On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

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La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

 


 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 12:05

« Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes et animateur du groupe La Droite sociale, s’est exprimé dimanche 8 mai sur cette thématique, en stigmatisant« les dérives de l’assistanat », qu’il a qualifiées de« cancer de la société française », résume Le Monde :« Selon M. Wauquiez en effet, « aujourd’hui, un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes deminima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic, a-t-il avancé. Ça c’est la société française qui tourne à l’envers. » Pour lutter contre ce « cancer », Laurent Wauquiez propose deux mesures : plafonner l’ensemble des minima sociaux à 75% du Smic et obliger les bénéficiaires du RSA à effectuer 5 heures hebdomadaires de travaux de « service social ». Une sortie évidemment méprisable sur le plan idéologique : « Laurent Wauquiez, porte parole/animateur de sa «Droite sociale», n’hésite pas stigmatiser les plus faibles et à liguer la « France d’en bas » contre celle qui est au fond du trou », comme l’écrit ActuChômage. « Ça, c’est la société française qui tourne à l’envers. » En effet, on marche sur la tête : quoi de plus aberrant qu’une société qui prône la « valeur travail » alors que celui-ci est non seulement rare, mais ne paie pas ! Aujourd’hui, ceux qui bossent ne s’en sortent plus, ceux qui retrouvent un emploi travaillent carrément à perte, tandis que ceux dont les employeurs ne veulent pas sont condamnés à la misère. Au lieu de dénoncer ce travail qui décourage car il ne paie plus en suggérant de revenir, par exemple, sur les 24 milliards d’euros d’allègements généraux dits « pour l’emploi » dont l’Etat se déleste chaque année et qui «encouragent» les entreprises à rémunérer leurs collaborateurs en dessous d’1,6 Smic — ceci expliquant que la France est championne du salaire minimum ou que la moitié de nos salariés gagne moins de 1.600 euros nets par mois… —, Laurent Wauquiez préfère incriminer notre système de protection sociale et, bien évidemment, ses bénéficiaires les plus fragilisés. » Mais en plus d’être ignoble, ce que prétend Wauquiez est mensonger !

« Un couple au RSA gagne moins qu’un couple avec un Smic, reprend Le Monde. L’exemple de M. Wauquiez constitue une affirmation forte… mais fausse.  En 2011, un couple sans enfants touche 700 euros de environ s’il ne travaille pas. Mais il ne les cumule pas avec d’autres aides : le principe du RSA est qu’il correspond à un forfait. Si le couple est éligible à l’aide au logement (APL), on retirera de son RSA un forfait de 109,11 euros, en échange de cette aide (une personne seule perdrait 54,56 €). De son côté, le couple avec un seul revenu au Smic,en 2011, touche 1 070,11 euros. Il gagne donc a priori plus que le couple assujetti au RSA.Ajoutons que ce couple avec un seul revenu au Smic est lui aussi éligible à l’aide au logement, qu’il peut cumuler avec un salaire. L’équation de M. Wauquiez est donc quelque peu faussée. Même avec des enfants, un couple au Smic gagne plus. Le nombre d’enfants ne change pas la donne. » Le journal catholique La vie, l’illustrant du dessin que nous reproduisons en ouverture du billet, consacre lui aussi un article au sujet : « Comment peut-on vouloir diminuer des allocations qui ne permettent déjà plus de survivre ? », s’interroge le mouvement ATD Quart Monde qui dénonce une « proposition surprenante fondée sur des calculs erronés ». Depuis la création du RMI en 1988, alors à 50% du Smic, le RSA n’a cessé de baisser et ne représente plus que 43% du Smic. Même avec les allocations familiales, il est impossible d’atteindre leSmic. « Ce discours est dangereux, il faut arrêter avec cela »déclare Laurent Berger, secrétaire national à la CFDT. « Monsieur Wauquiez se dit de la droite sociale, mais ça frise plutôt la droite extrême ». Selon lui, « ajouter des contreparties pour bénéficier du RSA, c’est laisser penser que les chômeurs seraient des profiteurs, alors que ce sont des gens qui sont victimes de la crise et d’un chômage de masse récurrent ». Décidément, Laurent Wauquiez méritait bien de figurer à la Une de notre rubrique Ferme ta gueule !

PS : prétendre que l’assistanat est  »le cancer de la société française » sous-entend que notre pays constitue une exception. Or « Selon une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales de 2007, «les montants des revenus minima garantis aux personnes pauvres sont beaucoup plus élevés» dans les onze autres pays européens étudiés, relève Mediapart : «de 30 à 40% au Royaume-Uni et en Finlande, de l’ordre de 50 à 75% en Irlande, Suède, Belgique et Pays-Bas, environ le double en Norvège et en Islande, environ le double pour les couples et environ 140% pour les parents isolés en Autriche, et de l’ordre de 150% au Danemark.»

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:38

Tentative d'escroquerie à l'Elysée (Le palais de l'Elysée (c) AFP)

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Le Canard Enchaîné du mercredi 20 avril 2011 révélait que des escrocs avaient essayé de soutirer 2 millions d'euros du compte bancaire de l'Elysée.

Les malfrats avaient réussi à se procurer le numéro du compte. Ils avaient appelé la banque de l'Elysée en se faisant passer pour des membres du service financier et avaient demandé de virer un chèque de 2 millions sur un compte à l'étranger prétextant des voyages en avion non payés. Le banquier, intrigué, avait rappelé l'Elysée pour vérifier, faisant ainsi échouer le plan de la "bande organisée" précisait Christian Frémont, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy.

Les escrocs seraient des Français opérant de l'étranger et auraient fait plusieurs tentatives auprès de grandes entreprises françaises. Selon le Canard Encaîné, l'une d'elle serait tombée dans le piège. L'Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) aurait versé 998.000 euros sur un compte en Chine !

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 10:18

 

 

Au lendemain de l’allocution de Nicolas Sarkozy sur la politique extérieure de la France, où un nouveau seuil d’hypocrisie a été franchi par le président de la République, l’association Survie a publié un communiqué évidemment ironique afin de démontrer par l’absurde que le nouvel exécutif aurait la possibilité de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à une politique étrangère criminelle. Malheureusement les mesures que nous espérions entendre ci-dessous n’ont pas eu lieu.

Au lendemain de l’annonce par le Président de la République de la nouvelle ligne de la politique extérieure de la France, l’association Survie se félicite des premières mesures concrètes que devraient annoncer les nouveaux ministres, afin de couper tout soutien français aux dictatures africaines.

Après l’annonce ce dimanche soir 27 février 2011 par Nicolas Sarkozy que "nous ne devons avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d’être libres" et qu’"il nous faut tout faire pour que l’espérance qui vient de naître ne meure pas", le nouvel exécutif a décidé d’anticiper les mouvements populaires dans tout son ancien "pré-carré". Quelques heures avant l’annonce officielle que devraient faire ce soir les nouveaux ministres de la Défense et des Affaires étrangères , l’association Survie a appris avec soulagement que la France souhaitait enfin agir fermement à l’encontre des régimes alliés ne donnant pas les garanties démocratiques suffisantes.

Parmi les mesures qui devraient être annoncées dans la soirée, Survie salue notamment :

  • le rappel en France des centaines de coopérants militaires et policiers présents au Cameroun, au Gabon, au Togo, au Maroc, à Djibouti, à Madagascar, au Burkina Faso, au Tchad, en Centrafrique, en Mauritanie, etc. ;
  • la fermeture définitive et complète des bases militaires françaises au Gabon, au Sénégal, au Tchad (opération Epervier), à Djibouti et à Abu Dhabi ;
  • le gel des avoirs financiers et la saisie des Biens Mal Acquis de tous les dictateurs sur le territoire français, notamment l’hôtel particulier récemment acheté par l’Etat gabonais rue de l’Université à Paris ;
  • la suspension de l’aide budgétaire bilatérale au Cameroun et au Tchad si Paul Biya et Idriss Déby ne renoncent pas à se représenter aux élections prévues cette année ;
  • un audit public des services de Bercy sur les investissements des multinationales françaises à capitaux publics implantées dans des Etats où les droits humains ne sont pas respectés ;
  • l’annulation du récent décret d’attribution de la Légion d’honneur à Jean-Dominique Okemba, pilier du régime de Sassou Nguesso, et la nomination à titre posthume des opposants congolais Bruno Ossebi et tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh et du président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme, Maître Goungaye.

Certes, si ces informations transmises officieusement à l’association Survie sont confirmées, cela pourrait entraîner la chute des actions d’Areva et de Total au CAC 40, même si c’est le prix à payer pour une politique étrangère responsable. En revanche, si elles ne sont finalement pas annoncées officiellement par le gouvernement, cela indiquera une fois de plus que Nicolas Sarkozy fait de belles déclarations, mais ne change absolument rien à la politique française criminelle de soutien aux dictatures africaines.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 10:14

 

 

Voici ce qu'on apprends par Philippe de Villiers.9.6 millions d'euros ont été versé pour payer une piscine pour les démocrates européen.L'argent viens bien de nos poches et en temps de crises,pendant que nous,nous essayons de survivre,eux,vont faire trempéte.

Cependant,comme toujours,l'info est démentie par Gérard Onesta ( Responsable des infrastructures du Parlement ) qui déclare qu'il existe bien un projet de « rénovation » des installations sportives du parlement, qui n'est pas destiné aux parlementaires mais à l'ensemble des personnels des trois institutions communautaires (conseil, parlement, commission). 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 08:12

Tripoli liquide les rebelles, Kadhafi affirme avoir financé Sarkozy

Tripoli liquide les rebelles, Kadhafi affirme avoir financé Sarkozy
Tripoli liquide les rebelles, Kadhafi affirme avoir financé Sarkozy
Tripoli liquide les rebelles, Kadhafi affirme avoir financé Sarkozy

Les forces de Kadhafi ont bombardé Misrata, dernier bastion rebelle dans l'ouest de la Libye, et d'autres unités marchent sur Benghazi, fief principal de l'insurrection dans l'Est. L'armée a donné hier jusqu'à 22heures GMT aux habitants de Benghazi pour s'éloigner des positions tenues par les insurgés et des dépôts d'armes.Saïf al Islam, fils de Kadhafi, s'en est aussi pris à Sarkozy : « C'est nous qui avons financé sa campagne. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen. » L'Élysée dément que le Président ait bénéficié de fonds libyens. Les efforts diplomatiques visant à empêcher Kadhafi d'écraser l'insurrection se sont enlisés. Hier, Nicolas Sarkozy a appelé « solennellement » les membres du Conseil de sécurité à « soutenir » l'appel de la Ligue arabe en faveur d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, dans une lettre adressée mercredi à leurs chefs d'État et de gouvernement. Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait voter aujourd'hui sur un projet de résolution qui prévoit cette zone d'exclusion aérienne.

 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 08:48

Flavien Mille, lycéen, s'est gravement blessé lors de son stage au magasin Meubl'House

Une négligence de la part de l'employeur ?

Gravement blessé à la jambe droite, Flavien Mille en a pour un an et demi de rééducation.Gravement blessé à la jambe droite, Flavien Mille en a pour un an et demi de rééducation.

 

Alors qu'il effectuait un stage de comptabilité à Meubl'House, Flavien Mille s'est fracturé la jambe en transportant un canapé qui lui est accidentellement tombé dessus, le blessant gravement.


Le jeune homme met en cause la direction du magasin.


Pour Flavien Mille, élève de 18 ans au lycée professionnel Coubertin, ce ne devait être qu'un simple stage de comptabilité : s'occuper des aspects administratifs du magasin Meubl'House, boulevard de l'Égalité, comme les fiches de paie, les comptes, les commandes... Ce stage avait commencé le 24  janvier dernier. Il devait s'achever le 19 février. Devait, car il s'est terminé le 2 février, à 18 h 30, de manière très douloureuse pour le jeune lycéen.

Nous sommes en fin de journée, à quelques minutes de la fermeture du magasin. Un des employés de Meubl'house (NLDR : qui a tenu à garder l'anonymat) lui demande de décharger du camion un canapé deux places. Flavien s'exécute et monte dans le camion pour porter le meuble. Il est en seconde position. En voulant baisser le canapé, son pied se bloque dans une des marches de l'échelle du camion.

Le jeune homme tombe à la renverse sur le sol, le pied étant toujours sur la marche. Le canapé s'écrase lourdement sur sa jambe droite, la fracturant net à trois endroits : « J'ai vu mon pied retourné, confie Flavien. Je ne sais pas comment j'ai fait, je l'ai aussitôt retourné ».

Le lycéen regrette que l'employé qu'il aidait n'ait pas appelé les secours tout de suite : « Ils m'ont emmené directement à l'hôpital, sans savoir vraiment ce que j'avais ».



Une triple fracture 

Le diagnostic des médecins des urgences est terrible : triple fracture de la jambe droite (tibia, péroné, malléole de la cheville). L'équipe chirurgicale lui installe une plaque et sept vis à la jambe et une botte en plâtre. En une fraction de seconde, Flavien se rend compte qu'il a tout perdu  : sa jambe, son stage de formation et son année.

Du moins le pense-t-il car son établissement, par le biais de son proviseur, Henri Waroczyk, a certifié qu'il ne perdrait justement pas son année à cause de cet accident : « C'est un très bon élève. Il fait des efforts et ne mérite pas ça. Et je regrette de n'avoir eu aucun contact avec le gérant du magasin suite à cet accident », affirme le chef d'établissement.

Il n'empêche que le lycéen ne peut plus se rendre en cours. Après deux opérations, dont la dernière s'est déroulée le 18 février dernier, Flavien devrait recevoir ses cours par Internet début mars grâce à deux professeurs qui lui enverront le programme par mail : « Ça n'est pas pareil qu'en classe car je suis tout seul, sans mes camarades de classe, regrette le jeune homme. Mais je vais pouvoir continuer à étudier et c'est le plus important ».



Une famille en colère 

Depuis cet accident, la famille de Flavien - dont la mère qui, elle aussi, s'est fait une fracture peu de temps après son fils - ne décolère pas. « Dans mon contrat de travail, il était écrit que je ne devais faire que du travail administratif mais je passais plus mon temps à ranger ou à transporter des meubles, souligne Flavien. Or, ce jour-là, il n'y avait pas grand-chose à faire. On m'avait demandé de ranger le magasin, monter des meubles. J'ai été trop gentil. Je n'aurais jamais dû accepter de transporter un meuble aussi lourd  ».



La famille a déposé plainte 

Flavien doit passer devant le chirurgien le 15 mars : « Il me dira si je garde ou non ma botte en plâtre. Si je ne la garde plus, je pourrai commencer ma rééducation. J'en ai au moins pour un an et demi avant de pouvoir marcher normalement à nouveau ».

La famille Mille ne compte pas en rester là. Elle a déposé plainte ce jeudi contre Meubl'House afin que celle-ci rembourse les frais de soins assez importants de Flavien. Un long parcours commence pour le jeune lycéen de Coubertin. Le lycée, quant à lui, a décidé de ne plus envoyer de stagiaires à Meubl'House.
 
 

 

 

Les stagiaires, une "main d’oeuvre

 gratuite et consentante" ?

 
Au cours de la séance des questions orales qui s'est tenue ce mardi 11 janvier au Sénat, Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) a interpellé le gouvernement sur le recours abusif aux stagiaires dans le monde de l'entreprise. « Certaines entreprises continuent à proposer des stages correspondant à des postes occupés par des salariés à temps plein. Est-ce légal ? Existe-t-il des recours à la disposition des salariés et des stagiaires ? L'entreprise peut-elle être sanctionnée ? Qu'entend faire le Gouvernement contre ces pratiques qui nuisent à l'emploi, notamment des jeunes ?»

Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé, pendant la séance des questions orales - Crédits : Photographes Sénat

Transformer en mission de stage un emploi exercé par un salarié à temps plein, en CDI ou en CDD, est en effet interdit par le code du travail, comme l'a rappelé Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail et de l'emploi. « Les abus en ce domaine, manifestes, ont conduit le législateur à intervenir. L'article 9 de la loi du 31 mars 2006 et son décret d'application interdisent de conclure des conventions de stage pour remplacer un salarié absent ou licencié, pour occuper un emploi saisonnier, pour faire face à un surcroît d'activité. »

« Il est difficile de saisir le juge »

L'emploi de faux stagiaires représenterait aujourd'hui 4 % des infractions au droit du travail, selon Nora Berra.

Si le juge peut intervenir pour constater un travail dissimulé, Catherine Procaccia estime qu'il est difficile pour les stagiaires d'entamer une telle procédure et propose« que le ministère du travail ouvre une boîte à lettres informatique à laquelle pourraient s'adresser les stagiaires remplaçant des salariés. ».

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 07:41
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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 07:33

12 mars 2011 : Communiqué de presse du 12 mars 2011 - Séisme et catastrophe nucléaire : les réacteurs français sont vulnérables !

Communiqué de presse du Réseau "Sortir du nucléaire" du 12 mars

Au Japon : un accident majeur de gravité comparable à Three Mile Island

L’agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé samedi qu’il y a une forte probabilité pour que la présence de césium radioactif autour du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi provienne de la fusion de crayons de combustible (1), c’est à dire d’une fusion partielle du coeur nucléaire. Les autorités japonaises s’apprêtent à distribuer de l’iode aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires en détresse (2).

Une partie des barres de combustible du réacteur n°1 de la centrale Fukushima Daiichi est exposée à l’air libre selon l’agence japonaise de sûreté nucléaire (3). Selon Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima-Daiichi, un nouveau tremblement de terre a précédé l’explosion du réacteur n°1 (4). Le versement de l’eau de mer destiné à refroidir le réacteur n°1 a dû être suspendu à cause d’un nouveau tremblement de terre et la peur d’un nouveau tsunami (5). C’est pourtant le seul moyen restant pour empêcher une fusion totale du coeur, puisque l’opérateur n’a plus aucun moyen de contrôle sur le réacteur. Les deux autres réacteurs arrêtés en urgence de la centrale de Fukushiwa Daiichi sont toujours confrontés à des problèmes de refroidissement du coeur nucléaire. Dans la centrale de Fukushima Daini (située à 11 km de la centrale de Fukushiwa Daiichi), Tepco doit relâcher de la vapeur radioactive pour tenter de diminuer la température de 3 des 4 réacteurs arrêtés en urgence (6).

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques

Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu’à falsifier les données sismologiques pour éviter d’avoir à le reconnaître et d’investir au moins 1,9 milliard d’euros afin de mettre les réacteurs aux normes (7). La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.

Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n’ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s’y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », le dramatique exemple japonais démontre qu’il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d’engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

La machine à étouffer l’information se met en marche

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Industrie, ont décidé de réunir cet après midi l’ensemble des acteurs français du secteur du nucléaire... dont les industriels EDF et Areva. Il apparaît d’ores et déjà évident que le secteur nucléaire français et ses soutiens au plus haut niveau de l’État se préparent à communiquer pour sauver la crédibilité de la filière nucléaire. Mais il ne sera pas possible cette fois de recourir au cliché usé jusqu’à la corde de l’ « accident survenu sur une centrale soviétique vétuste », que l’industrie nucléaire a utilisé abondamment pour laisser croire qu’un accident nucléaire grave ne pouvait pas se produire hors d’URSS.

Il faut aujourd’hui considérer avec prudence les informations provenant de Tepco, l’exploitant des réacteurs japonais en déroute. En effet, 15 réacteurs nucléaires ont été fermés au Japon pendant des mois en 2002 et 2003, par décision administrative, après que Tepco avait falsifié des documents concernant la sécurité.

Notes :

(1) "The agency said there was a strong possibility that the radioactive cesium monitors detected was from the melting of a fuel rod at the plant, adding that engineers were continuing to cool the fuel rods by pumping water around them."http://edition.cnn.com/2011/WORLD/asiapcf/03/12/japan.nuclear/

(2) http://www.sankei.jp.msn.com/affairs/news/110312/dst11031216520245-n1.htm

(3) "L’Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce que certaines des barres de combustible du réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima No 1 ont émergé à la surface de la piscine du réacteur samedi midi, parce que le niveau de l’eau a baissé."http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news08.html

(4) "a vertical earthquake hit the site and big explosion has happened near the Unit 1 and smoke breaks out around 3:36PM." http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223-e.html

(5) NHK à 17h35 le12.03.11

(6) "we have decided to prepare implementing measures to reduce the pressure of the reactor containment vessel (partial discharge of air containing radioactive materials) in order to fully secure safety. These measures are considered to be implemented in Units 1, 2 and 3http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11031223-e.html

(7) Consulter les documents confidentiels d’EDF et l’analyse effectuée par le Réseau « Sortir du nucléaire » : http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=seismes2&page=index

 

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